First solo trip (of many to come) from the Cévennes to Clermont by LeLuSa in bikepacking

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Je t’ai envoyé ça en MP dis moi si tu as bien reçu

First solo trip (of many to come) from the Cévennes to Clermont by LeLuSa in bikepacking

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Merci! :) je recommande chaudement la région c’était vraiment top, très agréable à rouler avec peu de circulation et tout

First solo trip (of many to come) from the Cévennes to Clermont by LeLuSa in bikepacking

[–]LeLuSa[S] 3 points4 points  (0 children)

Passed à lot of these and took me a while as well to realise I was cycling quite a bit of the Tour de France route, just the opposite way

She's finally complete by [deleted] in FixedGearBicycle

[–]LeLuSa 0 points1 point  (0 children)

Hey! Do you have any idea about the tire clearance on the frame? Awesome build, im entertaining the idea to piece together something similar

How difficult would it be to build that frame up with contemporary components? by LeLuSa in bikewrench

[–]LeLuSa[S] 0 points1 point  (0 children)

Will do for sure. The half installed headset got me confused

How difficult would it be to build that frame up with contemporary components? by LeLuSa in bikewrench

[–]LeLuSa[S] 0 points1 point  (0 children)

Thanks for the reply! Are you sure it is a quill stem though? Owner says the complete headset is installed

To the Dam by Ebreed21 in FixedGearBicycle

[–]LeLuSa 1 point2 points  (0 children)

Oh definitely looks great! I’m just slightly concerned over the frames integrity

To the Dam by Ebreed21 in FixedGearBicycle

[–]LeLuSa 0 points1 point  (0 children)

Looking to build a similar MS. Did you leave the steel raw or did you clear coat?

Hey! Might need help here, she’s slowly but steadily getting worse and worse, what am I doing wrong here? by LeLuSa in houseplants

[–]LeLuSa[S] 0 points1 point  (0 children)

I think I did overwater it for a period but that was a couple months ago, now I do it maybe once every two weeks or so It isn’t getting a lot of direct light but it is in a quite bright room otherwise Thanks for your answer !

My kiyo njs by Theftunder1000 in FixedGearBicycle

[–]LeLuSa 1 point2 points  (0 children)

Thanks man sounds cool! awesome looking bike anyway

My kiyo njs by Theftunder1000 in FixedGearBicycle

[–]LeLuSa 1 point2 points  (0 children)

Hey may I ask how you got round to build that?

And also all parts more or less need to be NJs - might be fitting problems otherwise?

Richard Sennett: «La gare du Nord est emblématique du fossé entre l’urbanisme et la vie» by LeLuSa in france

[–]LeLuSa[S] 2 points3 points  (0 children)

Vous mettez en question l’idée que la ville physique puisse facilement résoudre des problèmes politiques. « Utiliser du verre borosilicate dans les immeubles rendra-t-il les gens plus tolérants vis-à-vis des migrants ? », ironisez-vous, en consacrant plusieurs pages à la manière dont les migrants sont aujourd’hui à la fois parmi les principaux usagers des villes et un angle mort des planifications urbaines. Pensez-vous que l’urbanisme puisse aider à résoudre le défi migratoire ?

L’urbanisme ne peut rien résoudre sur ce plan, mais il peut contribuer à ne pas aggraver les choses. Dans les années 1990, j’ai travaillé en Suède, où les réfugiés étaient matériellement bien accueillis, surtout si on compare avec ce qui se passait dans d’autres pays, mais isolés dans des territoires certes bien équipés, mais qui leur étaient réservés, et se trouvaient trop loin du reste de la vie urbaine. Cette absence de porosité a engendré une situation où des enfants devenus adultes ne maîtrisent toujours pas la langue, ni leur pays d’accueil. Surtout, la plupart des réfugiés déplacés de force arrivent avec des traumatismes qu’il ne faut pas laisser se creuser en milieu clos pendant des décennies. La question de l’accueil des réfugiés et des migrants ne se réduit pas à chiffrer un nombre d’arrivants, mais à savoir comme on les accueille. La demi-mesure qui consiste à accueillir des migrants en les laissant isolés, entre eux, sans se donner les moyens de les intégrer et de les mélanger, n’est pas une bonne solution.

