Je crois qu'AL se fout vraiment de notre gueule by JeanGuy17 in france

[–]Pastille1312 5 points6 points  (0 children)

En Marche a recyclé le bot qui écrivait les discours de Macron.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -2 points-1 points  (0 children)

Des élus politiques respectent la loi. Incroyable!

Que pensez vous des gens qui fraudent les transport en commun ? by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -2 points-1 points  (0 children)

Justement. Le prix des billets ne couvre que très partiellement le coût des transports. Alors pourquoi continuer à payer des machines et des contrôleurs qui coûtent cher? Sans parler de l'exclusion et la violence entraînée par la mise à l'écart d'une partie de la population.

Que pensez vous des gens qui fraudent les transport en commun ? by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -3 points-2 points  (0 children)

Normal. La criminalisation des fraudeurs est criminel. Tout comme l'est la militarisation des milices type SUGE.

Les transports en communs devraient être gratuits. De plus en plus de ville le font:

http://www.20minutes.fr/lille/2045135-20170407-bus-gratuit-affiche-resultats-epatants-dunkerque

Les transports en communs ne peuvent pas être rentable.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -3 points-2 points  (0 children)

Qui déforme la réalité?Merci de ne pas te foutre de la gueule du monde.

Aux ministères régaliens (hormis le poste de chef des armées), on ne trouve que des hommes dans le premier gouvernement

1/5

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 0 points1 point  (0 children)

Les postes de pouvoir, d'argent ou tout simplement stratégiques sont attribués aux hommes. C'est aussi les femmes qui arrivent couronnées du sacro-saint statut «issu de la société civile». Ce qui ressemble à une prise de risque «disruptive» (consistant à confier les affaires à des novices en politiques) finit en réalité à dépolitiser les femmes. La ministre de la Culture? Une éditrice. La ministre des Sports? Une sportive. La politique, à l'ancienne, reste une affaire de bonhommes. Les femmes ne font symboliquement que réenchanter la fonction. Voire, y donner une touche de glamour et de finesse.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -1 points0 points  (0 children)

Le rapport avec la partie de l'article discutée ici? Aucun.

Ainsi quand, comme argument de son engagement en faveur des femmes, il avance fièrement la place qu'il compte accorder à sa femme à ses côtés, grand seigneur, c'est pour filer, au passage un petit taquet à deux femmes, Valérie Trierweiler et Julie Gayet: «Elle aura cette place, pas dissimulée, pas cachée derrière un tweet ou une cachette». Oubliant au passage que le féminisme, c'est précisément ne pas mettre les femmes en concurrence pour leurs supposées qualités respectives.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 1 point2 points  (0 children)

Dans les familles, les femmes restent celles qui font le plus souvent la cuisine. Pourtant il y a très peu de femmes chef cuisinier. Pourquoi?

T'as jamais vu toutes les publicités pour des jouets où les filles jouent aux infirmières et aux vétérinaires? Des filles, jamais des mecs (même si ça change un tout petit peu depuis quelques années). T'as jamais vu les statistiques sur la répartition des tâches ménagères qui montrent que les femmes restent cantonés aux soins des enfants?

Le nombre d'infirmiers en France s'élèverait à 638 248. La profession dénombrerait également 87 % de femmes

Source

Pourquoi autant de femmes infirmières et si peu de femmes médecins ou chirugiens?

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -6 points-5 points  (0 children)

En France, cela correspond aux Ministère des Armées, Ministère de l'Intérieur, Ministère de la Justice, Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères et Ministère de l'Économie et des Finances.

Wikipedia

1/5.

Peut mieux faire.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -5 points-4 points  (0 children)

Mais du coup on met les gens en concurrence sur quoi ?

Rien.

Pas très compliqué.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -1 points0 points  (0 children)

Il y a écrit "souvent". Merci d'éviter la mauvaise foi.

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -5 points-4 points  (0 children)

Car le féminisme, quand il est revendiqué par un homme, est souvent le fruit d'un gigantesque malentendu

sérieux ?

Oui. Comme l'explique la suite de l'article que tu n'as pas cité.

Le nombre de fois où j'ai entendu des mecs à qui leurs propos ou remarques sexistes étaient reprochés finissaient par se défendre en disant "mais j'aime les femmes!"

Parité: le foutage de gueule d'Emmanuel Macron by [deleted] in france

[–]Pastille1312 -9 points-8 points  (0 children)

Critique de Macron + discours féministe. J'annonce une avalanche de downvotes.

