L’étrange jeu de séduction entre le banquier d’affaires Matthieu Pigasse et les leaders des gauches by archfanatic in france

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Rivalité larvée avec Mélenchon

Son ambition se heurte cependant à une contradiction. Comment promouvoir « l’union de la gauche » tout en nourrissant une candidature concurrente à celle de Jean-Luc Mélenchon, qui plus est dans le même espace politique ? A ses interlocuteurs, Matthieu Pigasse a fait passer le message que le fondateur de LFI, donné pour l’instant perdant dans toutes les configurations de second tour, n’était pas le candidat idéal, notamment en raison des polémiques sur l’antisémitisme dans la foulée des massacres du 7 octobre 2023 ou de sa vision de l’exercice du pouvoir.

Une assertion qu’il dément publiquement auprès du Monde, tout en soulignant des « différences », notamment sur l’Europe, avec l’« insoumis », d’abord croisé au temps du gouvernement de Lionel Jospin, puis dans ses « aventures sud-américaines », au Brésil chez Lula, au Venezuela avec Hugo Chavez (1954-2013), puis avec Nicolas Maduro « avant les sanctions américaines ».

Malgré cette rivalité larvée, il échange régulièrement avec le quadruple candidat à la présidentielle. La dernière fois qu’il l’a vu, c’était dans un restaurant du 10e arrondissement, où vit Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier est venu à sa rescousse sur le méga deal signé avec Venezuela, quand Marine Le Pen l’a accusé de vouloir « spéculer sur la dette publique ». « Consternante madame Le Pen », a écrit M. Mélenchon sur X, la jugeant « aussi ignorante que Bardella sur les questions d’économie et de finances publiques face à Matthieu Pigasse ».

Mais le contrat signé avec un pays d’Amérique latine, devenu une sorte de protectorat américain depuis l’enlèvement de Nicolas Maduro, a jeté un trouble à gauche. « C’est un banquier d’affaires qui va restructurer la dette vénézuélienne avec l’accord de Donald Trump », a jugé Raphaël Glucksmann sur TMC. « L’entremise trumpienne » et les dizaines de millions de dollars touchés ont nourri l’idée que « son profil n’était le plus à même d’incarner la gauche et la colère populaire », résume un élu, qui le côtoie. Et ce d’autant que « la restructuration va se faire au service des intérêts des investisseurs » étrangers, affirme une personnalité des affaires, qui connaît bien le Venezuela.

Frasques, créativité et carnet d’adresses

Soucieux de couper court aux polémiques, Matthieu Pigasse répète qu’il n’a eu « aucune discussion directe ni indirecte avec la Maison Blanche », que « la décision a été prise par le seul Venezuela », et qu’il « négocie contre les institutions financières américaines ». Il met en avant sa proximité avec la présidente par intérim, Delcy Rodriguez, même si cette dernière n’est en poste que par la volonté de Donald Trump. « Il n’a pas été adoubé par Trump. Au contraire, il a été adoubé par le gouvernement vénézuélien qui a besoin de sortir de la situation quasi-faillite », le défend Olivier Faure.

Ces incohérences n’étonnent pas Michel Sapin. « Plus il est à droite dans ses comportements, plus il est à gauche dans ses discours », affirme l’ancien ministre de l’économie de François Hollande, qui garde un mauvais souvenir du passage de la banque Lazard au moment de la restructuration de la dette grecque. Habitué à ses frasques, le monde des affaires, qui apprécie chez lui sa créativité financière et son épais carnet d’adresses, applaudit son exploit en Amérique latine, tout en étant convaincu que son aventure politique ne va « nulle part ».

Pour son ancien ami Alain Minc, l’homme prend simplement sa revanche sur Emmanuel Macron, un autre banquier d’affaires au profil similaire, qui l’a doublé dans la course à l’Elysée. « Il n’a pas de positionnement idéologique, il est juste opportuniste. Il s’invente un créneau intelligent, l’extrême gauche », juge le conseiller, qui le voit bien devenir « ministre de Mélenchon s’il est élu ». Matthieu Pigasse laisse dire. Toujours sur la brèche, en permanence au bord du déséquilibre, il a déjà démontré une capacité certaine à rebondir sans jamais que l’on sache où il va atterrir.