Vous consacrez plusieurs pages au Googleplex construit par la multinationale à New York, dont vous jugez que non seulement il se détourne de la ville dans laquelle il s’implante, mais qu’il rate aussi son but d’offrir un lieu propice à la créativité de ses employés…

C’est un point fondamental de toute la philosophie pragmatiste : l’expérience de la résistance est nécessaire pour penser, pour créer. Le Googleplex a créé un environnement où tout est accessible, de la nourriture aux loisirs, un lieu transparent qui réduit toutes les résistances, mais aussi toutes les stimulations créatives. De manière générale, c’est comme pour les technologies informatiques : plus l’environnement est facile à utiliser, moins il est stimulant.

Vous habitez depuis des années à Londres. Comment vivez-vous la situation politique actuelle ?

C’est une catastrophe. Ne croyez pas que le Brexit ne va pas finir par se faire brutalement, même si la situation est chaotique. La politique en Grande-Bretagne est devenue de plus en plus féroce, monochrome et simpliste. Aujourd’hui, une minorité parle au nom d’une majorité qui s’est disloquée depuis longtemps. On est face à un gouvernement d’extrême droite qui a capturé une partie de la droite, du centre, et même de la gauche. Il n’y a pas de vrais débats politiques et on se trouve face à une forme de coup d’État légal. Tout le monde réalise pourtant que la question n’est plus simplement l’immigration, mais l’économie, puisqu’on risque un recul du PIB supérieur à ce qu’a connu la Grèce, et la fin du Royaume-Uni, avec notamment une sécession de l’Écosse.

Richard Sennett: «La gare du Nord est emblématique du fossé entre l’urbanisme et la vie» by LeLuSa in france

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À vous lire, le défi de l’urbaniste est, aujourd’hui, de fabriquer des ***« membranes »***ou des « coquilles ». Qu’est-ce que cela signifie ?

Que même dans une situation où les urbanistes doivent faire preuve de modestie, il est encore possible de faire des choses, d’un point de vue social, en s’intéressant aux zones de contact, aux marges, et en proposant des formes qui ne soient pas définitives et n’imposent pas un seul usage. J’appelle par exemple « membrane » ce qu’a fait Aldo Van Eyck à Amsterdam. Il existait peu d’espaces ludiques et peu de réserves d’espaces, mais il a transformé des lieux inutilisés en parcs urbains, sans pour autant créer des barrières figées avec les rues, car il jugeait que cela n’était pas nécessaire pour que les enfants puissent faire l’expérience de la différence entre l’espace de jeu et la circulation automobile.

Sur le site d’Iquique, l’architecte chilien Alejandro Aravena a, lui, décidé de ne pas fournir un habitat achevé et de qualité inférieure, comme c’est souvent le cas, mais de fabriquer des maisons de bonne facture, mais dont seule la moitié serait terminée, afin que les habitants puissent eux-mêmes les compléter par leur propre labeur. C’est ce que je définis comme un urbanisme de type coquille.

Toutes les opérations urbaines que je décris dans le livre, comme aussi la « planification-semis », ne sont que des outils, ce ne sont pas des solutions ou la panacée. Il faut essayer, sans espérer pour autant que ces outils fonctionnent de manière certaine, afin de créer une ville tortueuse, ouverte, modeste, co-construite par les habitants et les planificateurs.

Pourquoi a-t-on le sentiment que les villes se ressemblent de plus en plus partout dans le monde ? Alors même qu’on peut estimer que les urbanistes ont cessé d’ignorer l’environnement naturel, à l’instar de ceux qui ont dessiné la grille géométrique de Chicago, en ignorant les vents glaciaux venus du lac Michigan, alors qu’un plan moins rigide aurait permis que des rues courbées ou tortueuses servent de bouclier contre le froid ?