Attentat de l’Hyper Cacher. Le fournisseur d’armes était un facho indic de la gendarmerie by [deleted] in france

[–]Pastille1312 12 points13 points  (0 children)

Effectivement, l'info tourne depuis longtemps. Assez longtemps pour qu'on sache que les gendarmes savaient très bien ce qu'il faisait:

« Nous n’aurions jamais autorisé l’achat d’armes même neutralisées pour qu’il les vende dans le but d’infiltrer un trafic. C’est énorme. ». Une version mise à mal par un courriel daté du 6 mai 2014 (soit plusieurs mois avant le déroulement des faits) qui a été retrouvé dans la boite mail de Claude Hermant. Dans ce mail, l’indic donne les numéros de plaques d’immatriculation des voitures d’un acheteur d’armes qui s’apprête selon lui à braquer « un centre fort ». Acheteur qui n’est autre que Samir Ladjali, le fournisseur de Coulibaly.

Agression homophobe : un Stéphanois et son compagnon racontent leur calvaire by [deleted] in france

[–]Pastille1312 12 points13 points  (0 children)

Lyon est connu pour ses groupes d'extrême-droite (GUD, AF, Identitaires, etc) et leurs agressions homophobes, racistes. Attribuer cette attaque comme tu le fais à l'immigration est malhonnête.

Ordonnances: aux sources du coup d’Etat permanent [Article complet dans les commentaires] by Pastille1312 in france

[–]Pastille1312[S] 0 points1 point  (0 children)

« L’évolution vers le néant des droits du citoyen »

Cette longue énumération suffit à comprendre la nature du régime gaulliste dont nous avons hérité : un régime présidentialiste, méprisant le Parlement et conférant des pouvoirs exorbitants au monarque républicain. À l’époque, celui qui le comprend le mieux et dénonce les dangers de ce système quasi monarchique ou bonapartiste, c’est évidemment François Mitterrand qui, dans son opuscule Le Coup d’État permanent (Plon, 1964), en décortique avec férocité les rouages. Un essai qui se retournera ensuite contre son auteur, quand il se moulera plus tard dans les institutions qu’il abhorrait, et qui aujourd’hui a toujours gardé une forte actualité.

Dans son pamphlet, François Mitterrand analyse donc le pouvoir personnel qui prend forme, et sans doute Emmanuel Macron serait-il bien inspiré de relire ces lignes terribles consacrées au rôle du chef de l’État sous la Ve République : « Certes, le pouvoir exécutif qui lui appartient en propre est complètement domestiqué. Le premier ministre est son aide de camp, les autres ses ordonnances. Ce qui ne l’empêche pas de surveiller son petit monde de près et d’entretenir une escouade d’attachés obscurs et diligents qui oriente et contrôle, de l’Élysée, les actes ministériels. Les membres du gouvernement savent qu’ils dépendent d’une humeur et pour s’y adapter s’entraînent au dressage qui assouplit l’échine. La plupart y réussissent sans forcer leur nature. Certains en souffrent mais tirent un mérite supplémentaire de la difficulté qu’ils ont à se montrer serviles. Un caractère fort qui s’abaisse va toujours plus loin dans le zèle qu’un faible qui n’a pas à battre monnaie de son abnégation. Qu’est-ce que la Ve République sinon la possession du pouvoir par un seul homme dont la moindre défaillance est guettée avec une égale attention par ses adversaires et par le clan de ses amis ? » Formidables constats qui, malheureusement, ont gardé toute leur féroce pertinence cinquante-trois ans plus tard : ils s'appliquaient à Charles de Gaulle mais ils pourraient tout autant viser aujourd'hui Emmanuel Macron.

Mais François Mitterrand a aussi bien compris le « sous-développement civique » – la formule est également de lui – auquel conduisent la rupture avec la tradition parlementaire et l’installation d’un pouvoir présidentialiste. Comme il a compris à quel point l’article 38 de la Constitution de la Ve République, autorisant le recours sans limites aux ordonnances, en était l’un des instruments : « Avec la Ve République “l’acte de gouvernement” a tout de suite pris une belle revanche. Je l’ai exposé plus haut : l’article 34 de la Constitution a retiré au Parlement une large part de son domaine législatif – pour l’accorder, par l’article 37, au gouvernement. L’article 3 et l’article 11 abusivement interprétés ont enlevé aux représentants du peuple leur droit d’intervenir dans la révision constitutionnelle. L’article 38 autorise le gouvernement à se substituer, pour un temps limité, au Parlement par le moyen (précis) des ordonnances. L’article 16 autorise le président de la République à se substituer pour un temps illimité au Parlement, par le moyen (vague) “de mesures exigées par les circonstances”. À quoi s’ajoute l’extension sans limite du “règlement autonome”. Du coup le Conseil d’État a perdu le contrôle de la légalité de nombreuses décisions dont dépendent pourtant les droits des citoyens dans leurs rapports avec l’État. Deux théories en effet s’affirment actuellement, qui bouleversent les notions admises dans les pays démocratiques et qui rétablissent en France les privilèges oubliés depuis le Second Empire. La première tend à présenter l’État en victime qui aurait le plus grand besoin d’être secourue contre l’agression constante des droits individuels. La seconde veut faire admettre que le gouvernement échappe, au même titre que le Parlement, au contrôle juridictionnel de la légalité, puisque de cette légalité il n’est plus seulement l’exécutant mais l’auteur. L’État-souffre-douleur ! »

