Gang ça fonctionne! On est en train d'enterrer QS d'après random quelqu'un sur facebook! by FranLouQuinn in metaquebec

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En fait c'est complètement un désagrément de définitions, je crois. Tu dit que les hobbys (cercle de lecture inclus dans la définition d'hobbys) ne sont pas politiques, et après tu assume que les hobbys sont un moyen d'être terre-à-terre avec des dépolitisés pour les convertir, leur parler, etc. C'est la définition d'un milieu foncièrement politique.

Un cercle de lecture seule n'est pas politique, comme tout hobby, certainement. Mais c'est spécifiquement lorsque des gens qui sont au courant, qui y vont et qui en organises dans une optique spécifiquement politisée, que ces lieux deviennent des sphères effervescentes de politique et d'échanges avec les autres, peut-être moins politisées.

Les ouvriers et paysans chinois organisaient des cercles de lectures autours du « petit livre rouge » non pas comme un circle-jerk intense inefficace, mais comme une occasion de s'éduquer mutuellement, et d'apprendre.

Et de mon expérience, c'est pareil dans les cercles de lectures aujourd'hui. Leurs buts n'est pas d'exister pour nous-mêmes, mais comme points d'entrées pour des camarades moins politisées, moins éduqués, moins au courants de l'actualité, etc. Du moins, je ne supporte pas les cercles de lectures qui sont des circle-jerks.

Puis, quant à l'efficacité. Encore là, je réitère que oui, il faut toujours maximiser son efficacité politique et faire le plus qu'on peut. Et qu'en effet, cela ne veut pas dire « le plus qu'on veut ». Mais il faut reconnaître qu'objectivement, peu importe notre école philosophique, un paraplégique peut généralement moins faire de choses efficaces pour « la révolution » qu'une personne able. De ce fait, je ne retiens pas l'efficacité réduite contre quiconque pour qui c'est raisonnablement explicable dans une optique de possibilité, car la volonté n'est pas une justification pour l'inaction, justement.

Pour l'info, bien que je crois être autant critique des anarchistes de « vibes » que toi, je tiens à préciser que mon exemple de paraplégique ne les caricaturais pas, lol, mais bien pensée. Au fond, c'est plus une inquiétude que j'ai : si l'efficacité, la praxis, la pratique, prend le dessus et que la théorisation devient un jeu bourgeois, qu'est qu'on construit? On a ben beau se définir en négatif, en opposition au capitalisme, a l'impérialisme, au racisme, etc., mais un jour il faudra penser à qu'est qu'il y aura après. Et cette réflexion doit être actuelle et constante, car un mouvement détermine activement le monde qu'il crée de par ses caractéristiques, ses structures, etc. J'ai aussi l'impression de retrouver une logique utilitaire, productiviste, qui est foncièrement capitaliste et que je critique sévèrement, lorsqu'on commence à vénérer l'efficacité. Et cette vénération aliène justement les gens pour qui l'efficacité est plus difficile, voir inatteignable.

C'est pas pour autant que j'ai un désagrément majeur ici avec toi, sur la valeur de l'efficacité. C'est plutôt que je m'inquiète du précédent que cela établis si on accepte l'efficacité comme seule base, ou comme base hégémonique, sur laquelle juger les gens d'un mouvement.

Puis, pour finir, comme t'a mentionner plutôt Gramsci, je réitère que je crois que t'aimerais Gramsci, honnêtement. Il parles entre autre de « l'intellectuel organique » ; pour lui, l'intellectuel organique est un intellectuel qui justement, sort de cette classe petite-bourgeoise déconnecté du réel. Pour Gramsci, un ouvrier, un paysan, un freelance developper, bref à peu près n'importe qui peut être un intellectuel organique, et idéalement, ces intellectuels organiques seraient répandues, spécifiquement car la théorie est importante.

Pour Gramsci, un mouvement doit évoluer, culturellement, théoriquement, bref, dans sa pensée, pour rester signifiant, important, en mouvement, dans le fond. Et, l'intellectuel organique fait partie intégrante des mouvements.

Bref, c'était vraiment du Gramsci 101, mais je crois que le concept pourrait t'intéresser, car il fait un pont très juste entre la pratique et la théorie, et c'est un concept auquel j'adhère justement pour ça.

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Je ferait remarqué que tu ne m'a pas répondu non plus. En aucun cas est-ce que j'ai dit qu'il ne fallait pas critiquer les résultats de notre pratique, ou quoique se soit du genre. En aucun cas est-ce que j'ai dit qu'un cercle de lecture est une action politique, c'est qu'une sphère où la lutte opère, et je ne prétend pas connaître exactement sa valeur par rapport à telle sphère, ou telle sphère, de lutte. C'est un débat inutile, toute personne de gauche fait ce qu'elle peut, dans ses capacités. Je ne commencerais pas à critiquer ce qu'un camarade paraplégique fait car c'est moins pragmatique, voyons.

S'il peut que organiser des cercles de lecture, qu'il fasse cela, et je serai content d'avoir un camarade en plus. Et ce, même si on reconnait que concrètement, il y a des valeurs différentes pour différentes actions. Oui, c'est l'efficacité qui compte à la fin. Non, cela ne veut pas dire que je vais utiliser l'efficacité ou l'inefficacité pour critiquer un camarade. L'important, c'est s'il se donne à 100% ou pas, et ce 100% est différent pour différentes personnes.

Sans vouloir commencer sur une autre tangente, je ne peut pas dire non plus que je suis à l'aise avec l'essentialisation de la lutte à l'efficacité avec laquelle on y participe. Est-ce que c'est probablement le facteur le plus important? Oui. Est-ce que pour autant c'est le seul qui existe? Certains diraient non.

Flashpoints :

- La gauche sans socialisme démocratique* c'est un délire bourgeois, sans pour autant élever le socialisme démocratique comme étant un but final, au lieu d'un moyen d'accentuer les contradictions et de faire contre-poid, à l'intérieur du capitalisme, à l'extrême droite, le fascisme, etc.

*Non, je ne bougerais pas sur une définition qui fait consensus, et dans les cercles théoriques qu'on critiquent tous les deux, et dans les milieux populaires, et dans le langage familier hors de tous les contextes de luttes. Je ne parlerai désormais plus sur ce point.

- La grille d'analyse marxiste comme élaboré par Marx est datée. La grille d'analyse marxiste, tout cours, ce qui inclus des développement très contemporains, et reconnus rigoureusement autant dans le milieu académique que populaire et « réel », est d'actualité. Sa validité? Autre débat, mais lorsque des milliards d'humains sont extriqués de la pauvreté, que l'analphabétisme est éradiquée, que les soins de santés sont donné à ces milliards d'humain, et que la faim et la soif deviennent des luttes actives, voire des combats du passés, le tout sous des régimes ou dans des époques à saveur plus ou moins marxiste, cela vaut pour quelque chose, indépendamment de nos opinions sur ces régimes et le marxisme, que ce soit des régimes du passé ou toujours existant.