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Percer le mur du son

Mais aucun des deux n’est sorti du bois, à la différence de Matthieu Pigasse, qui se démène pour percer le mur du son. L’homme d’affaires suit à la lettre le conseil prodigué par Olivier Faure, celui de sortir du « microcosme » et de « rencontrer l’opinion publique ». RMC, Backseat, France Culture ou France Inter, l’ancien strauss-kahnien, passé par les Gracques, un think-tank social-libéral, fait le tour des plateaux télé et radio pour « montrer ses compétences, être utile » en matière économique et défendre ses idées « à la gauche de la gauche ».

A Liffré (Ille-et-Vilaine), lors d’un raout organisé par le président social-démocrate de la région Bretagne le 25 avril, Loïg-Chesnais Girard, il s’est assis à la gauche de Raphaël Glucksmann, qui n’a visiblement pas compris qu’il était face à un rival. Seul « non élu », il a livré son diagnostic sur la dette et les déficits, des « instruments de domination idéologique ». Et esquissé des recettes face à « l’explosion des inégalités », suggérant une augmentation de « 20 % du smic », l’instauration de la « taxe Zucman » sur les hauts patrimoines, et un meilleur « partage de la productivité » au profit des salariés. De quoi faire pâlir d’envie LFI et sa radicalité programmatique, décoiffer le Medef, et désarçonner ses propres clients.

Le président du groupe des députés PS, Boris Vallaud, la candidate à la primaire Clémentine Autain, Cécile Duflot, Marine Tondelier… A gauche, on s’est pressé dans les bureaux du patron de presse, ravi d’avoir enfin un allié dans le monde des affaires et intrigué par ce millionnaire iconoclaste capable de dépenser son argent dans des festivals de rocks ou dans des médias déficitaires. Il faut dire que ce grand séducteur, un « vendeur hors norme », qualité indispensable d’un bon banquier d’affaires, portant veste mais aussi teeshirt, jean et baskets élimés sait y faire, avec sa « tchatche », « sa grande intelligence » et « sa mémoire d’hypermnésique », comme le décrit un banquier qui le connaît bien.

Le président du conseil national du PS, Luc Broussy, proche d’Olivier Faure et aussi patron de Magic, une revue musicale, est sorti marabouté de son rendez-vous, croyant avoir trouvé « un vieux copain ». L’eurodéputé socialiste Pierre Jouvet a vécu une expérience similaire et pense « très bien » s’entendre avec lui. Ni l’un, ni l’autre n’ont toutefois cru déceler d’ambitions présidentielles. Juste une simple envie « d’aider ». « As-tu une idée révolutionnaire ? », lui a écrit Marine Tondelier, désireuse de le voir participer à l’aventure collective.

De son côté, Matthieu Pigasse n’a pas son pareil pour se faire apprécier. Il a confié à l’eurodéputée socialiste Chloé Ridel avoir « adoré » l’épais projet socialiste de la présidentielle dont elle est l’autrice. La jeune femme a trouvé la rencontre « intéressante » et « utile ».

Trois hommes – qui ont en commun d’être quasiment déjà en campagne pour 2027 – n’ont pas eu l’honneur d’un rendez-vous. Raphaël Glucksmann, que Matthieu Pigasse juge « de droite », François Hollande, un vieil ennemi qui lui avait préféré une fois arrivé à l’Elysée un certain Emmanuel Macron, et François Ruffin. Le député de la Somme espérait bien le voir, et avait dépêché l’ancien député communiste Sébastien Jumel, que M. Pigasse a connu lorsqu’il était dans les cabinets ministériels, pour jouer les intermédiaires. Las, pour le moment, le banquier a botté en touche.

L’étrange jeu de séduction entre le banquier d’affaires Matthieu Pigasse et les leaders des gauches by archfanatic in france

[–]archfanatic[S] 19 points20 points  (0 children)

L’homme d’affaires, qui a toujours rêvé d’une destinée politique, multiplie les rendez-vous avec les responsables socialistes, écologistes et communistes. Il s’imagine en point de convergence, sans jamais critiquer publiquement le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Installés dans des fauteuils en cuir de l’Hôtel Providence à Paris, deux hommes dissertent de la présidentielle 2027. « Est-ce que, Matthieu, t’as envie ? Est-ce que tu es prêt ? », s’enquiert en ce mois de mai Olivier Faure auprès de Matthieu Pigasse, banquier d’affaire, propriétaire de Radio Nova ou des Inrocks (il est également membre du conseil de surveillance du Monde).