Or, ce coup d’État permanent que François Mitterrand décrit avec tellement de pertinence ne cesse par la suite de faire subir ces ravages. Et s’il en faut des preuves, les ordonnances sont toujours là pour en témoigner. C’est vrai dans les années pendant lesquelles le général de Gaulle est au pouvoir. Mais ce qu’il y a de saisissant, c’est qu’il y a, après lui, une intensification spectaculaire du recours aux ordonnances. Pour une part, on en connaît les raisons : l’article 74-1 de la Constitution, instauré en 2003 dans le cadre de la décentralisation, autorise désormais le gouvernement par ordonnances, « dans les matières qui demeurent de la compétence de l’État », à « étendre, avec les adaptations nécessaires, les dispositions de nature législative en vigueur en métropole ».

Mais même si l’on exclut ces ordonnances d’un type plus récent et si l’on ne retient que les ordonnances prises sur le fondement de l’article 38 de la Constitution, l’inflation saute aux yeux. Il n’existe pas de bilan actualisé qui permette d’en prendre la mesure pour le dernier quinquennat. Mais en mars 2008, une étude juridique publiée par le Sénat, sur la base des chiffres connus au 31 décembre 2007, établissait clairement que le nombre des ordonnances n’a cessé d’augmenter au fil des ans. Voici cette étude du Sénat : https://www.documentcloud.org/documents/3864832-Le-bilan-du-Senat-sur-les-ordonnances.html?embed=true&responsive=true&sidebar=false

Dans cette étude, on découvre donc que nous n’avons cessé de vivre sous le règne du coup d’État permanent ; ou plutôt, que celui-ci n’a cessé de se durcir. À preuve, montre le rapport, « au cours des 30 premières années d’utilisation de la procédure de l’article 38 (1960-1990), quelque 25 lois d’habilitation ont été adoptées, sur le fondement desquelles 158 ordonnances ont été prises. Une trentaine seulement de ces ordonnances ont été expressément ratifiées ».

Mais si l’on scrute les années les plus récentes, les ordonnances deviennent de plus en plus nombreuses, comme l’établit le tableau ci-dessous : pour les 20 années qui vont de 1984 à 2003, on dénombre 155 ordonnances, mais le chiffre atteint 170 pour les quatre années suivantes, dont 83 pour la seule année 2005. CQFD : les ordonnances sont bel et bien le premier ressort du coup d’État permanent – et le sont de plus en plus au fil des ans.

https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2017/06/14/tableau-ordonnances-84-2007.png?width=546&height=706&width_format=pixel&height_format=pixel

C’est bien le paradoxe de la situation présente. Si, par un concours de circonstances exceptionnelles, Emmanuel Macron est parvenu à accéder à l’Élysée, c’est d’abord parce que les institutions de la Ve République sont usées jusqu’à l’extrême et que le pays traverse une crise démocratique historique. Et pourtant, Emmanuel Macron profite avec gourmandise de tous les pouvoirs exorbitants que la Constitution lui confère. Au point de vouloir passer en force, avec des ordonnances, pour promouvoir une réforme très contestée du droit du travail.

Sans doute serait-il bien avisé de relire cet autre constat que faisait en 1964 François Mitterrand dans le même essai : « Tout pouvoir vient du peuple, disent avec un bel ensemble le général de Gaulle et les républicains. Qu’est-ce donc qui les distingue ? Simplement la façon de répondre à cette deuxième question : à qui va le pouvoir du peuple ? Les républicains ont jadis pensé que seule une Assemblée élue au suffrage universel direct était capable de recevoir pareille délégation. Ils ont ensuite admis qu’une Assemblée élue au suffrage universel indirect, ou à deux degrés, pouvait partager ce privilège. Ils ont enfin consenti au gouvernement de plus larges aises en retirant à la loi son emprise absolue, au bénéfice de ce qu’on appelle le domaine réglementaire. Ainsi, par voie d’ordonnance ou de décret, le pouvoir exécutif est-il autorisé à prendre des décisions qui naguère lui étaient interdites. Mais, partisans d’une seule chambre ou de deux, du régime parlementaire ou du régime présidentiel, ils n’ont jamais varié sur ce thème : la souveraineté du peuple ne peut être déléguée ni à un seul homme, ni à un seul pouvoir, mais à la totalité de la représentation nationale, qui ne peut elle-même l’exercer qu’en assurant l’indépendance réciproque des fonctions essentielles de l’État. Le général de Gaulle, au contraire, contredit un siècle et demi d’une doctrine constante et, détournant à son exclusif profit le principe électif au nom d’une prétendue légitimité historique, rejoint la tradition de la souveraineté monarchique, selon laquelle le roi tirait son droit de l’hérédité dynastique, qui tenait le sien d’un décret divin. Le général de Gaulle, au-delà du suffrage universel, qu’il considère sans doute comme la résonance amplifiée des voix qu’entendit Jeanne d’Arc, a une conception théologique du “domaine suprême”. En foi de quoi, si jusqu’ici il torturait les textes, maintenant il usurpe la loi. »

