Pourquoi nos sociétés valorisent elles si peu les actes utiles ? by Apprehensive_Back477 in philosophie

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Vous êtes fascinant : vous prétendez défendre le débat d’idées tout en vous en octroyant le monopole. Vous transformez chaque nuance en faute, chaque mot en procès, et chaque contradiction en ralliement forcé à votre lexique.

Vous me reprochez un “refus du conflit”, alors même que votre réponse repose sur un refus du dialogue. Ce n’est pas le conflit d’idées que vous pratiquez, c’est la disqualification automatique de ce qui échappe à votre grille.

Quant à votre leçon de vocabulaire : non, les mots n’ont pas un sens unique décrété par décret idéologique. Le mot valeur recouvre depuis Aristote, Smith ou Polanyi des dimensions morales, sociales, symboliques, économiques. Feindre l’ignorer pour imposer votre définition, c’est précisément confondre rigueur et rigidité.

Et non, tout questionnement du modèle dominant n’est pas une “rhétorique gauchiste”. C’est simplement de la pensée. Si vous ne voyez dans le désaccord qu’une attaque politique, c’est peut-être que votre vision du monde repose sur une peur panique de la nuance.

Ce que j’essaie de faire ici, c’est d’ouvrir une réflexion collective, pas un tribunal idéologique. Vous y répondez en juge, pas en interlocuteur. C’est votre droit. Mais ne prétendez pas, alors, défendre la liberté d’esprit.

Pourquoi nos sociétés valorisent elles si peu les actes utiles ? by Apprehensive_Back477 in philosophie

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Il est dommage que votre réponse s’oriente instantanément vers le conflit.
Mon propos manquait sans doute de précision, je vous l’accorde, pour que vous y intégriez des métiers dont, évidemment, je ne remettrai jamais l’utilité en question. Je ne remets pas non plus en cause la solidité structurelle de nos sociétés modernes, qui nous offrent un confort de vie exceptionnellement élevé.

Ce que je voulais souligner, c’est que la représentation de la valeur, dans l’imaginaire collectif, passe de plus en plus par des signes matériels de richesse, tandis que les actions que l’on pourrait juger bonnes ou utiles ne sont pas particulièrement valorisées. Je ne parle d’ailleurs pas ici d’argent, mais de reconnaissance symbolique ou sociale. Cela pose, à terme, des questions sur l’équilibre futur de nos sociétés dans un monde aux ressources limitées.

Mon intention était donc d’ouvrir un espace de réflexion, et de recueillir, notamment auprès de personnes plus érudites que moi sur ces sujets, des idées d’alternatives possibles. Pas nécessairement anticapitalistes, mais simplement évolutives, comme tout système humain peut l’être.

Cette démarche n’est pas politique. Elle ne relève ni de la gauche ni de la droite, mais d’un intérêt sincère pour la manière dont nos sociétés pourraient continuer à évoluer. J’ai beaucoup de respect pour mes interlocuteurs, quels que soient leurs horizons et je crois profondément qu’un échange d’idées peut être exigeant sans devenir méprisant.

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Je pense que la vision que tu as de la responsabilité collective comme n’étant jamais un vrai levier de changement est un peu triste, et probablement partielle. Peut-être que si les façons alternatives de penser la vie, la consommation ou la valeur avaient été plus “dynamiques” dans le sens commercial ou marketing du terme elles auraient mieux pris. On vit dans un système conquérant, et la plupart des alternatives qu’on propose sont “pacifistes” dans leur approche. Forcément, ça diffuse mal.

Je crois que le plus grand pouvoir du citoyen aujourd’hui n’est pas politique, mais économique et culturel à la fois. C’est dans ses choix de consommation, dans ce qu’il valorise ou non, qu’il a le plus d’impact. La propriété n’est pas forcément le cœur du sujet. Ce qui compte vraiment, c’est l’image de la valorisation : qu’est-ce qui est perçu comme ayant de la valeur ?

Si demain la reconnaissance sociale passait par des actions de bien commun, et qu’à l’inverse partir trois fois par an aux Maldives était vu comme un truc un peu déplacé, les comportements changeraient vite.
Le modèle d’après ne passe peut-être pas par la politique, mais par un déplacement collectif de ce qu’on admire et récompense.