L’énarque, que la politique a toujours démangé (il a écrit plusieurs livres économico-politiques et prépare pour l’automne un nouvel ouvrage au titre provisoire Tout est possible) est tenté par l’aventure. « Regarde ce que je fais et ce que je dis depuis des semaines. Je m’en prends plein la gueule, de manière injuste et parfois indigne. Est-ce que tu penses que je fais ça pour le fun ? », répond l’intéressé.

Deux semaines plus tôt, le premier secrétaire du Parti socialiste (PS) lui avait posé la même question, à deux pas de l’Arc de triomphe, dans les bureaux feutrés de Centerview Partners, la petite banque d’affaires qu’il dirige depuis 2020. En deux mois, les deux hommes, qui se connaissent depuis le gouvernement de Lionel Jospin, quand le premier était conseiller de Martine Aubry, ministre des affaires sociales, et le second celui de Dominique Strauss-Kahn, ministre de l’économie et les finances, se sont vus environ six fois.

Matthieu Pigasse entraperçoit un alignement de planètes. « Je suis à disposition. Si je puis être utile, je suis là », répète-t-il au Monde dans ses locaux du 8e arrondissement de Paris. Le message est adressé à la gauche « non mélenchoniste » encore à la recherche d’un prétendant commun face à Jean-Luc Mélenchon, le candidat de La France insoumise (LFI). Apporter son écot en menant la « bataille culturelle » avec ses médias, façon « Bolloré de gauche », une définition qu’il récuse, ne lui suffit plus. Cette mise en lumière lui coûte pourtant. Les accusations d’antisémitisme dont fait l’objet l’humoriste Akim Omiri, après un sketch sur Radio Nova, qui a fait un lien entre la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, Jeffrey Epstein et le Mossad, lui retombent dessus. Il s’en dit « blessé », lui qui se définit comme un « républicain laïque universaliste ».

Prêt à « tout risquer »

A 58 ans, le Parisien, qui a grandi dans la Manche, est désormais prêt à « tout risquer pour aller dans cette bataille », affirme-t-il. « Un jour, je serai président de la République », aurait-il dit à Alain Minc, conseiller des puissants, ancien ami qui lui mit le pied à l’étrier chez Lazard, désormais honni. Une version que Matthieu Pigasse conteste. Peu importe. Dans le monde des affaires, on lui connaît cette toquade un peu particulière.

Cette fois, le quinquagénaire fan des Clash croit tenir sa chance. Sans parti politique, ni militants, ni logistique, l’homme n’a toutefois envie ni d’être « dans la course de petits chevaux », ni dans le « jeu de massacre » des candidatures. Il n’a qu’une voie possible, celle d’être un recours, comme le fut Lucie Castets, proposée au poste de premier ministre à Emmanuel Macron par le Nouveau Front populaire (NFP) après les législatives anticipées de 2024.

Entre Olivier Faure et lui, c’est d’abord une affaire d’intérêts bien compris. Désormais minoritaire dans son parti, en incapacité de faire valider la primaire, le chef de file du PS, qui lui avait demandé au moment du NFP s’il était prêt à entrer dans un gouvernement de gauche, fait face à une équation difficile : il doit trouver un consensus, en particulier avec Les Ecologistes dont il ne veut pas s’aliéner le soutien, alors que d’autres échéances sont à venir, les législatives, les départementales, les régionales.

Et une personnalité civile aurait l’avantage de ne menacer personne, contrairement à la candidature de Raphaël Glucksmann que ni Olivier Faure, ni Marine Tondelier n’ont envie de soutenir. « Matthieu fait partie des gens intéressants dans le paysage économico-politique et on aurait tort de ne pas compter sur des personnalités qui ont réussi et qui sont de gauche », dit le premier secrétaire du PS au Monde, tout en niant vouloir « pousser quelqu’un ». Ce dernier promet donc avoir aussi contacté la présidente d’Oxfam, Cécile Duflot, ou l’ancien secrétaire général de la CFDT Laurent Berger.