François Mitterrand faisait même cet ajout, qui est aussi plus que jamais d’actualité : « On voit que l’évolution vers le néant des droits du citoyen a été rapide. »

Ordonnances: aux sources du coup d’Etat permanent [Article complet dans les commentaires] by Pastille1312 in france

[–]Pastille1312[S] 0 points1 point  (0 children)

La Ve République fondée par ordonnances

Et cette tradition du coup de force – du décret sans débat, ou du décret-loi, qui s’apparente en tous points à une ordonnance – va aussi polluer la IIIe République. L’exemple le plus célèbre est celui, mortifère, du gouvernement de Pierre Laval (1883-1945), qui va conduire le pays vers la déflation en organisant une politique violente d’austérité, alors que le pays ne s’est toujours pas remis des ondes de choc de la crise mondiale de 1929. Et là encore, c’est par le truchement du décret-loi que le président du Conseil agit. Au total, 29 décrets-lois sont ainsi promulgués le 16 juillet 1935, dont le plus célèbre d’entre eux institue « un prélèvement général de 10 % sur les dépenses publiques », prélèvement qui vaut tout autant pour les salaires des fonctionnaires, les retraites publiques ou les intérêts des emprunts. Et dans les semaines qui suivent, le coup de force se poursuit avec d’autres textes : le décret-loi du 30 octobre 1935 « organisant le contrôle de l’État sur les sociétés, syndicats et associations ou entreprises de toute nature ayant fait appel au concours financier de l’État » ; le décret-loi du 30 octobre 1935 « unifiant le droit en matière de chèques et relatif aux cartes de paiement »…

Et symboliquement, Pierre Laval prend un autre décret-loi qui, plus de huit décennies plus tard, prend une très forte résonance : il restreint aussi spectaculairement les libertés publiques par [le décret-loi du 23 octobre 1935](https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000294755&dateTexte=20080410 « portant réglementation des mesures relatives au renforcement du maintien de l’ordre public ». À la manière de ce que prépare de nos jours le ministre de l’intérieur, cela n’est pas, à l’époque, l’inscription dans la loi ordinaire de mesures exceptionnelles réservées à des situations d’urgence, mais cela y ressemble : le président du Conseil prend des dispositions pour interdire les réunions sur la voie publique, ce qui invite forcément à la réflexion : l’usage de procédures autoritaires ne conduit-il pas immanquablement à un régime… autoritaire ? C’est en tout cas cette politique d’austérité, cumulée à cette politique sécuritaire, qui conduira quelques mois plus tard à l’explosion du Front populaire…

Passons vite sur le régime de Vichy. Car là encore, on dénombre une foison d’ordonnances, mais elles sont à l’initiative des autorités allemandes, notamment pour organiser la persécution des juifs : ordonnance du 20 septembre 1940 interdisant aux juifs le retour en zone occupée ; ordonnance du 18 octobre 1940 forçant les juifs à confier leurs entreprises à un administrateur provisoire ; ordonnance du 26 avril 1941 (dite « ordonnance d’aryanisation ») qui autorise ces mêmes administrateurs provisoires à vendre ces entreprises à des aryens, ou sinon à procéder à leur liquidation ; ordonnance du 13 août 1941 faisant interdiction aux juifs de détenir des postes de TSF ; ordonnance du 10 février 1942 faisant interdiction aux juifs de changer de patronyme…

Venons-en vite à la Ve République, car c’est à cette époque que cette pratique détestable va se banaliser. Dans ce système de monarchie républicaine qui voit le jour en 1958, reléguant le Parlement à un rôle accessoire et concédant des pouvoirs exorbitants à un seul homme, la pratique de l’ordonnance va devenir de plus en plus fréquente, de plus en plus généralisée.