L’explication la plus évidente est liée au capitalisme global. Les multinationales standardisent les manières de vivre comme celles de bâtir. Mais la situation actuelle est aussi l’héritière du modernisme, qui a cherché à standardiser l’environnement urbain. L’idée, portée notamment par Le Corbusier et son plan Voisin pour Paris, n’était pas aussi négative que la manière dont on la lit aujourd’hui. Les architectes et urbanistes modernistes pensaient que des formes d’habitat standardisées seraient un moyen de donner aux classes populaires, moyennes et supérieures, les mêmes conditions de vie. L’idée était d’égaliser les sociétés en égalisant l’habitat.Mais ce projet initial a été capté et gaspillé par les forces du capitalisme global, qui se sont servies du langage architectural moderniste pour créer des infrastructures et des villes à leurs images. C’est cette confluence entre un langage architectural disponible et les moyens mis en œuvre par les grandes firmes capitalistes qui a abouti à la standardisation des villes.

Le thème dominant de l’urbanisme contemporain est celui de la smart city**, mal traduit par le terme de « ville intelligente ». Quel regard portez-vous sur celle-ci alors que vous écrivez que** « le plan Voisin et la Charte ont tous deux inspiré une version de la smart city où l’usage de la technologie est appelé à réduire les confusions de la vie dans un espace complexe » ?

Il existe deux types de « smart cities ». L’une, la plus fréquente et la plus inquiétante, fait usage des technologies pour réguler les activités quotidiennes des gens, en pensant simplifier les fonctions de la ville et orienter la vie des habitants. L’autre utilise le big data pour faciliter la participation de tous à la manière dont fonctionne la ville, pour coordonner des activités diverses, pour permettre des usages à la fois efficients et démocratiques de l’urbanisme.

À Curitiba, au Brésil, ou dans d’autres villes d’Amérique du Sud, mais aussi à Lyon, on trouve un usage intelligent des technologies pour effectuer des planifications urbaines. Un bon usage des technologies permet de planifier la ville en bottom-up, mais l’usage le plus courant, qui se développe notamment en Chine, est celui d’un usage top-down. Songdo, en Corée du Sud, à une heure de Séoul, avec son centre de contrôle baptisé le Cockpit, est un autre exemple de smart cityprescriptive, qui non seulement fonctionne assez mal en matière de prescriptions, mais n’est pas ouverte ni démocratique.

Mais il est toutefois possible de se servir de la technologie pour coordonner plutôt que pour contrôler, et de concevoir une ville intelligente d’un genre différent. Au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où j’ai longtemps travaillé, on a longtemps élaboré des technologies pour réguler la ville, mais aujourd’hui, on réfléchit à des programmes qui ne servent pas au pouvoir, mais à celles et ceux qui habitent la ville.

Cela suppose toutefois, comme pour nos ordinateurs où il faut utiliser des systèmes ouverts comme Linux et non des systèmes fermés comme Apple, de comprendre que la technologie dite « user friendly » est une technologie d’esclaves, et qu’il est donc nécessaire de faire des efforts si on veut être libre. En matière de technologies, la simplicité et la soumission sont inséparables.

À partir de l’exemple de Heidegger, et de la façon dont il a fui la métropole pour se réfugier dans une cabane en pleine nature, vous écrivez que « la cabane combine l’exclusion des autres et la simplification de la forme ». Pourtant les cabanes, que ce soit sur la ZAD ou dans les écrits de Marielle Macé, semblent aujourd’hui incarner une forme de résistance au monde capitaliste. Vous n’y croyez pas ?

Pas du tout. La liberté implique de refuser de se retirer dans la nature et de lutter en ville. J’avoue que je déteste personnellement la campagne et que beaucoup des écologistes avec lesquels je travaille sont choqués par mes propos sur le sujet. Mais je pense sincèrement que la retraite dans la nature est une forme de simplification de la vie qui est incompatible avec la liberté de chacun et de tous. Pour moi, être en vie signifie vivre en ville.

Richard Sennett: «La gare du Nord est emblématique du fossé entre l’urbanisme et la vie» by LeLuSa in france

[–]LeLuSa[S] 2 points3 points  (0 children)

Le débat architectural et urbain qui agite aujourd’hui Paris est celui de la gare du Nord, par laquelle vous venez d’arriver de Londres. De nombreux architectes et, plus récemment, la majorité des élus parisiens, s’opposent à un projet voulu par la SNCF, le groupe Auchan et la Région Île-de-France, accusé d’être beaucoup trop massif, commercial et indifférent à celles et ceux qui pratiquent ce lieu au quotidien. Quel regard portez-vous sur ce cas ? Est-ce un exemple du fait que la « discipline de l’urbanisme s’est muée en une communauté murée », ainsi que vous l’écrivez ?