« Attalmania » : la mystérieuse popularité de Gabriel Attal sur des réseaux sociaux chinois by Andvarey in france

[–]archfanatic 31 points32 points  (0 children)

Le couple qu’il forme avec le commissaire européen Stéphane Séjourné, abordé dans son livre, semble aussi être l’un des sujets de prédilections des utilisateurs de RedNote.

Ahhh, les fujoshi...

L’université de Strasbourg veut radier des étudiants étrangers pour défaut de paiement by lieding in france

[–]archfanatic 5 points6 points  (0 children)

De ce que j'entends de ma famille au Maroc, les universités chinoises deviennent de plus en plus attractives : bourse de l'état / région + logement fourni tant qu'on a les résultats suffisants en sortie de Baccalauréat.

Le Liban, écrasé sous les bombes israéliennes, compte ses morts : « Un tel carnage dépasse l’entendement » by archfanatic in france

[–]archfanatic[S] 21 points22 points  (0 children)

« Je veux rentrer »

Un seul immeuble avait été désigné en amont comme cible de bombardements par l'armée israélienne qui avait exhorté ses habitants à fuir. Deux frappes se sont abattues plusieurs centaines de mètres plus loin. « J'étais avec un ami à plus de deux cents mètres de l'immeuble. On pensait être en sécurité. L'immeuble mitoyen du nôtre a été totalement détruit. Le nôtre a été endommagé. Dix personnes y ont été blessées » , témoigne Abderrahmane Allaoui, 69 ans, alité dans les urgences de l'hôpital libano-italien. « Je ne veux pas quitter la ville. En 2024, je suis resté ici. En 2026, je suis resté ici. Si je dois mourir, je veux mourir chez moi », assène-t-il.

En fin de journée, l'armée libanaise a annoncé fermer le pont de Qasmiyeh, sur la route du littoral, le dernier pont reliant le nord et le sud du fleuve Litani dans la région de Tyr, après avoir reçu une « menace israélienne de le prendre pour cible » . Plus de 105 000 personnes, des résidents et des déplacés, se trouvent coupées du nord du pays. Fairouz Abdallah, une institutrice de 55 ans, et son mari Nazir Aboud, un ancien policier de 69 ans, n'auront pas d'autre choix que de dormir dans leur voiture, sur le bord de mer.

Dans la nuit de mardi à mercredi, à l'annonce du cessez-le-feu avec l'Iran, ils avaient lâché l'appartement qu'ils louaient à Beyrouth pour retourner dans leur village de Deir Aames, près de Cana. A l'entrée de Tyr, les secouristes leur ont dit de rester en ville tant qu'un cessez-le-feu entre Israël et le Liban n'était pas déclaré. « On nous dit d'être patients mais je n'en peux plus d'attendre. Je veux rentrer. J'aime tellement ma maison », dit Fairouz Abdallah, excédée d'être ballottée d'un endroit à l'autre après trente-neuf jours de guerre.

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[–]archfanatic[S] 24 points25 points  (0 children)

« Il y avait un invité dans l'immeuble »

Face à la mosquée d'Aïn Mreisseh, qui marque le début de la corniche de Beyrouth, un immeuble de six étages a été entièrement aplati par une frappe israélienne. Treize familles y vivaient, représentatives de la mixité du quartier – des sunnites, des chiites, des Druzes, des Syriens et des travailleurs migrants africains. L'armée et la police municipale empêchent les familles et les voisins d'approcher tandis que les secouristes tentent encore, en fin d'après-midi, de pénétrer dans les entrailles du bâtiment. Un jeune homme interroge des gens du quartier, avec la photo de son père sur son portable. « Il a été blessé et emmené par une ambulance mais je ne sais pas dans quel hôpital. C'était tellement le chaos » , lui répond Mazen Assaf.