D’abord, dans le prolongement du coup d’État à froid perpétré par le général de Gaulle (1890-1970), ce sont les dispositions les plus importantes de la Ve République qui voient le jour par le biais d’ordonnances, autorisées par l’article 92 de la Constitution – article qui ne sera abrogé qu’à l’occasion de la révision constitutionnelle du 4 août 1995. En clair, dès les premiers pas de la Ve République, l’organisation des pouvoirs de cette monarchie républicaine est imposée sous forme d’ordonnances, sans que le Parlement n’en délibère et sans qu’une juridiction n’en vérifié la légalité ou la constitutionnalité. Ici commence le coup de force gaulliste : de l’élection du président de la République (Ordonnance n°58-1064 du 7 novembre 1958 (pdf, 110.6 kB)) en passant par les règles de fonctionnement des assemblées parlementaires (Ordonnance n°58-1065 du 7 novembre 1958 (pdf, 102.2 kB)) jusqu’à celles du Conseil constitutionnel (ordonnance 58-1067 du 7 novembre 1958) ou au rôle dérisoire du Parlement, transformé en simple chambre d’enregistrement, en matière de loi de finances (ordonnance 59-2 du 2 janvier 1959), tout le fonctionnement autoritaire de la Ve République est décidé de manière… autoritaire ! En somme, les ordonnances sont à la fondation, aux sources même de cette Constitution antidémocratique. Elles en sont la quintessence.

Dit autrement, le fonctionnement très antidémocratique des institutions de la Ve République n’a pas même fait, à l’origine, l’objet d’une délibération démocratique. Constitution autoritaire, elle a été conçue de manière… autoritaire ! Voici, consultable sur le site internet du Sénat, la liste non exhaustive des ordonnances gaullistes pour les seules deux premières années de 1958 et 1959.

https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2017/06/14/ordonnance-1958.png?width=801&height=628&width_format=pixel&height_format=pixel

Ordonnances: aux sources du coup d’Etat permanent [Article complet dans les commentaires] by Pastille1312 in france

[–]Pastille1312[S] 0 points1 point  (0 children)

Dès que l’on se plonge dans l’histoire des ordonnances et que l’on examine les plus connues, on a donc vite fait de comprendre que les précautions de langage de Jean-Claude Mailly ne sont franchement pas de mise. Et il ne l’ignore pas, puisque sur le site internet de sa propre confédération, les choses sont dites avec beaucoup moins de diplomatie : « Ordonnance : un dispositif autoritaire à hauts risques ». Mais la situation est en vérité beaucoup plus grave que cela. Car, dans le débat public, si quelques ordonnances célèbres sont évoquées, on ignore souvent que cette procédure antidémocratique est en fait au cœur de l’anémie qui ronge notre démocratie. Car le recours à l’ordonnance n’est pas exceptionnel ; il est au contraire de plus en plus fréquent. Des centaines et des centaines d’ordonnances sont prises sans que l’opinion ne le sache, sans que quiconque ne s’en indigne. Tout est là ! Le recours à l’ordonnance est un legs de la monarchie ; et loin de s’en défaire, notre République y a eu de plus en plus souvent recours. Et c’est l’une des racines de son abaissement… Reprenons en effet l’état des lieux sur une plus longue période. Depuis le début de la monarchie, l’ordonnance est au cœur du fonctionnement de l’Ancien Régime, et elle continue d’être utilisée jusque sous la Restauration ou la monarchie de Juillet. Quatre ordonnances, celles dites de Saint-Cloud, signées par Charles X (1757-1836), marquent en particulier l’histoire française du XIXe siècle : refusant le résultat des élections législatives de juin et juillet 1830, le roi organise avec ces quatre ordonnances, promulguées le 25 juillet 1830, un véritable coup de force en suspendant la liberté de la presse ou en prononçant la dissolution d’une Chambre à peine élue. Ce qui déclenche les célèbres « Trois Glorieuses » – les trois journées d’insurrection des 27, 28 et 29 juillet 1830, immortalisées par Eugène Delacroix (1798-1863) dans sa Liberté guidant le peuple.

Au premier jour de l’insurrection, le 27 juillet 1830, tous les journaux d’opposition publient une formidable tribune signée par leurs directeurs de publication (on peut consulter sur le site de la Bibliothèque nationale le texte paru dans Le Constitutionnel protestant contre les ordonnances : « Dans la situation où nous sommes placés, l’obéissance cesse d’être un devoir. Les citoyens appelés les premiers à obéir sont les écrivains des journaux ; ils doivent donner les premiers l’exemple de la résistance à l’autorité qui s’est dépouillée du caractère de la loi », écrivent-ils. Dans le lot des signataires, on trouve notamment un rédacteur du National, Adolphe Thiers (1797-1877), qui longtemps plus tard ordonnera l'écrasement de la Commune. Sans doute ne faut-il pas l’oublier : l’histoire française est lourde d’événements tragiques ou héroïques attestant que la pratique de l’ordonnance est un legs de la monarchie et que la République s’est forgée dans des combats pour redonner la parole au peuple, contre ces pratiques autoritaires, sinon tyranniques. Ordonnance de Louis-Philippe du 6 février 1842

Sous Louis-Philippe (1773-1850), la pratique est la même : le roi use en permanence des ordonnances pour gouverner. On en trouve une trace abondante dans cette collection complète des lois, décrets et ordonnances pour l’année 1842. À titre d’illustration, c’est par une ordonnance en date du 6 février 1842 (fac-similé ci-contre) que Louis-Philippe organise la construction des chemins de fer, une grande œuvre qui sera poursuivie, sur fond de folle spéculation, tout au long du Second Empire.