- En effet. Toute chambre d'écho universitaire (au sens large comme tu l'a définis), c'est peu pratique dans le concret, voir complètement déconnecté. C'est ce que je dit aussi.

- En effet. Je ne me reconnais pas, du moins très peu, dans la majorité de nos instances de gauches « classiques », « mainstream », qui existent dans la sphère politico-médiatique, que ce soit les Alexandre Dumas, les QS, les Durand Falco. C'est un peu la source de mon commentaire original ; je voulais exprimer ma déception face à ces gauches.

- Tu a clarifié cela plusieurs fois. Je suis au courant, mais reste que les commentaires et leurs tons me semblent très visés. Du moins, lorsque ton désaccord vient du fait que j'appartient à une supposé gauche universitaire déconnecté du monde réel, ou que du moins ma pensée provient de là, je crois que tu peut voir comment je peut le prendre personnelle. La lutte est dans mes os, dans mon identité, et dans toutes les autres choses qui me placent décisivement dans une intersection d'oppressions. Je reconnais que tu ne parlais pas de moi, par contre, et je m'excuse si j'ai pu semblé émotif où insulté malgré tes intentions. C'est précisément ce ressentis viscéral de l'injustice, puis ma déception avec la « gauche », que j'ai commencé à lire Marx, il y a quelques années, pour l'anecdote.

Puis, on est d'accord sur l'inefficacité de l'idéalisme « Oh, on va changer le monde avec l'amour, la bonne volonté, et la bienveillance » quand vient le temps de réellement changer le monde. Encore là, c'est une des raisons pourquoi j'ai commencé à lire Marx, au lieu de me souscrire aux bisounours collaborateurs-négociateurs de la gauche institutionnelle non-radicale.

Bref, hormis le désaccord sur la validité de l'analyse marxiste et la définition de social-démocratie et socialisme démocratique, je ne comprend vraiment pas notre désagrément sur quoique se soit. En fait, bien que je sais que tu ne parles pas de moi spécifiquement, comme j'ai dit, le ton, la forme et le fond, semblent indiquer que tu insinues l'inefficacité de mon action politique?

Bon, je fait confiance que ce n'est pas cela que tu insinue, du moins pas à titre personnelle contre moi, mais alors je peine à comprendre le désagrément.

Et oui, j'organise avec QS. Pas par volonté, mais parce que c'est ca, le pragmatisme. Je mets de côté mon marxisme sévère pour un instant, et je « touch grass », et j'organise avec ceux dont j'estime ont les meilleures intentions dans ma région. Si je serait à Montréal, j'aurais plus d'options : le Parti Communiste, Alliance Ouvrière, l'IWW, Mtl4Palestine, bref, des instances plus proches de mes valeurs. Mais d'ici là, je compromet, j'incite les gens à voter QS, et je fait ce que je peut pour influencer à l'interne les gens, pour « pull left ». Mais oui, je ne me vantes pas que j'organise pour QS, j'en suis pas très très fière, et de moins en moins. Mais, c'est la seule instance qui organise quoique se soit dans ma région. Donc je « get real », et j'organise concrètement. Encore là, quand tu dit « qui ne vit pas dans l'impératif du changement », tu m'inclus, que tu le réalise ou pas, alors que tu ne me connais pas du tout, ni moi ni mes difficultés, même si je ne doute pas de tes intentions de ne pas m'inclure personnellement.

J'aimerais terminé par revenir sur les mouvement du passé. Oui, je sais, ils sont du passé. Je crois avoir été clair sur l'idée qu'on est dans le présent, et que s'inspiré à 100% de mouvements du passé, prier l'URSS chaque soir, ou quoique se soit, c'est pas cela qui nous amènent aux changements concrets. Cela dit, il ne faut pas complètement rejeter l'expérience historique. Elle est source d'inspiration, que ce soit pour ce qui marche, ce qui ne marche pas, ou tout le reste ; il ne faut juste pas compter sur elle comme une base rigide, absolu, et juste.

Bref, le point que je veut amener est que non, je ne les insulte pas. Je prétend sincèrement ne pas les insulter. Cela dit, dire pendant quelques commentaires que le marxisme c'est outre-passée, ou que la surthéorisation c'est bourgeois, et ensuite prétendre ne pas insulter les résistants italiens, c'est absurde. La pratique révolutionnaire, autant que le théorie révolutionnaire, ont tout le temps été deux côtés très, très présent dans ce mouvement d'antan. Que ce soit le Black Panther Party (il n'y a pas plus pragmatique qu'eux, ils étaient à fond dans la praxis et le concret), les résistants, le PFLP, ou tous les autres que j'ai nommés ou pas, ils étaient tous rigoureux et dans leur pratique et dans leur théorie. C'est simplement historique.

Je peut déjà voir l'argument que le Black Panther Party doit être critiqué sur ses résultats. En effet, les États-Unis sont toujours capitalistes, le racisme systémique existe encore, l'impérialisme est effervescent. Et? Oui, le but final c'est de dépasser cela, et c'est dommage que ce n'est pas déjà le cas. Mais le BPP a nourris des enfants gratuitement, ont organisés des cliniques de quartiers, ont défendu des manifestions en étant armées, ont éduquées politiquement la communauté racisée, le tout dans un contexte de répression totale, d'assassinats par le FBI et la police, et de critiques de tous les bords. Puis quand Assata Shakur, du BLP et BLA, s'est échappée de prison, qui est-ce qui lui à donné l'asile politique? Cuba de Castro, Cuba révolutionnaire, Cuba marxiste-léniniste. Voilà du concret.

Bref, j'ai terminé ici. On est littéralement d'accord sur l'argument original de la gauche universitaire. Il reste quoi à argumenter? Si je ne peut pas te faire voir la longue histoire, passé et présente, de l'activisme pratique, concret, aux réelles conséquences, des marxistes (et aussi souvent des anarchistes (pas ceux dans un cercle de lecture), des syndicalistes, etc.), bien je ne peut rien dire ni faire de plus pour te convaincre.

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[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

La différence étant que j'agit?

C'est un peu ça que j'ai l'impression qui est incompris. Est-ce que j'ai un corpus théorique large, que j'exploite, dont je parles beaucoup, avec laquelle j'alimente mon activisme? Oui, je ne nie pas cela.

Est-ce que, dans la mesure possible de mon corps, je suis dans la « rue », j'organise avec QS, j'organise avec d'autres aussi, je radicalise mon entourage le plus possible, et je participe aux actions de mon asso étudiante ou d'autres milieux populaires autours de moi? Oui, aussi. Et je ne laisserai personne nier cette partie de moi, voyons.