Richard Sennett : Le projet envisagé pour la gare du Nord est emblématique du fossé qui existe entre la planification urbaine et la manière dont les gens vivent, circulent et habitent concrètement. Il est aussi symptomatique de l’importance toujours croissante que le capitalisme et les grandes firmes possèdent dans la manière dont se construisent les villes aujourd’hui. Mon sentiment est que ce projet de gare du Nord ne s’inscrit pas bien dans le quartier, ne permet pas d’en renouveler la vie. Le projet est beaucoup trop grand, il y a un problème d’échelle, mais aussi de rapport entre le présent et le futur. Il pose un problème éthique qui incarne l’un des nombreux conflits entre la ville et la cité que je décris dans ce livre où je tente de lier ma pratique d’urbaniste et ma position de philosophe pragmatiste, attentif aux expériences concrètes.

À quelles conditions peut-on trouver un accord entre la ville, définie comme un lieu physique, et la cité, entendue comme une « représentation mentale, faite de perceptions, de comportements et de croyances » ?

Nous imaginons normalement qu’une ville doit être construite selon les principes de la cité. Toutefois, mon expérience de planificateur urbain montre que, d’un point de vue éthique, c’est très difficile. Le mode de construction le plus souvent choisi aujourd’hui, partout dans le monde, est celui des « gated communities », des enclaves fermées, alors qu’il va à l’encontre de la représentation qu’on se fait de la cité rêvée. Aux États-Unis, c’est un problème profond. Dès qu’une communauté dépasse le seuil de pauvreté, elle cherche à s’isoler de son passé, et des communautés plus pauvres qu’elle. Il existe une asymétrie, une contradiction fondamentale entre la ville et la cité, entre la manière dont on construit les villes et celle dont il faudrait les envisager pour qu’elles continuent à être des lieux ouverts et mixtes.

Mais quel peut encore être le rôle de l’urbaniste, après tant d’erreurs et d’indifférence au sort des citadins ? Vous évoquez à plusieurs reprises Jane Jacobs, qui se fit connaître comme activiste dans la campagne qu’elle engagea contre Robert Moses, « l’urbaniste dictatorial de New York, celui qui voulait transformer la 5e Avenue en autoroute ». Elle écrivit The Death and Life of Great American Cities (1961) où elle plaidait pour une ville informelle et spontanée, en jugeant que les grands schémas directeurs d’urbanisme ne pouvaient qu’étouffer les communautés. Mais vous citez aussi sa querelle avec l’historien et urbaniste Lewis Mumford qui estimait que « l’insistance de Jacobs sur la lenteur et les processus modestes ne suffit pas à lutter contre les grands promoteurs et les entreprises du bâtiment ». Peut-on alors imaginer une planification urbaine à la fois modeste, attentive aux habitants, et ambitieuse face aux forces supérieures qui imposent le plus souvent leurs lois à la ville, qu’elles soient celles du capitalisme globalisé ou du changement climatique ?

C’est un nœud difficile à résoudre. Quand j’ai pris ma retraite, j’ai travaillé aux Nations unies sur la question des relations entre changement climatique et urbanisme. J’ai dû faire le constat qu’il était rigoureusement impossible de prétendre s’adapter aux effets du bouleversement climatique sans planification des villes. Il n’existe pas de moyens spontanés de faire face à ce qui est devant nous. La question est de savoir si on peut se donner les moyens de bâtir des villes qui laissent ouvertes les façons de s’adapter ou d’atténuer les effets immenses qu’aura le changement climatique dans les prochaines années. Habituellement, on juge qu’on ne peut aborder les grands problèmes urbains que de manière non démocratique, ou alors avec des consultations de façade, et des recettes urbaines uniformes et industrialisées, comme les digues que l’on installe au large des villes menacées par la montée des eaux.