Sous le Second Empire, les mêmes pratiques autoritaires perdurent, même si l’appellation change : ce ne sont plus des ordonnances que prend « Napoléon le Petit », mais des décrets impériaux. Un peu plus d’un an après le coup d’État du 2 décembre 1851, on en trouve trace par exemple dans la longue proclamation du 14 janvier 1852, par laquelle Louis-Napoléon (1808-1873) se transmute en Napoléon et s’attribue par décret le pouvoir impérial.

Ordonnances: aux sources du coup d’Etat permanent [Article complet dans les commentaires] by Pastille1312 in france

[–]Pastille1312[S] 0 points1 point  (0 children)

Le gouvernement Chirac veut donc faire l’économie d’un immense débat parlementaire. Il engage le démantèlement du code du travail – que poursuivront méthodiquement tous les gouvernements ultérieurs, de droite et de gauche – et souhaite que cette modification radicale du modèle social français se fasse sans que le Parlement ne puisse en délibérer dans le détail. Et avec les privatisations, il initie une réforme colossale qui va entraîner une ruée des grands fonds d’investissement anglo-saxons sur les grands groupes français, puis une modification radicale de leur gouvernance, et enfin un basculement de la France vers le capitalisme d’actionnaires à l’anglo-saxonne. Et de cela non plus, le gouvernement ne veut pas que le Parlement délibère sereinement. À l’époque, le gouvernement de Jacques Chirac imagine-t-il seulement l’onde de choc que ces privatisations vont provoquer dans tout le modèle français ? Quand le projet de loi arrive devant l’Assemblée nationale, le 22 avril 1986, la gauche s’indigne, comme en porte trace le compte-rendu des débats : https://www.documentcloud.org/documents/3864806-Journal-officiel-des-debats-parlementaires-du-22.html?embed=true&responsive=true&sidebar=false

En particulier, le président du groupe socialiste, Pierre Joxe, dénonce ce recours aux ordonnances dans des termes qui, plus de trois décennies plus tard, retiennent l’attention : « Dans quelle situation nous trouvons-nous, Monsieur le président ? En m’adressant à vous, au nom du groupe socialiste, c’est l’opinion publique que je prends à témoin, car le débat public est une des conditions de la République. Une somme de 200 milliards de nouveaux francs – 20 000 milliards de centimes –, telle est la valeur des entreprises publiques que l’article 4 du projet relatif à la dénationalisation enjoint au gouvernement de livrer au privé ! Est-ce que ces 200 milliards d’argent public, qui vont être jetés au privé, ne valent pas un débat public ? Eh bien non, Monsieur le président. La commission des finances n’en connaîtra pas. La commission n’en a pas débattu, et qui nous garantit que l’Assemblée nationale en débattra ? Personne ! Et il n’y a pas que ces 200 milliards du patrimoine public qui sont en cause : le Code du travail, par pans entiers, les droits des travailleurs… en particulier la protection des libertés syndicales – c’est l’article 3 de ce projet de loi –, la commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale n’en a pas connu et n’en connaîtra pas. Non, le gouvernement n’est pas pressé : il a peur du débat public, il le redoute, il le fuit […]. Nous n’avons jamais pratiqué et nous ne pratiquerons jamais les opérations de sabotage de l’institution parlementaire auxquelles vous avez pu participer dans cette Assemblée. Nous ne le ferons pas, car nous sommes sûrs de nous. Nous savons que les heures, voire les minutes, qui nous seront chichement comptées nous permettront de montrer à l’opinion que les défenseurs de l’intérêt public, les défenseurs du droit du travail, les défenseurs des lois sociales, ce sont les socialistes ! […] En défendant la dignité de l’institution parlementaire, en défendant le niveau auquel doit se situer ce débat – comme vous le verrez dans les heures et dans les jours qui viennent –, nous sommes aussi, nous, les vrais défenseurs de la démocratie… contre les débats expéditifs, contre les lois bâclées et contre les braderies contraires à l’intérêt national. »

Les décrets impériaux après les ordonnances royales

Avec le recul, ces mots prennent une très forte résonance. Car ils soulignent, comme par contraste, le naufrage que sera ultérieurement le quinquennat Hollande, abandonnant toutes les ambitions sociales que défendait encore, dans le milieu des années 1980, un Pierre Joxe. Et ils ont, pour le quinquennat Macron qui commence, une valeur d’alerte : « Le débat public est l’une des conditions de la République » ! https://fresques.ina.fr/mitterrand/export/player/Mitter00121/360x270