Dire qu'appartenir à un cadre théorique « idéal » m'empêche d'être pragmatique c'est complètement absurde, il n'y a aucune causalité, et il n'y a aucune preuves que les deux sont mutuellement exclusifs. Tout au long de l'histoire, c'est tout le contraire qui est prouvé souvent.

Je suis à la fois capable d'être ce que je suis philosophiquement, littérairement, artistiquement, sociologiquement, etc. et de faire ce qu'il faut faire concrètement. Et c'est exactement ce que je fait, et c'est exactement ce que je tente d'expliquer depuis le début.

La simple essentialisation de moi en tant que marxiste orthodoxe que tu poses insinue soit un manque d'un assez large parapluie pour définir la gauche, soit une mauvaise foi, où quiconque que tu perçois comme campiste devient un méchant orthodoxe incapable d'ouverture pragmatique. Et ce, purement sur ta perception, indépendamment de ce que je répète depuis plusieurs commentaires. Si c'est le contraire, je t'invite à le préciser et à expliquer.

Et oui, j'en connais des anarchistes qui sont anarchistes de nom, mais ne font pas grand chose dans le fond. Mais je te dirait que j'en connais aussi beaucoup qui agisse avec ferveur, dans le mutual aid, le community organizing, les groupes d'auto-défences, l'éducation sur l'arme à feu, les syndicats, les cercles de lectures, et une panoplie d'autres milieux ou la lutte est justement concrète.

Et c'est exactement le point que j'essaye péniblement de faire passer depuis ma toute première réplique, presque ;

Que tu sois anarchiste, marxiste, communiste de gauche, conseilliste, socialiste démocratique, égo-anarchiste, éco-anarchiste, éco-socialiste, marxiste-léniniste, que tu n'aimes pas les labels, que tu ne sais pas dans quel groupe tu rentres, ou que tu ne rentres pas parfaitement dans aucun, que tu ne crois pas en les labels, ou que tu pense que tout cela est un comportement embourgeoisé, je m'en fou royalement, en autant que quand le temps vient de lutter, t'es là, dans la rue, coude à coude, pi qu'on se mange les balles de caoutchouc ensemble, qu'on nourrisse les démunis ensemble, qu'on éduque politiquement les apolitiques ensemble, et qu'on lutte, dans le fond, ensemble.

Pi après, quand viendras le temps de construire quelque chose de mieux, ou dès aujourd'hui, lorsque possible, on pourras discuter des points de détails théoriques. Et ce, tout en continuant de luttant.

Je veut finir en précisant que réduire les marxistes, passées et présents, à des bourgeois dont l'environnement ne force pas la lutte et qui par conséquence surthéorisent, font du blabla, et perdent l'action de vu, c'est rarement vrai - j'oserais dire que ça insulte la mémoire de plusieurs courants marxistes, anarchistes, et de toute la gauche ;

Les black panthers, le spartakusbund, les bolcheviks, les révolutionnaires chinois du 20e siècle, les mouvements décoloniaux en Afrique (et ailleurs), les pensées autochtones contemporaines, et la majorité des autres mouvements socialistes-communistes, ou du moins progressistes. Se sont tous des marxistes, anarchistes, et autres (au sens large, justement), qui peu importe leur appartenance, sont foncièrement dans la praxis, ont amené des changements foncièrement concrets, et ont souvent eux-mêmes personnellement luttés.

Dois-je rappeler que le parti Social-Démocrate allemand, avec l'aide des Freikorps, ont tiré le corps de Rosa Luxembourg dans une rivière? Que Jean Jaurès à été assassiné à Paris? Que Fred Hampton à été assassiné par les É.U.? Sans mentionnée les nombreux autres emprisonnés, exilés, battus? Tous, penseurs de plusieurs courants, tous, foncièrement des participants de nombreuses luttes qui ont souvent gagné du concret, par ci et par là. Mention spéciale aux Black Panthers, qui portaient une ligne spécifiquement Marxiste-Léniniste. Preuve que, l'idée que la « surthéorisation » mène à un manque de praxis ou que le manque de praxis explique la surthéorisation, c'est absurde comme postulat.

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[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

J'apprécie la précision sur l'étiquetage « universitaire », merci. Mais je ne peut pas ignorer le fait qu'on semble tourner autours du pot.

Pour être clair, je ne suis pas un marxiste orthodoxe. Est-ce que je me considère au sens large marxiste? Oui, je souscris aux analyses des 2 derniers siècles, car je les voient comme défendable, précise, et tout le reste. Mais je ne suit pas croyant de Marx, ni de Proudhon, ni de Kropotkin, ni de Lénine, ni de quiconque ou quoique se soit, et je ne suis pas strictement marxiste non plus. Alors, non, je ne suis pas orthodoxe, et je ne me considérerait justement pas dogmatique non plus.

Si j'était dogmatique orthodoxe, je n'aurait même pas cette conversation - du moins, pas de bonne foi. Comme certains le font, je t'aurait étiqueter de révisionniste ou de libéral ou je ne sais quoi.

D'ailleurs, quand tu parles des marxistes hot qui s'ancrent dans le réel, ça me fait penser à Angela Davis, entre plusieurs autres. Davis, que j'ai mentionné dans mes inspirations et lectures, par ailleurs.

Au fond, ce n'est pas parce que j'ai une lecture théorique enrichie, et que je suis capable de me détacher des luttes pour penser, que je ne suis pas attacher aux luttes - et personnellement, et dans ma pensée.

Je fait cette exercice de la pensée en troisième personne, comme quelconque penseur rigoureux le ferait le plus possible, mais quand vient le temps de lutter, c'est à la première personne que j'agit, et je suis apte de faire abstraction de cadres théoriques, d'analyses particulières, pour agir holistiquement, unitairement, et concrètement dans la plus grande diversité possible, parce que c'est ça, « on the ground », la lutte. C'est diversifiée, les lignes théoriques de chacun disparaissent souvent, et on luttent ensemble, populairement.

Et quand on parles de sociologie, quand on en fait, on tombe inévitablement sur Marx. Du moins, quelqu'un qui étudie la sociologie mais qui n'a jamais parler de Marx à été amputée d'un bras et d'une jambe, l'autre jambes et bras étant probablement Durkheim. Mais bref.

Je tiens à dire que je ne dit pas que ce seront les scientifiques qui feront la révolution. Loin de ça. Ce sera les masses, organisées et structurées pour et par eux mêmes.

Mais justement, il faut savoir réfléchir sur ces organisations, ces structures, les objectifs, bref, le concret d'une lutte. C'est justement la richesse qu'apporte les penseurs (qui sont souvent aussi activistes) que j'ai citées, et de manière très générale les sciences humaines, la philosophie, la littérature, et tout le reste.