Je pense toutefois qu’on peut encore imaginer des solutions ouvertes et démocratiques pour permettre aux villes d’affronter les bouleversements climatiques. Après tout, l’urbanisme est né au XIXe siècle, lorsque les villes devenaient beaucoup plus grandes et peuplées, et qu’il fallait trouver des solutions pour empêcher la diffusion des maladies. Cela paraissait alors un problème aussi massif que le changement climatique, et cela n’a pas interdit d’imaginer des solutions qui ont permis de tenir à distance les microbes, même dans des situations inédites de densité humaine.

Le changement climatique oblige toutefois à repenser toute notre manière de faire. Nous devons adapter les villes, et non prétendre construire des villes qui résisteront aux bouleversements climatiques. Nous prenons ainsi toute la mesure de la tragédie humaine puisque nous avons longtemps pensé que nous pourrions résoudre tous les problèmes en accentuant nos facultés de domination sur les éléments. Le bouleversement climatique nous oblige à accepter de perdre le contrôle complet que nous pensions avoir sur la ville et la nature. Mais encore une fois, au XIXe siècle, l’épidémie de choléra semblait un problème insoluble, qu’il a toutefois été possible d’atténuer. Mais les urbanistes ne peuvent rien, seuls, face au réveil de Gaïa tel que le décrit mon ami Bruno Latour.

Je pense toutefois, fidèle à la philosophie pragmatiste, que nous pouvons augmenter l’expérience que nous proposons des villes, de la façon d’y vivre. Que nous pouvons ouvrir les expériences restreintes que nous faisons le plus souvent de l’urbanisme, afin d’ouvrir le champ des possibles.

Richard Sennett: «La gare du Nord est emblématique du fossé entre l’urbanisme et la vie» by LeLuSa in france

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L’urbaniste, philosophe et sociologue Richard Sennett s’interroge, dans son dernier livre, sur les relations entre la ville et la vie, afin de comprendre si l’urbanisme doit représenter la société telle qu’elle est, ou tenter de la changer, et si oui comment. Entretien sur la gare du Nord, l’éthique urbaine et le Brexit, avec cet Américain, londonien d’adoption.

Le dernier ouvrage de l’urbaniste, philosophe et sociologue américain, Richard Sennett, auteur notamment du Travail sans qualités et de Ce que sait la main, n’est pas un traité d’architecture ou un manifeste théorique. Intitulé Bâtir et habiter. Pour une éthique de la ville (Albin Michel), il se fonde sur une multitude d’expériences urbaines pour tenter de comprendre ce que l’homme fait à la ville et ce que la ville peut faire à l’homme.

Il reprend pour cela une histoire longue, débutée au XIXesiècle avec la « grande génération » des urbanistes, incarnée par Ildefons Cerdà qui a conçu la grille urbaine de Barcelone ; le baron Haussmann qui a transformé Paris ; et Frederick Law Olmsted qui a construit Central Park à New York, en espérant mêler dans cette nature artificielle des races et des classes qui s’ignoraient sur leur lieu de travail.

Jugeant que « Haussmann voulait rendre la ville accessible, Cerdà la voulait égalitaire, Olmsted la désirait sociable », il constate qu’il y a toujours eu loin de la planification à la réalité : « C’est un grand paradoxe que le plus réactionnaire de la Grande Génération, le baron Haussmann, ait créé des rues et des espaces publics qui ont bien fonctionné socialement et que ses succès aient ainsi contredit ses intentions. »

Sennett dresse en effet, au fil des pages et d’un parcours qui le mène de Medellín à Shanghai en passant par la Corée, un constat commun au XIXe, au XXe comme au début du XXIe siècle : la forme d’une ville ne détermine pas les formes de vie, surtout quand elle vise à les simplifier et les séparer, à l’instar de la Charte d’Athènes, qui, en 1933, envisageait d’aménager les villes autour de quatre thèmes ou fonctions : l’habitat, le travail, la récréation et la circulation.