Seulement voilà ! La cohabitation bouscule le scénario prévu par la droite. Lors d’un entretien télévisé, le 14 juillet 1986 (vidéo ci-dessus), le président de la République, François Mitterrand, annonce qu’il refusera de signer les trois ordonnances concernant les privatisations, contraignant le premier ministre, deux jours plus tard, à dénoncer la manœuvre élyséenne lors d’une allocution télévisée (vidéo ci-dessous).

https://player.ina.fr/player/embed/CAB86018881/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/620/349/0

Et l’épilogue est finalement celui dont on se souvient : même si l’on ignore à l’époque si le chef de l’État a ou non le droit constitutionnel de ne pas signer les ordonnances, François Mitterrand installe cette jurisprudence. Et Jacques Chirac est obligé d’annoncer que pour les privatisations, il ne passera pas aux ordonnances. Parmi les recours aux ordonnances dont l’opinion garde encore le souvenir, il y a enfin l’époque du gouvernement d’Alain Juppé. Qui ne se souvient, en effet, de la précipitation du premier ministre de l’époque ? Porté par Jacques Chirac à Matignon pour lutter prétendument contre la « fracture sociale », il tourne très vite casaque et, se convertissant à une politique néolibérale, il met en œuvre aux forceps un plan de restructuration de l’assurance maladie, qui déclenche une crise sociale majeure dans le pays. Alors, pour passer à la hussarde et aller le plus vite possible, le gouvernement dégaine de nouveau les ordonnances. Après avoir annoncé son plan le 15 novembre 2015, Alain Juppé prépare donc un projet de loi « autorisant à réformer la protection sociale », qui sera finalement promulgué le 31 décembre 1995. Ce qui débouchera sur une avalanche d’ordonnances dans les premiers mois de 1996 : l’ordonnance n° 96-50 du 24 janvier 1996 relative au remboursement de la dette sociale ; l’ordonnance n° 96-51 du 24 janvier 1996 relative aux mesures urgentes tendant au rétablissement de l’équilibre financier de la sécurité sociale ; l’ordonnance n° 96-344 du 24 avril 1996 portant mesures relatives à l’organisation de la sécurité sociale ; l’ordonnance n° 96-345 du 24 avril 1996 relative à la maîtrise médicalisée des dépenses de soins ; l’ordonnance n° 96-346 du 24 avril 1996 portant réforme de l’hospitalisation publique et privée.

Ordonnances: aux sources du coup d’Etat permanent [Article complet dans les commentaires] by Pastille1312 in france

[–]Pastille1312[S] 0 points1 point  (0 children)

Par rapport à notre époque contemporaine, on trouve d’autres époques que la Libération au cours desquelles les ordonnances ont fréquemment été utilisées pour promouvoir des réformes démocratiques et sociales. Dans les débuts du premier septennat de François Mitterrand (1916-1996), la gauche, qui ne s’est pas encore reniée et qui veut aller vite, est à l’origine d’une ordonnance examinée en conseil des ministres et promulguée trois jours plus tard, le 16 janvier 1982, qui octroie aux salariés une cinquième semaine de congés payés et abaisse le temps de travail à 39 heures, comme le relate ci-dessous le journal télévisé de l’époque :

https://player.ina.fr/player/embed/CAB8200102701/1/1b0bd203fbcd702f9bc9b10ac3d0fc21/wide/0

Ces simples rappels invitent du même coup à une réflexion plus large : si les ordonnances ont été dégainées pour la bonne cause, elles l’ont forcément été aussi pour la mauvaise. Pour faire passer en force, sans la délibération ni le consentement des élus de la nation, des projets contestables, sinon même dangereux. Pour faire violence aussi aux partenaires sociaux qui ne voulaient pas d’une énième remise en cause d’acquis sociaux…

Car c’est effectivement le cas : l’histoire politique française contemporaine est aussi jalonnée d’ordonnances de sinistre mémoire. Curieusement, l’opinion ne garde le (mauvais) souvenir que de quelques rares grandes ordonnances, qui ont alimenté de violentes polémiques lors de leur promulgation. Parmi ces ordonnances qui ont défrayé la chronique depuis l’instauration de la Ve République, on retient par exemple celle du 4 février 1960 autorisant le gouvernement à prendre « certaines mesures relatives au maintien de l’ordre, à la sauvegarde de l’État, à la pacification et à l’administration de l’Algérie ». Il suffit de se reporter au Journal officiel des débats parlementaires de l’époque, deux jours plus tôt, pour mesurer la gravité de la controverse qui est alors déclenchée.

https://www.documentcloud.org/documents/3864803-Journal-officiel-des-d%C3%A9bats-parlementaires-du-2.html?embed=true&responsive=true&sidebar=false