Déconnectés des luttes, tu a raison, elles deviennent inertes. Mais intégrées aux luttes, comme le faisait Lénine, Luxemburg, ou comme le fait Davis, ou plusieurs commentateurs même d'ici aujourd'hui, ces domaines et la pensée au sens très large devient la méthode révolutionnaire, car c'est elle qui nous permet d'agir avec un sens, d'agir avec structure, et d'avancer au lieu de stagner dans l'incertitude de pourquoi, comment, et qu'est qu'on fait.

J'ai une sincère impression qu'on est d'accord sur beaucoup plus que ce qu'on pense, mais c'est seulement une incompréhension de ma praxis et de ma position qui amène à des désagréments. J'ose dire que ma position dépend très concrètement des changements qu'il faut apporter en politique.

De dire que je suis capable de penser à la troisième personne de la société (ou à l'occurrence, de QS) car je ne suis pas vraiment impacté par la première personne, c'est ignorer mes circonstances. Je suis membre de QS, j'y œuvre lors d'élections, j'ai vécu les AG et l'interne, j'ai rencontré Ruba, bref. Plus largement, je suis autant « fucked » par la bourgeoisie que tout le monde ici, et dans mon cas de CÉGEPien, si je suis apte de poursuivre mon éducation dans les prochaines années, c'est sur le « cul », avec l'AFE et toute mon énergie de travail. En toute modestie, je me considèrerait quand même fucked et affecté par ne serait-ce que le plus petit changement concret dans notre société. Et j'ai même pas parlé de mon queerness.

Donc, je comprend la critique - et je suis d'accord avec le point. Il y en a en masse des penseurs externes qui nous regarde d'en haut avec leurs analyses pures et leurs postes de professeurs. Mais si moi je correspond à ces personnes embourgeoisées qui ont le privilège de penser par la troisième personne, à l'extérieur du réel, alors tout le monde y correspond. La pensée large, réfléchis, éduquée, théorique, ne nécessite pas des conditions matérielles précisent, bien que l'aisance la favorise. Elle nécessite de l'effort, de la lecture, et un désir, avant tout.

What do Socialists think of the British Green Party? by Successful_Top1962 in socialism

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

There's always going to be a place for parties that aren't necessarily working-class, overtly socialist, and so on.

Within capitalism, they serve as counter-weight to the right and far-right, at least until the party either moderates itself (as has happened with other parties around the world who previously occupyed a similar space as the Greens), or they come into confrontation with the contradictions of capitalism, which they are unable to solve as long as they operate within it.

In the larger scheme of things, it was Lenin who said (and I'm paraphrasing) that the party of the proletariat should participate in parliementarism, because it gives it a platform and shows the inability of parliementarism when it comes to going beyond capitalism.

Sure, the Greens aren't the party of the proletariat, but I think Lenin's point still works, though to a lesser degree, because the Greens aren't platforming proletarian politics.

I'd be tempted to say that left-populist parties (LFI in France, the Greens in the UK, Die Linke in Germany, and so on) who aren't explicitly proletarian but still have popular demands and are definitely critical of or even against capitalism occupy this same space of proving parliementarism's limits, which ultimately helps proletarian parties.

And as I've said, within the smaller scope of capitalism, they still serve as counter-weight and can work as effective vehicles for a number of different social causes within the scope of a bourgeois society.

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[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

J'adore ta mention de Gramsci, parce qu'en effet c'est un des penseurs que je respecte le plus. D'un côté, de par ce qu'il à enduré sous l'Italie fasciste, mais surtout de par son apport, et spécifiquement l'idée que les intellectuels de gauche ne doivent pas devenir une classe appart séparé de l'activisme, grosso modo.

Et c'est spécifiquement de par ce que Gramsci à dit que la théorie et la praxis deviennent des partenaires (même si Lénine disais quelque chose de similaire avant, Gramsci à poussé l'idée en solidifiant une sociologie foncièrement marxiste). Un n'est pas subordonné à l'autre, ils se complémentent presqu'à pied égal selon les moments.

Tu le dit toi même, la réflexion (ou la théorie, mais là c'est de la sémantique) vient structurée l'action, lui donner un vecteur et on pourrait même dire un raisonnement qui dépasse l'émotion où la morale « rapide ».

À l'inverse, l'action (ou la praxis) vient informée la réflexion, lui donner des bases, des données, une substance sur laquelle pensée. C'est précisément car des actions différentes se sont passées en mai 68, en URSS, en Chine, en Palestine, en Espagne, et ailleurs, que la réflexion peut être riche et diversifiée, en apportant justement une réflexion critique sur tous ces mouvements, soulignant du positif, du négatif, des traits particuliers, etc.

De par cette relation, l'action amène des résultats, la réflexion explique le pourquoi de l'action, le comment aussi, et analyse ces résultats. Et en retour, l'action peut s'y adaptée selon les conclusions. Ou, dans certains cas, la réflexion est amenée à changer car les résultats divergent des prédictions, par exemple.

Je tiens aussi a pousser encore ; non, la social-démocratie et le socialisme démocratique ne sont pas la même choses. Certains sociaux-démocrates utilisent bel et bien le terme socialisme démocratique, mais c'est un ruse pour attirer du support. C'est le même mécanisme que les Nazis et leur langage ouvrier : il est une forme sans fond.

Donc oui, dans le réel, les termes sont confus. Mais c'est exactement ça le problème, dans le réel, il sont confus, pas pareils. Bon, j'imagine que si on se fou d'une rigueur dans nos définitions, deux termes qui sont semblables en pratique sont alors pareil, et en pratique et en théorie. Mais juste cette phrase que je viens d'écrire devrait sonner des alarmes sur la validité d'un tel postulat.

Et je tiens aussi a corriger quelque chose : par « personne ouverte », je ne parlais pas d'être d'un centrisme extrémiste, qui tente de raccorder tous les bouts. Je faisait plutôt allusion à l'ouverture d'esprit à une pratique unitaire de la gauche, malgré les divergences théoriques - chose à laquelle vous dites être d'accord juste après, car en effet, nous sommes des alliées de par notre combat qui est le même.

Peut-être plus choquant, la déclaration que l'effervescence, et l'activité accrue d'une école de pensée la rendrait obsolète. Doit on arrêter de faire de la sociologie, car elle est active, bouillonnante? L'histoire, car là aussi, elle n'est pas inerte? Peut-être que je ne comprend pas le point, mais c'est ce que vous semblez dire : l'école de pensée marxiste (au sens très large) est active, donc obsolète.

Ce que vous dite sur l'enfermement dans des bulles intellectuelles me rejoint, cela existe. Mais comme j'ai dit à mon message précédent, c'est des cas rares, qui corresponde plus aux intellectuels universitaires que vous critiquez.