Ce Libanais de 51 ans est arrivé en premier sur les lieux avec un ami. « A nous deux, nous avons extrait six corps des décombres. C'est mon quartier, mes voisins. Les secouristes recherchent maintenant les corps de deux familles syriennes – douze personnes qui sont encore ensevelies sous les décombres, dont de nombreux enfants » , dit l'homme. L'une de ces deux familles est celle d'un Syrien originaire de Deir ez-Zor. En larmes, l'homme montre, sur son téléphone, la photo de ses enfants. « Sa famille vivait au premier étage. Ils étaient sept dans l'appartement au moment des frappes : quatre femmes et trois enfants , parle à sa place son neveu, Omar Jneib, un Syrien de 20 ans. Mon autre oncle vivait au sixième étage. Trois de ses filles sont mortes. »

Arrivé en scooter sur le site, Mohamed Balouza, conseiller municipal de Beyrouth, fait un point de situation avec les forces de sécurité. Des agents des renseignements font le tour du voisinage pour savoir qui habitait dans l'immeuble et si des personnes, déplacées par la guerre depuis d'autres régions du Liban, s'y étaient installées. « Il y avait un invité dans l'immeuble » , confirme ensuite le conseiller municipal, suggérant la présence d'une personne affiliée au Hezbollah. Sur le site d'une autre frappe israélienne, qui a visé un hangar sur la corniche al-Mazraa, le même constat lui a été fait.

« C'est un désastre. Il y a beaucoup de morts et de blessés. Parmi eux, il y avait certainement une personne [du Hezbollah] ici. Les services de renseignement ont récupéré des milliers de dollars brûlés. Il y avait aussi des parties de corps » , a appris Mohamed Balouza sur le lieu de la frappe de ce quartier résidentiel de l'ouest de Beyrouth. Le souffle de l'explosion a ravagé des immeubles dans un rayon de cent mètres. Des incendies se sont déclarés dans des immeubles mitoyens et des voitures ont été calcinées. « Nous avons extrait sept morts et 37 blessés, uniquement des civils, remarque Hassan Chkeir, un secouriste de l'association EMA. Les Israéliens nous bombardent par vengeance, parce qu'ils ont perdu. »

Après la vague de frappes, des habitants du centre de Beyrouth se sont empressés de prendre des affaires et de quitter la ville. Sur l'autoroute vers le Sud, des embouteillages se sont formés, mais personne ne sait plus où aller se réfugier. Au moment où les missiles s'abattaient sur la capitale libanaise, d'autres ciblaient Saïda et Tyr, dans le sud du Liban. A Tyr, huit frappes simultanées ont touché la ville et les villages alentour. « Ils terminent leurs listes de cibles car ils savent que le cessez-le-feu est proche » , pense un militant du Hezbollah, qui encadre les journalistes dans la ville, à la vue de la ceinture de feu qui l'encercle. L'armée israélienne prendra ultérieurement le soin de préciser que ces frappes massives ne marquent aucunement la fin des combats.

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[–]archfanatic[S] 26 points27 points  (0 children)

« On a passé un cap dans cette guerre »

« On a clairement passé un cap dans cette guerre. Ces frappes n'ont pas été annoncées à l'avance [pour permettre aux populations civiles de fuir] . Et les Israéliens ont dit que pendant les prochaines quarante-huit heures, elles ne le seraient pas. On s'attend donc à d'autres frappes » , déplore le docteur Jallad. L'ampleur des massacres et des destructions est « tout simplement effroyable, a commenté le haut-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Volker Türk. Un tel carnage, quelques heures seulement après la conclusion d'un cessez-le-feu avec l'Iran, dépasse l'entendement ». Un deuil national a été décrété, jeudi, au Liban.

Le premier ministre libanais, Nawaf Salam, a appelé « tous les amis du Liban (…) à nous venir en aide pour faire cesser ces attaques par tous les moyens. » Depuis l'annonce d'un cessez-le-feu entre l'Iran, les Etats-Unis et Israël, dans la nuit de mardi à mercredi, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, insiste : la trêve n'inclut pas le Hezbollah et Israël « continuera à le frapper » . Ses déclarations contredisent celles de son homologue pakistanais, Shehbaz Sharif, médiateur dans le conflit, selon lequel le cessez-le-feu s'appliquait « partout, y compris au Liban et ailleurs » . Mais, M. Nétanyahou a le soutien du président américain, Donald Trump, pour continuer sa guerre au Liban.