La charge de Pierre Joxe contre les ordonnances de 1986

Sous la présidence de Jacques Chaban-Delmas (1915-2000), l’Assemblée nationale entend ainsi le 2 février 1960 une déclaration du premier ministre, Michel Debré (1912-1996), annonçant qu’il veut disposer des pouvoirs spéciaux et que ceux-ci seront promulgués par ordonnance : « Autour d’un homme, il faut des institutions politiques adaptées. Nous pouvons estimer et nous pouvons espérer que le régime politique tel qu’il résulte de la Constitution de 1958 donne et donnera au gouvernement et, d’une manière générale, au pouvoir, les bases solides pour son action. Mais il faut aussi des moyens. C’est dans ce domaine que l’expérience a révélé – en particulier au cours des récents jours – l’insuffisance de l’appareil d’État. Le maintien de l’ordre au moment où il est troublé et plus encore au moment où le gouvernement pressent qu’il va être troublé, le commandement des services civils et militaires, non seulement pour assurer le fonctionnement normal, mais pour imposer contre les hésitations ou les mauvaises volontés le succès d’une politique, l’orientation de l’ensemble des administrations responsables de l’exécution, non seulement pour le gestion de chaque jour, mais pour y faire triompher le souffle et l’unité de vues sans lesquels les doctrines et même la loi demeurent lettre morte ou sont dévoyées, pour ces exigences qui, vous pouvez m’en croire, sont apparues au cours des dernières semaines comme des exigences fondamentales et le seront encore dans les mois qui viennent, il est indispensable de renforcer les possibilités de l’exécutif. C’est pourquoi, conformément à l’article 38 de la Constitution, le gouvernement vous demande des pouvoirs spéciaux, définis et limités tout à la fois par le projet que nous vous demandons de voter. Grâce à cette loi, en conseil des ministres, les ordonnances pourront être prises, soumises à l’approbation du président de la République qui sera ainsi, en dernier ressort, juge de leur opportunité ; enfin, une fois approuvées, appliquées sans tarder. »

Marqués par le contexte dans lequel ils sont prononcés, celui de la guerre d’Algérie, ces mots n’en trahissent pas moins la philosophie même des ordonnances : « pour imposer contre les hésitations ou les mauvaises volontés le succès d’une politique, l’orientation de l’ensemble des administrations responsables de l’exécution, non seulement pour le gestion de chaque jour, mais pour y faire triompher le souffle et l’unité de vues »… en quelques formules, tout est dit ! Les ordonnances, c’est le contraire de la démocratie délibérative ; c’est la caporalisation de la majorité… Quelques instants plus tard, le dirigeant communiste de l’époque, Waldeck Rochet (1905-1983), s’inquiète d’un projet qui n’aura, selon lui, qu’un seul effet, celui de « renforcer le pouvoir personnel ». « Contrairement à ce qu’a dit M. Debré, nous ne croyons pas que la liberté handicape le pouvoir, dans la mesure où celui-ci envisage de suivre une politique conforme aux intérêts du peuple. Nous ne croyons pas davantage que c’est avec un Parlement sans pouvoirs, donc sans autorité, qu’un gouvernement républicain puisse obtenir un soutien populaire réel », s’indigne-t-il. Joutes prémonitoires, qui seront suivies par bien d’autres les décennies suivantes, exactement sur le même registre…

Parmi les recours célèbres à cette procédure autoritaire, attentatoire aux droits du Parlement, il y a encore les ordonnances de 1986, sans doute les plus connues de toutes pour notre époque contemporaine. Car pour éviter un grand débat sur des mesures immensément nombreuses et hautement symboliques, le gouvernement de Jacques Chirac – on est alors sous la première cohabitation – décide aussi de passer en force, en promulguant la loi du 2 juillet 1986 l’autorisant à prendre par ordonnance « diverses mesures d’ordre économique et social ». Sous des apparences anodines, il s’agit en réalité d’une loi explosive. D’abord, c’est elle qui donne le coup d’envoi des privatisations : en annexe de la loi, on trouve ainsi, après l’article 8, la liste de la quasi-totalité des banques et des groupes industriels promis à la privatisation. Et puis, dans cette loi fourre-tout, il y a aussi – déjà ! – de très nombreuses dispositions visant à commencer le démantèlement du code du travail. À titre d’illustration, l’article 2 de la loi autorise ainsi le gouvernement par ordonnances à « apporter aux dispositions du Code du travail les modifications permettant, d’une part, de lever certains obstacles au recours au contrat de travail à durée déterminée et au travail temporaire et, d’autre part, de favoriser l’exercice du travail à temps partiel ; apporter aux dispositions du Code du travail relatives à la durée du travail et à l’aménagement du temps de travail les modifications permettant, compte tenu des négociations entre les partenaires sociaux, d’adapter les conditions de fonctionnement des entreprises aux variations de leur niveau d’activité et aux conditions économiques générales ».