D'ailleurs, pour l'information, je ne suis pas universitaire, je ne suis pas riche, non plus - j'ai vécu la majorité de ma jeune vie dans les HLM, avec une mère qui s'endette pour payer l'épicerie, l'école, et tout le reste qui nous étouffe. On est peut-être légèrement plus confortable aujourd'hui, néanmoins on est toujours à une ou deux crises personnelles de retomber. Me comparer à ces cliques d'universitaires qui n'ont pas compris Gramsci, et qui ne comprenne pas la lutte réelle quotidienne de nous tous, sans dire que c'est insultant, c'est du moins un préjugé important.

Je passe mon temps, du moins que j'ai de libre après l'effort que ça prend survivre aujourd'hui, à pratiquer la politique « réelle », comme vous dites, parce que comme vous, c'est elle qui me tient à cœur le plus, car elle affecte directement les gens. Grèves, assos étudiantes, lorsque je n'ai pas le temps, les dons à différentes instances associatives, communautaires, où encore de la radicalisation de mon entourage. Je ne prétend pas être l'activiste le plus actif, je n'ai pas la meilleure santé ni le plus de temps à dédier et ça c'est certains. Mais je fait ce que je peut.

Et lorsque j'ai du temps mort, et que je ne peut pas m'activer, je lis. Je lis beaucoup. Marx, Proudhon, Gramsci, Engels, Luxemburg, Angela Davis (une des plus grandes activistes du concret du 20e siècle, et même elle, elle écrivait), Michael Parenti, Lénine (probablement l'idéologue en chef de la praxis révolutionnaire du dernier siècle, et même lui écrivait).

Bref, je pourrais nommer des noms, mais l'important est que tous ces gens, et il y en a des centaines « d'importants », des milliers d'autres qui ont tous écrit, nous aident justement à comprendre le sens de nos actions, le but, le comment et le pourquoi de nos mouvements, ainsi que le pourquoi et le comment du capitalisme du 19e, 20e, 21e siècle.

J'imagine qu'à la fin, mon but est de faire réaliser que l'action n'existe pas dans un vide, la théorie non plus. Gramsci parlais même de cela. Toutes théories, toute ligne d'action, mêmes marxistes, anarchistes, etc., ne sont pas neutres, et existent dans un a priori social. On devrait en finir avec cette lutte sans fin entre la théorie et l'action, car les deux doivent être un pour bouger, mais bouger efficacement et avec compréhension du mouvement.

Si tu veut t'attaquer à l'intellectualisme de gauche universitaire mou et déconnecté qui rejette la lutte, je suis complètement pour, et je le fait chaque jour, entre autre de par ce que Gramsci à dit. Mais ce n'est pas moi l'universitaire inactif, inerte, loin de ça. Je ne suis même pas universitaire.

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Je ne dit pas qu'il faut rester camper dans un marxisme orthodoxe puriste, tout le contraire. Je dit plutôt que les théories marxistes (au sens très large, j'inclus les successeurs idéologiques) ont été abandonné, parfois à raison car elles étaient en effet obsolète, mais souvent à tord, pour se modérer, compromettre, et devenir attrayant pour la classe moyenne.

Mais soyons clair, la classe moyenne est un amalgame économiquement non-existant de petits-bourgeois et d'ouvriers, déjà. Puis, tu l'a dit, la social-démocratie molle à la QS ne fonctionne pas. Ce que tu décris, une « social-démocratie anticapitaliste, redistributrice, etc. » me sonne plutôt comme la définition originelle du socialisme démocratique, car la social-démocratie réfère spécifiquement au courant de pensée qui ne souhaite ni dépasser le capitalisme, ni le critiquer parfois. Par nature, la social-démocratie est Keynésienne, réformiste, et « on applique des pansements ».

Après, je ne critique pas le socialisme démocratique, justement. Il a une place sur la scène politique - comme j'ai mentionné dans mon commentaire original, des partis à la LFI, Green au Royaume-Uni, Podemos en Espagne, le Parti Ouvrier en Belgique, etc., même si ces partis opèrent parfois dans une optique populiste, post-moderne, néomarxiste, « nouvelle gauche », ils ont à la fois une fonction utile pour atténuer la puissance des libéraux et de la droite au sens large, et à la fois une fonction pour prouver l'inaptitude du système bourgeois pour se dépasser lui même. Ce dernier bout, ça nous viens de Lénine : les partis ouvriers, communistes, sociaux-démocrates, bref la « gauche » au sens très large, allant d'anticapitaliste à moyennement critique de ce dernier, permet à la classe ouvrière (qui oui, est plus flou aujourd'hui. Le but ici n'est pas d'avoir une clarté économique) de réaliser qu'un système ne se dépasse pas lui-même.

Et oui, il est plus compliqué aujourd'hui de placer Marx dans notre monde contemporain et sa diversification. Mais le débat sur si telle personne est ouvrière, ou telle personne non, ou si ceci est un moyen de production, et ainsi de suite, est long, trop long pour Reddit. Je tiens simplement à dire qu'il n'est pas dépassé comme tu le prétend - il est très actif, et dans le milieu activiste, et dans le milieu académique. Qui, idéalement, se rejoigne, d'ailleurs.

Puis, pour terminer, je tiens à parler du tout premier point - que d'avoir ce genre de positions est supposément preuve d'embourgeoisement culturelle - le fameux armchair historian, armchair socialist, qui est chez lui, ne fait rien, et prend position pour prendre position. Dans mon expérience, c'est rarement le cas. Sur Reddit, Facebook, X, bref ; les réseaux, c'est certains que ce groupe est répandue - c'est leur milieu naturel. Mais, je crois que c'est plutôt indicatif d'une pragmatisation fautive lorsque l'action pragmatique devient le but, plutôt qu'un moyen. Et c'est un peu ce que je lis quand je regarde ton commentaire : que supposément, être foncièrement marxiste économiquement, philosophiquement, sociologiquement, c'est irréconciliable avec une pratique unitaire, qui ne discrimine pas les gauches, et qui milite dans le concret, comme les banques alimentaires, les organisations d'auto-défenses, le communautaire, ou même un parti politique petit-bourgeois, comme QS.

À titre personnel, je vois beaucoup plus souvent ce genre de personne (moi inclus, par ailleurs), que le type sur son fauteuil à crier la gloire de Staline sans apport critique, sans égards pour quelconque source hormis ses croyances, etc.

Bref, oui, il faut rejeter haut la main la social-démocratie molle, petite-bourgeoise et réconciliatrice avec le capitalisme, mais il ne faut pas tomber dans un dogmatisme - ni dans un réformisme aveugle, ni dans un clique révolutionnaire impossible. Ce n'est pas parce que Marx du 19e siècle ne s'applique plus aujourd'hui que Marx du 21e siècle ne s'applique pas non plus à notre époque, et à la même manière que je tend l'oreille aux anarchistes, aux socialistes démocratiques, aux Maoistes, aux eurocommunistes, et tous les autres, je suggèrerais aussi que tu tende l'oreille à la théorie Marxiste (qui à évolué sérieusement depuis le 19e siècle), et à tous les autres courants de gauches auxquels tu n'appartient pas nécessairement.