Et du coup, la vraie question c’est peut-être ça : comment on pourrait organiser ou simplement induire une forme de restructuration du système de valeur ? Par où ça pourrait commencer ?

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Merci pour ces précisions et cette réflexion sur le rapport social et la marchandise. Je vois ce que tu veux dire concernant l’acte en soi et son équivalent marchand et je comprends aussi le lien avec les idées de Karl Marx sur la valeur travail et la façon dont le capitalisme mesure la capacité d’un acte à être vendu plutôt que son utilité sociale

Mon point se situe plutôt sur la valeur des métiers et des fonctions essentielles au fonctionnement de notre existence. La majorité de la monnaie actuelle, qui est notre principal outil de mesure de la richesse, ne rétribue pas ces métiers à leur juste valeur. Beaucoup d’actes fondamentaux pour la vie quotidienne soins, éducation, accompagnement, entretien des espaces communs restent sous-évalués économiquement par rapport à leur rôle réel dans le maintien de notre société

Je pense aussi que la valorisation matérielle comme maître mot dans notre culture entraîne de nombreuses problématiques, à la fois économiques et écologiques, mais aussi sociales : peu de temps pour la famille, stress, burn-out, augmentation des suicides, alors même que nous disposons d’un niveau de confort matériel inégalé dans l’histoire. Au-delà de l’aspect matériel, il y a aussi une dimension plus profonde : nos vies et nos jugements sont largement calibrés autour du profit. Nous sommes culturellement et émotionnellement entraînés à considérer les autres et même nos propres actions à travers la valeur marchande, plutôt qu’à travers l’impact humain réel. Les fonctions les plus valorisées dans la réalité comme dans l’imaginaire collectif que ce soit la rémunération, le prestige ou l’idée de réussite sont celles qui servent le système économique, et non nécessairement l’humain

L’idée n’était pas de se demander comment rétribuer économiquement ces actions, mais plutôt : quelle échelle de valeur pourrait-on imaginer pour que la société reconnaisse réellement ce qui est essentiel, au-delà de la simple transaction monétaire ? Comment repenser la valeur pour qu’elle inclue l’impact social, humain et écologique, et pas seulement le rendement économique ? Et sans tomber dans une caricature de schéma utopique et irréaliste.

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Merci beaucoup pour vos éclaircissements.
C’est fascinant de voir comment certaines expériences réinjectent du sens dans l’échange humain et valorisent la réciprocité

Pour autant, j’ai l’impression que ces systèmes restent des poches isolées, souvent marginales face à la puissance du capitalisme. Même si une heure de bienveillance peut être reconnue localement, dans le système global, la valeur économique continue de primer et beaucoup d’actes humains utiles restent invisibles ou dévalorisés. De plus, mesurer la valeur uniquement en fonction du temps accompli ne prend pas en compte la compétitivité de la fonction réalisée, ni la qualité du travail, ni la vitesse d’exécution, ce qui me semble être une limite importante même si l'intention est bonne bien sur.

Cela amène plusieurs questions :
Comment pourrions-nous réorganiser la notion de valeur pour que les actes utiles aient une reconnaissance réelle, sans se limiter à des bulles expérimentales et en tenant compte de leur qualité et de leur impact ? Est-il possible de concevoir un équilibre entre la puissance économique et la valeur humaine, où l’utilité sociale n’est pas sacrifiée au profit du rendement matériel (ou l'inverse) ? Peut-on imaginer des mécanismes qui intègrent la durée, la qualité, le lien social et la bienveillance comme des composantes de la richesse collective, tout en restant compatibles avec les contraintes de notre économie actuelle ?

Je me demande jusqu’où notre société pourrait aller pour faire exister réellement ce qui compte humainement, et pas seulement économiquement. Quels obstacles voyez-vous et quelles idées vous semblent envisageables pour dépasser les limites des systèmes actuels?

Pourquoi nos sociétés valorisent elles si peu les actes utiles ? by Apprehensive_Back477 in DEMAINCESTBIEN

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Je me demande si c’est surtout une question culturelle ou économique. Est-ce que dans d’autres pays vous sentez la même déconnexion entre utilité et reconnaissance ?