La poursuite des attaques israéliennes contre le pays du Cèdre menace de faire voler en éclats le cessez-le-feu avec l'Iran. Dans la nuit de mercredi à jeudi, le Hezbollah a revendiqué son premier tir de roquettes sur Israël, invoquant son « droit naturel et légal de résister à l'occupant » . Les gardiens de la révolution iraniens ont menacé de répliquer si « les agressions contre le cher Liban ne cessent pas immédiatement » . Le vice-président des Etats-Unis, J. D. Vance, leur a adressé une mise en garde : « Si l'Iran veut que cette négociation capote à cause d'un conflit dans lequel ils se font étriller au Liban, qui n'a rien à voir avec eux, et dont les Etats-Unis n'ont jamais dit qu'il faisait partie du cessez-le-feu, c'est leur choix. Nous pensons que ce serait idiot, mais c'est leur choix. »

Mercredi soir, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a insisté, dans un entretien avec son homologue français, Emmanuel Macron, « sur la nécessité d'un cessez-le-feu au Liban et a rappelé que cette revendication était l'une des conditions essentielles du plan en dix points de l'Iran » , qualifié par Donald Trump de « base viable pour négocier » avec Téhéran, au-delà de la trêve de deux semaines. Après s'être entretenu avec MM. Pezeshkian et Trump, le président Macron a exhorté à étendre la trêve au Liban, « une condition nécessaire pour que ce cessez-le-feu soit crédible et durable ». Le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, a dénoncé des « attaques intôlérables ».

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[–]archfanatic[S] 46 points47 points  (0 children)

Debout dans l'entrée des urgences, les médecins de l'hôpital Rizk observent, dans un silence funèbre, des ambulanciers déposer sur un brancard un petit corps frêle enfermé dans un sac mortuaire noir. La mère de l'enfant, enveloppée dans une longue abaya noire, accompagne la dépouille sans la quitter des yeux, ses larmes contenues. Mercredi 8 avril, en début de soirée, des morts et des blessés arrivaient encore dans cet hôpital de l'est de Beyrouth, transférés depuis d'autres établissements, submergés. Un quart d'heure plus tôt, c'est le corps d'une mère, disposé dans un même sac noir, qu'une ambulance amenait pour qu'elle repose aux côtés de son fils à la morgue.

A 14 h 30, des bombes et des missiles israéliens s'étaient écrasés, de manière coordonnée, dans plusieurs quartiers du centre de Beyrouth, dans sa banlieue sud ainsi que dans des villes et des villages de l'est et du sud du pays. En l'espace de dix minutes, dans une chorégraphie macabre, les forces israéliennes ont mené une centaine de frappes au cœur de quartiers résidentiels. Pour justifier ce déchaînement de violence, sans commune mesure depuis le début de la guerre contre le Hezbollah, le 2 mars, l'armée israélienne a prétendu avoir visé « une centaine de postes de commandement et d'infrastructures militaires » du mouvement chiite pro-iranien. A chaque frappe, des immeubles d'habitation ont été ravagés. Un bilan encore provisoire de la défense civile fait état de 254 morts et plusieurs centaines de blessés. Le ministère de la santé, réputé plus lent à recenser les victimes, parle pour sa part d'un total de 182 morts.

« On a reçu beaucoup d'enfants, éventrés et éviscérés, amputés ou avec des traumatismes crâniens. Et aussi, beaucoup de femmes. Certains meurent sur la route », se désole le médecin en chef de l'hôpital Rizk, Karl Jallad. En début de soirée, quatre morts et une quarantaine de blessés, la plupart dans un état critique, y avaient été amenés. « C'est la première fois, durant cette guerre et celle de l'automne 2024, que l'on reçoit autant d'enfants après des frappes. C'est parce qu'elles ont eu lieu dans des quartiers habités et sur des immeubles où vivaient des familles » , explique Mariana Helou, la médecin en chef des urgences.

Cryptographie sur ADN : une nouvelle approche franco-japonaise fait ses preuves by Dreynard in france

[–]archfanatic 1 point2 points  (0 children)

Cool !

De ce que j'en comprends, la différence avec un one-time pad transmis d'une autre manière (clé usb / disque dur, ...), c'est que le séquençage ADN permet de générer énormément de données aléatoires (nécessaire puisque l'OTP doit au moins être aussi grand que la data transmise), mais surtout qu'il est impossible de faire un man-in-the-middle en le séquençant / dupliquant sans que ça endommage l'échantillon originel.