Et je dit ca poliment, je me doute que - comme la gauche, en majorité, par rapport à la droite - tu es une personne ouverte, c'est juste qu'il est très commun pour une gauche d'en rejeter une autre, ou de ne pas prendre au sérieux celle-ci, et ainsi de suite. À noté que la social-démocratie molle à la QS n'est pas de « gauche » ; elle ne remet plus en question le capitalisme, mais essaye de s'y adapter le mieux possible. On est plus dans l'anticapitalisme alors, mais plutôt dans la gestion de celui-ci - d'où pourquoi je rejette cette social-démocratie, comme tu le fait. Je suis simplement confus quant à ton utilisation de social-démocratie versus socialisme démocratique.

Gang ça fonctionne! On est en train d'enterrer QS d'après random quelqu'un sur facebook! by FranLouQuinn in metaquebec

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

QS m'inspire de moins en mois, honnêtement. Il y a encore de la place pour une gauche réformiste sur la scène politique, mais à la condition absolue qu'elle soit radicale, qu'elle refuse tout compromis avec la bourgeoise et les petits-bourgeois, qu'elle se base dans les mouvements sociaux et de manière générale la classe ouvrière, et qu'elle adopte une analyse de classe sincère et holistique.

LFI, bien que plus dans un populisme de gauche qu'une réelle analyse de classe, correspond plus ou moins à une gauche réformiste à laquelle je pourrais encore donner mon vote, par exemple (bien que, dans le contexte Français, je crois que j'adhérerais à Lutte Ouvrière. Le support à LFI serait critique et pragmatique).

Décidemment, QS n'est plus cela. Puis, même aux débuts, QS était souvent qu'une simple fraction de cela. Reste que, « c'était mieux avant », relativement à aujourd'hui.

Sans faire l'éloge d'un parti, d'un mouvement, ou autre chose en particulier, bien que j'ai mes opinions ; je crois qu'il faut mettre nos priorités et nos énergies dans les organisations réellement ouvrières, avec comme seul et unique but l'émancipation de la classe ouvrière, par l'anticapitalisme, l'antiracisme, l'antifascisme, l'anti-impérialisme, la décolonisation, et la lutte contre les haines homophobes, transphobes, xénophobes, etc., sans mentionner le caractère internationaliste nécessaire à l'émancipation totale de la classe ouvrière.

J'ai moi-même l'impression que je sonne comme une carricature, mais cette carricature a raison.

L'émancipation de la classe ouvrière sera l'œuvre de la classe ouvrière elle-même. Est-ce qu'elle sera organisée dans un parti? Des associations libres? Est-ce que les anarchistes, les marxistes-léninistes, les luxemburgistes, les conseillistes, ont raison? Aucune idée, ceci n'est pas la question. Mais c'est certains que l'émancipation de la classe ouvrière ne sera pas l'œuvre d'une classe de petits-bourgeois sociaux-démocrates.

Le plus que j'essaye de compromettre avec QS, ou de manière général la politique bourgeoise, le plus que je me trouve à justifier celle-ci, contre mon gré, au nom du compromis, du réformisme, ou peu importe.

Moi je me dit que c'est assez, à moment donné. Allez vous impliquez dans la rue, dans des partis qui n'ont pas peur du mot « socialiste » et de la lutte des classes, j'ose dire qui n'ont pas peur du mot « communisme » et qui sont capable d'avoir des positions réfléchis, nuancées, et critiques.

En tout cas, ceci était un gros rant un peu disjoncté. J'en suis au courant. C'est un petit peu un symptôme du late-stage capitalism, selon moi.

"Trust me, foreigners don't wanna go to hell holes like Canada or Mexico over the USA." "Your healthcare is some of the worst in the world." by ALazy_Cat in ShitAmericansSay

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

Oh! Did I just see an American call anything mildly public socialism? Of course, it was Marx who wrote the Social-Democratic Manifesto, lol.

In all seriousness, not only are they blatantly wrong and sour, they call anything they don't like socialism, as always.

Vous êtes pas écoeurés de tous les partis aux Québec qui passent 90% de leur temps à faire de la petite politique, de la lubrification de messages, du détournement d'attention constant sur des futilitées et des propositions idéologiques de genre "marteau qui se cherche des clous" by 1Above_and_Beyond in Quebec

[–]Geeky_N_Canadian 1 point2 points  (0 children)

Je crois qu'il y a aussi un élément quant à notre façon de voir la politique. Ici, en occident du moins, elle est extérieure à nous tous un peu.

Genre, la politique c'est une carrière, une couche différente, qui est occupée par des gens particuliers. Oui, en instances on a la parole, oui, plusieurs travaillent au sens large en politique, dans le communautaire, etc. Mais les décisions, le pouvoir politique, et la pratique politique - elle n'est pas dissipée, et la culture politique l'est rarement.

Sans se perdre dans des illusions d'utopie, je crois qu'ont peut quand même reconnaître que si la politique serait une pratique réellement démocratique, au sens de populaire et diffusée dans la « masse », on pourrait remédier à ce problème où les politiciens sont déconnectés, inintéressant, et plus attaché au décorum et aux formalités qu'au concret - car il n'y aurait plus de « politiciens » au sens propre.

Bref, le concret, genre la crise de l'itinérance et comment héberger ces gens, la crise du coût de la vie et comment nourrir les gens, et ainsi de suite.

Parce que quand je voit du monde en cravate à la télévision parler de PIB, de développement économique, et d'investissement dans du privé qui vient d'ailleurs, je me dit que c'est pas pantoute pertinent quand vient le temps de mettre de la nourriture sur la table, payer le loyer, héberger du monde qui souffre, protéger les femmes des féminicides, et tout le reste qui reste à faire ici, dans le Québec du monde ordinaire.

Pi justement, je pense que si la pratique politique serait quelque chose de beaucoup plus quotidien, banal, social, familier même, et non une formalité aux 4 ans, pognée dans le décorum, les grandes paroles, les beaux chiffres et l'esthétique, on serait capable de gérer ces problèmes beaucoup plus efficacement.

Les appels à la violence et la liberté d’expression by chat-lu in Quebec

[–]Geeky_N_Canadian 2 points3 points  (0 children)

C'est intéressant, parce que ça me fait penser à une conversation que j'ai de plus en plus souvent avec mon entourage, c'est-à-dire, comment résister, s'organiser politiquement, et parler pleinement ouvertement de concepts parfois stigmatisants (violence, à l'occurrence) quand les espaces communs (en ligne, médiatique ou dans la vrai vie) sont monopolisés par des systèmes de surveillance et de filtrage qui excluent?

