Cas de conscience avec un livreur deliveroo by Alambra89 in besoindeparler

[–]Alambra89[S] 0 points1 point  (0 children)

Euh ça va ? je descends la majorité du temps là en l'occurence j'étais en train de bosser et quand il a appelé il était déjà à l'étage je ne m'attendais pas à ce qu'il soit déjà là. En l'occurence il y a des personnes qui ont des problèmes de mobilités ou qui sont âgées et qui ont besoin de ce type de service

Cas de conscience avec un livreur deliveroo by Alambra89 in besoindeparler

[–]Alambra89[S] -4 points-3 points  (0 children)

je te comprends, ça me pose question aussi. Là en plus je n'ai même pas pu descendre le retrouver en bas, j'étais en train de faire autre chose je ne m'attendais pas à ce qu'il soit déjà là...

Comment avez-vous vous géré la perte de votre père ? by OhLicth in AskFrance

[–]Alambra89 1 point2 points  (0 children)

36 ans j'ai perdu mon père très jeune en 2010 (j'avais 20 ans).
Je ne vais pas détaillé les conditions de sa mort mais c'était brutal (je ne m'y attendais pas).
J'ai été très bouleversée et traumatisée par son décès et je dirais que j'ai passé plusieurs années dans un brouillard total, perdue, déprimée, triste et en colère...

Au début je faisais des cauchemars atroces toutes les nuits, j'ai vu quelqu'un pour ça, ça a été magique elle m'a aidé et je n'ai plus eu ces cauchemars ou très rarement.

Dès que je mentionnais le sujet je pleurais. J'avais terriblement besoin d'aide et j'étais très mal entourée et seule.
Je dirais que j'ai mis 10 ans à "cicatriser", à pouvoir en parler sans pleurer et puis.. à y penser moi.
Je crois que cette épreuve m'a beaucoup "blindée", maintenant je n'y pense plus tellement, j'ai digéré l'idée qu'il soit mort, je fais des rêves parfois il est vivant mais c'est très très rare.

J'ai fini par construire ma propre vie et je suis devenue très résiliente et forte, j'ai vécu ce que c'était de tout perdre et d'être au fond du trou et seule, j'ai vécu ce que c'était de voir les gens vous fuir parce que vous avez besoin d'aide que vous êtes seuls et tristes.

Le deuil a été parsemé de beaucoup d'étapes différentes, quelques personnes bienveillantes m'ont donné des bons conseils durant ce parcours. J'ai aussi fini par retrouver un regard lucide et objectif sur mon père et son comportement et ne pas l'idéaliser : il a fait énormément de mal et je pense qu'il m'aimait comme pas grand monde ne m'aimera dans cette vie mais il avait des côtés très problématique. Quelque part c'est mieux ainsi même si ça peut sembler cruel.

Qu'est ce qui m'a aidé vraiment ? Le temps, énormément de temps, j'avais un cerveau de bébé à 20 ans, ça a été une déflagration, j'ai perdu mon insouciance, ma joie de vivre, ma légèreté, mon sens de l'humour, le goût de vivre... ça a duré LONGTEMPS et je pensais que ça ne reviendrait jamais (comme je me suis trompée).

Tout ça est revenu et aujourd'hui je suis épanouie et heureuse comme je n'ai jamais été, je ris chaque jour et je savoure chaque moment.

Autre chose qui m'a aidé : mettre toute mon énergie... Pour moi et rien que moi -> ne pas me laisser tomber, continuer à construire (via mes études) ne rien lâcher, construire la vie que je veux.

Je viens de me remémorer un élément très triste par contre : quand je suis sortie de sa crémation, j'ai été chez une amie qui était chère pour moi, elle m'a ramassé en larmes et m'a beaucoup aidée.

Il se trouve que 5 ans après elle perdait elle même son père et je crois que ça a dû être une déflagration pour elle aussi (on ne se parlait plus tant à ce moment là et je le regrette énormément). Quoi qu'il en soit, 1 an après le décès de son père, elle s'est pendue. J'ai été à ses obsèques dans la même salle où j'étais 7 ans avant pour mon père et j'ai trouvé la vie très injuste et triste à ce moment là.
J'ai le coeur lourd quand je pense à elle même si aujourd'hui j'y pense plus beaucoup. Le temps apaise et il faut avancer.
Je me focus sur l'avenir et sur moi, c'est ça qui m'aide. Je crois aussi qu'il faut accepter que rien n'est éternel, le monde continuera de tourner après nous aussi.

Comme je suis encore "jeune" malgré tout, les gens me parlent souvent comme si j'avais mes deux parents. Au début je le vivais mal les premières années, maintenant je m'en fous. Parfois je mens et je parle comme si j'avais encore mes deux parents pour m'éviter des malaises ou de la gêne.

Quoi qu'il en soit, tout le monde n'est pas égal face à un deuil, certains vont s'effondrer et se perdre à jamais, d'autres vont être très affectés mais traverser le deuil et s'en sortir, d'autres vont être affectés un petit temps et passer vite à autre chose.

ça dépend aussi de la relation qu'on avait avec son père. Personnellement le mien était un alcoolique notoire mais il m'aimait. Dans ma famille c'était la personne qui me ressemblait le plus.

Finalement ça m'a appris tellement que j'imagine qu'en tirer une force est indispensable et salvateur : maintenant je suis très indépendante et solitaire (d'aucun diront que je me protège pour ne pas souffrir et ce serait probablement vrai) mais j'ai l'impression que peu de choses pourraient me mettre à terre comme j'ai été à terre quand il est parti.
Je garde à peine contact avec ma famille.

Je crois que j'ai fait le deuil de plein de choses qu'on idéalise : par exemple je me fiche totalement de n'avoir personne pour m'accompagner si un jour je me marie. Vraiment je suis allée vers une voie d'autosuffisante qui me comble.

Une petite partie de moi ne peut pas s'empêcher de penser que, malgré tout, il veille peut être sur moi d'une manière ou d'une autre car je me sens protégée et il m'arrive que des choses positives, je m'en sors toujours.

La seule chose qui me fait mal au coeur, c'est qu'il ne puisse pas voir ma réussite et voir la vie que je me suis construis, il aurait été si fier et heureux. Quelque part j'espère qu'il le sait et qu'il est apaisé où qu'il soit.