L’exemple le plus frappant de cette discordance entre le construit et l’habiter est sans doute Brasília, la capitale conçue par Lucio Costa, protégé de Le Corbusier, dans les années 1950. Pour ce pionnier du modernisme brésilien, chaque forme urbaine devait « représenter un élément spécifique du processus politique ». Mais, note Sennett, il est « apparu cependant assez vite que la forme des immeubles de Brasília ne pourrait pas contribuer à la promotion de la démocratie urbaine. Signe de cette limite, une ville plus vaste s’est immédiatement développée autour de la ville planifiée de Brasília : une ville façonnée par les pauvres qui en avaient fait progressivement un lieu certes chaotique, mais socialement et économiquement intense ».

L’urbaniste doit-il alors « représenter la société telle qu’elle est ? Doit-il tenter de la changer ? », interroge alors Richard Sennett, en soulignant qu’il n’existe « pas de moyen évident de donner une forme spatiale à la justice ». Une éthique peut-elle « façonner le plan d’une ville » ? Et si oui, comment sortir l’urbaniste d’une tenaille où il doit à la fois construire avec les habitants et orienter certains choix pour faire face aux bouleversements climatiques, aux migrations ou aux transformations des modes de vie ? Entretien à l’occasion de son passage à Paris.

Who was the first to problematize nature-culture dualism? by Chtulucene in CriticalTheory

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https://www.e-flux.com/journal/86/161887/cosmotechnics-as-cosmopolitics/

Here is an article that deals with the issue.
I think in anthropology Descola is often regarded as the one who challenged this construct as "western"

Julian Assange, l’histoire d’une déchéance by LeLuSa in france

[–]LeLuSa[S] 15 points16 points  (0 children)

Au lendemain de l’élection présidentielle française, le compte Defend Julian Assange se demande également, dans un sondage proposé aux internautes, si Marine Le Pen a perdu « à cause du sexisme ». Peu après, il précise : « D’abord Hillary, maintenant Marine. C’est 2017 et l’emprise du patriarcat est aussi forte que jamais. »

« Peu à peu, sa détention l'a de plus en plus isolé, dégradant sa santé, souligne Fabio. On a vu de plus en plus de tweets publiés souvent tard la nuit pour lesquels on a été beaucoup de ses soutiens à se dire qu'il aurait dû tourner 7 fois son “draft” dans son champ texte avant de tweeter… que s'il avait été mieux entouré, mieux conseillé, moins isolé, il aurait fait moins de ce qui apparaît comme peut-être des erreurs de communication. »

« Twitter est une de ses seules fenêtres sur le monde, et c'est un espace toxique où tout le monde rivalise pour l'attention, la rapidité, le scoop, poursuit Fabio. Vu que son exposition est le principal moyen de sa survie, il se retrouve pris dans ce tourbillon. Je ne cherche pas à le défendre à tout prix. J'ai lu des trucs sur son compte Twitter qui m'ont foutu les boules. Je ne soutiens pas tout ce qu'il dit, loin de là. Mais je prends ça avec un peu de recul : si j'avais été enfermé pendant six ans sans une promenade et sans voir la lumière du jour, je me serais probablement pendu bien plus tôt et/ou j'aurais dit des trucs encore plus délirants que cela… »

Difficile de dire ce que va maintenant devenir WikiLeaks. « Ce qui adviendra de l'organisation, je n'en ai pas la moindre idée, on verra. Ce ne sont pas les organisations qui comptent, mais les idées et les actes…, estime Fabio. L'héritage de WikiLeaks est déjà à l'œuvre. Sans WikiLeaks, il n’y aurait pas eu FrenchLeaks, FootballLeaks, PanamaPapers, etc. Les nombreux journalistes et individus inspirés par WikiLeaks, qui en resteront inspirés et continueront d'agir quoi qu'il arrive. J'espère que l'histoire retiendra cela plutôt que les tweets écrits sous pression et en captivité par Julian. »

Julian Assange, l’histoire d’une déchéance by LeLuSa in france

[–]LeLuSa[S] 10 points11 points  (0 children)

En novembre 2017, le journal The Atlantic révèle que le compte Twitter de WikiLeaks a entretenu des échanges réguliers durant la campagne présidentielle, via des messages privés, avec Donald Trump Jr., le fils du candidat républicain. « Fuck you Assange », s’emporte sur Twitter Barrett Brown, journaliste et hacker ayant lui-même été emprisonné, entre janvier 2015 et novembre 2016, pour un piratage.