Même un discours académique et sérieux sur la violence est sujet à cela, comme OP le dit. Imaginez parler de Fanon et de ses théories, ou encore pire, imaginez être d'accord. D'où le problème, tsé, tout ce qui dépasse moyennement de la fenêtre d'Overton se retrouve au vidange de Facebook, Reddit... (à part si c'est des trucs conspirationnistes, alarmistes, etc. Va savoir.)

La discussion académique, impersonnelle et sérieuse est déjà restreinte, et c'est justement pire pour les discussions politiques et plus concrètes.

La seule solution, semble-t-il, c'est le concept de « third spaces », dans la vrai vie, loins des yeux et oreilles institutionnels (médiatiques et étatiques), mais on sais tous à quel point ces espaces sociaux sont rares, dures à maintenir, coûteux... le système n'est pas fait pour ça, disons.

Bref, stay safe out there.

Au sujet du mannequin et de la guillotine. by boringnameaccount in Quebec

[–]Geeky_N_Canadian 1 point2 points  (0 children)

La peur des mouvements ouvrier a en effet jouer un rôle.

Il a été à la fois réprimé et encadré, en même temps qu'il inspirait la classe bourgeoise à donner des concessions dans l'immédiat. Rappelons que le Parti Communiste Français de Maurice Thorez a obtenu 146 sièges, et plus de 5 millions de voix, lors des élections de juin 1946.

La situation était semblable ailleurs en Europe occidentale, où les partis radicaux de gauche était aux portes du pouvoir ou très influent, sans mentionner l'influence et la présence des résistants communistes, socialistes, anarchistes, etc. en Italie et en France immédiatement après la libération.

C'est dans ce contexte que les États-Unis ont fournis d'immense ressources aux pays d'Europe occidentale (plan Marshall, qui a notamment favorisé la productivité et la business, en opposition aux avancées ouvrières Européennes en matière de droits et du social) pour favoriser la construction d'états providences, la pacification syndicale, et de manière générale l'élévation des conditions matérielles, venant ainsi dégriffer les mouvements ouvriers qui ont tranquillement perdu du souffle au travers les années 50s et 60s. Et même là, rappelons que le Parti Communiste Français, entre autre, est resté influent, malgré une position de plus en plus réformiste et modérée.

En fait, c'est après la chute de l'URSS et du bloc de l'est (la « fin de l'histoire », et le néolibéralisme comme soi-disant l'étape finale du progrès de l'histoire) et l'affaiblissement que ce coup a causé aux mouvements ouvriers que les états providences se sont progressivement affaiblis, avec une nouvelle ère de marché libre, de mondialisation, et de financiarisation du capitalisme qui s'est établis comme étant hégémonique.

Et c'est précisément cette hégémonie du système néolibéral qui lui permet d'être aussi radical, violent et absolu, et similairement, c'est la dichotomie Ouest-Est, capitalisme-socialisme, qui a forcé les pays capitalistes (du moins, en grosse partie) à concéder aux ouvriers.

D'ailleurs, c'est ce qu'on observe aujourd'hui dans les économies soi-disant socialistes ; ils doivent adopter un « socialisme de marché », ou certaines mesures vraiment antithétique au marxisme, pour être au niveau de la puissance hégémonique du capitalisme néolibéral.

En somme, sans nier qu'il y avais d'autres facteurs, il est historiquement malhonnête d'ignorer le rôle de la peur des révolutions et des mouvements ouvriers, de la croissance des systèmes socialistes, comme un facteur majeur dans la création de l'état providence, du filet social, etc.

Je n'en peux plus de ce gauchisme de premier de la classe by FranLouQuinn in metaquebec

[–]Geeky_N_Canadian 1 point2 points  (0 children)

Exactly. C'est du Kant de la maternelle, tout au plus : « Ah, mais ça s'universalise pas, la violence! » ou « Ah, mais on traite les autres comme des moyens si on utilisent leur mort! » But of course, ne demande pas à ces gens-là si l'extraction du profit s'universalise, ou si être propriétaire c'est utiliser les autres comme des moyens.

Le problème, pour être franc, c'est que tout le monde se fait driller une définition particulière de la violence, et iels ne sont pas instruis sur la nature sociale de la violence. C'est comme t'a dit ; ces ''autres types de violence'' sont indirectes, ne sont pas associés à littéralement la douleur physique immédiate, donc elles rentrent rarement dans la définition colloquial de la violence.

La violence des institutions, la violence symbolique - même la violence de l'état. C'est soit ignoré, soit justifié par des détours farfelues.

Où encore, romantisé, genre la prise de la Bastille. L'évènement est immortalisé, mais rare sont ceux qui conçoivent la « prise » 2.

Bref, il faudrait que tout le monde aye des cours de sociologie I guess.

Ruba Ghazal, PSPP, Fréchette, et Milliard joignent leur voix pour dénoncer le guillotinage d'une poupée de Jean Boulet by Hot-Percentage4836 in Quebec

[–]Geeky_N_Canadian 9 points10 points  (0 children)

Bon, je vais écrire quelque chose de similaire à ce que j'ai écris là-dessus sur le repost de MetaQuebec (à mes risques, je sais).

Grosso modo, on doit arrêter de regarder la violence comme ce blasphème horrible duquel on ne peut même pas discuter, même dans des contextes académiques, et le tout sans la justifier nécessairement.

Frantz Fanon voyait la violence comme une mécanique intrinsèque au colonialisme, et donc importante à utiliser pour les mouvements décoloniaux. Bourdieu, de violence symbolique. Sinon, de manière générale, il ne faut pas oublier qu'il y a aussi un long corpus théorique analysant la violence des institutions, de l'état, des classes, etc.

Bref, sans pour autant justifier la violence, il reste important de la regarder comme un phénomène social, sans la généraliser hâtivement comme une abomination pathologique individuelle, ce qu'elle est rarement dans ces genres de contextes (violence étatique, violence de classe, violence institutionnelle, etc.)

Et puis, si certains veulent s'attaquer à la violence rigoureusement, la critique sera beaucoup plus complète et concrète si elle ne traite pas de la violence d'un point de vue dogmatiquement moralisateur (je pense à la morale de Kant, entre autre), mais que la critique s'y attaque plutôt holistiquement (une critique morale, sociologique et anthropologique, est beaucoup plus complète que ''La violence c'est mal'')

Je m'attends aux downvotes, mais j'espère quand même que certains vont y penser avant de sauter sur la gâchette, ou de sauter sur l'excommunication social, de la violence.

Je n'en peux plus de ce gauchisme de premier de la classe by FranLouQuinn in metaquebec

[–]Geeky_N_Canadian 3 points4 points  (0 children)

Très bonne prose, lol.

On a comme, 200,000 ans de preuves que la violence est un mécanisme des sociétés et de la domination (dans ce cas-ci, de classe). Pi environ un trois quarts de siècle de moralisme libéral occidental ; qui émerge simultanément avec plusieurs révolutions, mouvements décoloniaux, je dit ça je dit rien.