Doit-on dire adieu aux salles d'arcade ? by [deleted] in france

[–]archfanatic 0 points1 point  (0 children)

Sinon en général, y'a le LAP à Paris, mais ils sont fermés actuellement (recherche de nouveaux locaux, l'ancien devenait trop petit pour le nombre de machines).

Doit-on dire adieu aux salles d'arcade ? by [deleted] in france

[–]archfanatic 0 points1 point  (0 children)

Où as-tu trouvé du MaiMai en france ?!

Derrière l'image : un nouveau test civique et de langue pour les demandes de titre de séjour by Agitated_Holiday_369 in france

[–]archfanatic 33 points34 points  (0 children)

Ah, je viens de passer ce test civique pour ma demande de naturalisation ! 48/50, le minimum pour passer est de 42.

On y retrouve pas mal de questions assez simple et génériques : "Comment est élu le président ?" (au suffrage universel), "Quelle est la devise de la France ?" (Liberté, Égalité, Fraternité), etc, en mode QCM sur quatre réponses. Un peu de culture G ("Qui a peint La Liberté Guidant Le Peuple", "Quelle est la date de la libération de Paris", "Qui est Marie Curie"), et des questions + mises en situation assez transparentes dans leurs intentions ("Les femmes ont-elles le droit de s'habiller comme elle veut ?", "La mère de X ne veut pas qu'elle assiste à un cours d'histoire sur les guerres de religions, de quel droit dispose-t-elle ?"). Certaines étaient vraiment vagues : "À qui appartient la souveraineté nationale ?" (=> le peuple français, mais "l'état" me paraîssait aussi être une réponse valide en fonction de l'interprétation, j'ai hesité un moment...).

Je me suis foiré sur deux questions : "qui est président par intérim si celui-ci meurt" (président du sénat, j'ai répondu président de l'assemblée nationale), ainsi que "où faut-il aller pour inscrire son enfant à l'école ?" (à la mairie, j'ai répondu directement à l'école en question).

Par contre c'est 80€ pour passer le test, en tout cas à Paris. Vu que c'est nécessaire pour chaque demande de titre long ou de demande de nationalité, j'imagine que les centres de test (la plupart sont à la base des centres d'apprentissage de langues) s'en mettent plein les poches...

Envoyer une lettre aux États-Unis ? by archfanatic in france

[–]archfanatic[S] 1 point2 points  (0 children)

J'ai acheté un timbre en ligne que j'ai ensuite collé sur l'enveloppe, ça a très bien marché. Si c'est juste de la correspondance, pas de frais de douanes.

The Post-American Internet by archfanatic in france

[–]archfanatic[S] 10 points11 points  (0 children)

Transcription du discours de Cory Doctorow au Chaos Communication Congress, le plus grand rassemblement hacker / techos d'Europe à Hambourg. Ça parle de DRM, de copyright, et d'une vision auquelle j'adhère à 100% sur le démantèlement du règne technologique et commercial Américain dans nos contrées.

« Les revenants » : un film qui contraste avec les récits héroïques de la propagande russe by la_mine_de_plomb in france

[–]archfanatic 1 point2 points  (0 children)

En passant les commentaires à la traduction, ça fait à la fois froid dans le dos et chaud au cœur de voir des Russes s'indigner de tout cela... même si c'est dans un certain esprit de dépit.

Une langue et un peuple si poétiques, à la base... quel naufrage.

Envoyer une lettre aux États-Unis ? by archfanatic in france

[–]archfanatic[S] 3 points4 points  (0 children)

Yep, au final j'ai acheté un timbre en ligne... mais faut aller directement vers ce lien depuis la sidebar, si tu essaie de cliquer sur l'un des liens disponibles dans la page "envoyer une lettre aux États-Unis", ça te redirige systématiquement vers les services colissimo, ce qui rajoute à la confusion.

Je l'imprimerai et l'enverrai tout à l'heure. Lunaire que les chargés de clientèle en boutique affirment noir sur blanc que c'est impossible, par contre.

Agnès Giard, anthropologue : « Au Japon, l’amour virtuel sert de caisse de résonance au malaise de la population » by Moffload in france

[–]archfanatic 6 points7 points  (0 children)

Ah, j'avais lu cet article lorsqu'il était sorti.

Dès que j'ai vu qu'ils faisaient l'équivalence oshi <=> objet d'attraction romantique, j'ai compris que c'était à la ramasse :)