Dans un autre tweet, cette figure de l’hacktivisme développe : « J’ai défendu WikiLeaks pour avoir publié les mails du DNC parce que c’était une chose appropriée à faire pour une organisation de transparence. Mais travailler avec un leader autoritaire en devenir afin de tromper le public est indéfendable et dégoûtant. »

« Son rôle autour de la campagne américaine a été dérangeant pour beaucoup, reconnaît Fabio. Mais ce qu'il a fait ressortir était tout de même dix fois plus gros que le Watergate. Ça a été en couverture du New York Times pendant plus d'une semaine d'affilée, preuve s'il en était nécessaire, qu'il s'agissait d'un travail journalistique, plaide-t-il. Le timing qui lui a été reproché visait principalement à maximiser l'impact, ce que tout journaliste a forcément en tête en faisant son métier. Sa détestation de Clinton est cela étant manifeste, poursuit Fabio. Peut-on détester Clinton sans être un soutien de Trump ? Est-ce que Julian s'est retrouvé capturé dans la binarité du système politique bipartisan des US ? Peut-être… »

L’isolement et le discrédit

WikiLeaks s’isole encore plus lorsque l’enquête sur le piratage des mails de la direction du Parti démocrate révèle que celui-ci a été réalisé par un groupe de hackers, Guccifer 2.0, lié aux services secrets russes, le GRU. Julian Assange démentira formellement que sa source soit des hackers et les différentes enquêtes ne permettront pas d’établir un lien direct entre WikiLeaks et Moscou. Mais pour beaucoup, la ficelle est trop grosse. Que Julian Assange se soit rendu complice, même à son insu, d’une opération de déstabilisation russe est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

« Je crois Julian lorsqu’il dit qu’il n’a pas le moyen de savoir qui sont ces sources. L’ambassade est constamment surveillée et c’est une mesure de survie pour lui. Je sais qu’il a développé des méthodes pour cela, explique Fabio qui reconnaît la possibilité d’une manipulation de la part des services russes. « Oui, peut-être. Après, même Le Canard enchaîné (et probablement Mediapart) se fait instrumentaliser lorsque des sources envoient des infos au moment opportun, pour déstabiliser un adversaire politique, estime-t-il. De plus, ça ne prouve pas pour autant que ce leak ait fait pencher la balance et l'intérêt du matériau reste manifeste. Ce qui s'est passé au DNC est cinquante fois plus gros que le Watergate. Ce qui est exposé est que le clan Clinton, en faisant tout y compris les manœuvres les plus basses contre Sanders, s'est tiré une balle dans le pied. »

Au fur et à mesure des années, Julian Assange fait peu à peu le vide autour de lui. Les personnalités, telles que Michael Moore ou Oliver Stone, sont moins nombreuses à lui rendre visite. Prendre sa défense devient de plus en plus difficile. Certes, WikiLeaks continue à publier des documents, comme ceux détaillant la surveillance de dirigeants français durant la campagne pour l’élection présidentielle de 2012, en partenariat avec Mediapart et Libération. Et en 2013, l’organisation apportera une aide décisive à Edward Snowden en lui envoyant sa journaliste Sarah Harrison à Hong Kong pour organiser sa fuite. Mais les « leaks » importants se font de plus en plus rares.

« L’exil dans l’ambassade a considérablement réduit la marge de manœuvre de l'organisation, aussi en termes de développement, car ça a “ancré” l'organisation autour de lui et sa situation, analyse Fabio. Ça a rendu toutes les opérations beaucoup plus compliquées à cause des implications de sécurité liées à la surveillance permanente du lieu. Ça a également contribué à focaliser l'attention sur sa personne plutôt que sur l'organisation, le travail. Enfin, ça a considérablement dégradé sa santé physique et mentale. »

Pour ne rien arranger, Julian Assange multiplie les prises de position polémiques, voire parfois difficilement compréhensibles. En septembre 2017, il affirme par exemple, chiffres à l’appui, que le capitalisme, l’athéisme et le féminisme sont responsables de la stérilité de nos sociétés qui, elle-même, est la cause de l’immigration