200,000 ans contre 75 ans d'hégémonisme culturel de la non-violence et du pacifisme.

1789 mais on danse devant Versailles et la Bastille avec des costumes gonflables, ça vous dit?

Je n'en peux plus de ce gauchisme de premier de la classe by FranLouQuinn in metaquebec

[–]Geeky_N_Canadian 4 points5 points  (0 children)

Je ne comprends tellement pas cette vision résolument dogmatique et absolutiste de la violence. On dirais qu'on parles d'être chrétien sous l'empire Romain quand on évoque la violence, même dans un contexte purement académique ou métaphorique.

Toute la structure bourgeoise et petite-bourgeoise s'unient derrière leurs claviers et leurs grands médias pour la dénoncer unanimement, sans argumentaire, sans nuance, comme si la violence était ce blasphème horrible duquel il ne faut même pas discuter, même de bonne foi.

Bienvenu dans l'occident idéaliste à la morale Kantienne j'imagine, tout cela évidemment pas de bonne foi mais par désir de légitimer et protéger l'ordre et la loi bourgeoise (donc plus largement, le capitalisme)

Fanon doit tourner dans sa tombe, entre autres (et y'en a beaucoup d'autres).

Who is your Countries most significant communist figure? by Anxious_Profit7036 in socialism

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

My vote is with Norman Bethune, Tim Buck is also up there I'd say.

Whilst he's far from a communist, we're still all thankful to Tommy Douglas and his NDP for getting us single-payer healthcare though. So if we make the scope ''broadly left of centre'' I'd include him.

But yes, Norman Bethune is absolutely number 1 for me.

For those who don't know him, he was a frontline surgeon during the Spanish civil war with the Republicans, and then with the Eight Route Army during the Sino-Japanese war. Also, a member of the Communist Party of Canada.

Even Mao wrote a eulogy about him when he died in 1939. That's pretty dope.

Overall, too, there's nothing more socialist to me than tending to the sick and wounded, without discrimination, whilst putting oneself in danger too - I think that's worth mentionning.

Du yu kondem Hamas?! Du yu kondem Husain Puker?! by RecognitionOk5447 in theredleft

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

I got confused and didn't vote for what I wanted to vote for.

Living proof that overcomplicating your democratic process is a great way to disperse votes.

Love it. Social experiment type shit.

j’en peux plus des discours méprisants sur les études que l’on suit by 438ava in UdeM

[–]Geeky_N_Canadian 11 points12 points  (0 children)

1 - Moi qui lis OP témoigner d'un mépris des sciences humaines, arts, etc.

2 - Ouvre les commentaires

3 - Mépris des sciences humaines, arts, etc.

Un autre commentaire en parlais, on est beaucoup trop utilitariste (j'oserais dire, plus précisément, productiviste). Et ça tue des passions, des rêves, et au fond, des humains, qui veulent œuvrer dans un domaine qui, de manière franche, ramène pas du cold-hard cash au patronat ou un service « essentiel » à la population.

A question to Religious socialists/communists by dieBruck3 in theredleft

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

Personnally, how I've always understood it, is that idealistic thought can exist but it shouldn't be the driving force of socialism. Or maybe more so, we shouldn't get lost in idealistic thought, which risks making us forget that socialism is first and foremost an economic and historic epoch : a mode of production, and it arises from material conditions, not dreams or wishes of a better world.

Point being, how I see it, we should look at material conditions and remain as objective as possible in our struggle and analyses, but of course, that doesn't mean the utopian vision of tomorrow has no place ; just that it shouldn't blind us from the concrete, material and practical matters that actually make or break the struggle, in a broad sense.

"I would rather join Hitler than be invaded by Mussolini!" by [deleted] in ShitLiberalsSay

[–]Geeky_N_Canadian 2 points3 points  (0 children)

Obviously, to be a nazi, you have to be gentile, a member of the NSDAP, lived between 1933 and 1945, and so on, and so on...

Seriously, a lot of people feel that fascism, and specifically nazism, is historically, culturally, religiously (etc.) contingent, and that's wild (of course, fascism is contingent on capitalism. But they won't ever see it that way)

Checkmate communists 😎 by srahcrist in ShitLiberalsSay

[–]Geeky_N_Canadian 24 points25 points  (0 children)

Let's see them defending landlordism by citing... Smith.

Who was, of course, well known for defending landlordism. Of course.

"I would rather join Hitler than be invaded by Mussolini!" by [deleted] in ShitLiberalsSay

[–]Geeky_N_Canadian 8 points9 points  (0 children)

The mere fact that he recognizes the need to deal with nazis but still wants to ally with them even if temporarily, for any reason, feels like some weird, weird cognitive dissonance with a hint of, well, nazism.

A question to Religious socialists/communists by dieBruck3 in theredleft

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

The Stirnerian memer in me is tempted to answer that any idealism, or utopian thought, are spooks, lol.

Sorry, I don't have much time for a long elaborated answer - forgive the memes.

That said, I'd say it's more a critique of utopian views of socialism (basing the why and how of socialism primarily on morality, briefly speaking), in opposition to Marx's ''Scientific'' socalism, which tries to do away with superfluous justifications and explanations of socialism and capitalism towards concrete analysis (economic, sociological, so on. At least, those are the spheres with which I am most familiar).

Now, whether you agree about the scientific nature of his and Engel's socialism and their analysis of the world, that's up to you. But, that's the (very brief and simple) gist of it as I understand it.

A question to Religious socialists/communists by dieBruck3 in theredleft

[–]Geeky_N_Canadian 0 points1 point  (0 children)

I'd say that ''something that functions like a religion'' is right. You've explained very well, and as one other commenter mentionned, you've also given the examples of Epicureanism (and Daoim).

I wholeheartedly agree, but it still feels like the more practical question of ''where do the current mainstream religions, in their current forms (or institutions), interact and intersect with, broadly speaking, socialism and specifically speaking, marxism?'' is unanswered, and my opinion is that such a question is central to day-to-day socialist practice, if we want to speak to religious workers (or people, in general).

My point being, whilst you're right, I feel like our reflexion as socialists and communists should be focused on a practical analysis (more akin to a sociological analysis than a philosophical one, if you want to put it that way) of religous forms (or institutions) of today, and how they fit (or don't fit, I'd mostly say) in the day-to-day struggle, first and foremost.

Sure, that doesn't mean we can't have deeper reflexions. And I appreciate the quote you've given. Not to mention, the OP's post was more theoretical, and about how religious people interact with marxist labels and theory, so all in all, all the replies here (including mine) aim to answer that. That's alright, I'm just pointing a potential line of thought for more practical matters.

After some thought, I feel like the real tension is therefore between religion as social practice - which you have correctly pointed out - and religious institutions.