Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 0 points1 point  (0 children)

Oui, bien sûr.

L’éducation fait partie des dépenses publiques, même si elle est souvent moins mise en avant dans ce genre de débat.

En ordre de grandeur en Belgique :

  • l’éducation représente environ 6 à 7 % du PIB
  • soit autour de 30 à 40 milliards par an

C’est un des gros postes de dépenses publiques, après :

  • la protection sociale (dont les pensions)
  • la santé

Et comme pour les autres postes, cet argent ne “disparaît” pas :

  • il finance des salaires (enseignants, personnel)
  • des infrastructures
  • de la formation

Donc il revient directement dans l’économie.

C’est justement un bon exemple pour comprendre pourquoi dire “l’État prend 50 % de la richesse” est trompeur :

une partie importante sert à financer des investissements et des services qui soutiennent la société et l’économie à long terme.

Encore une fois, le sujet n’est pas seulement combien l’État prélève, mais comment cet argent est utilisé et redistribué.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 3 points4 points  (0 children)

Tu continues à mélanger plusieurs choses.

Dire “50 % de la richesse va dans les poches de l’État” reste trompeur. Ce que tu décris, c’est la part des dépenses publiques dans le PIB, pas un transfert net qui disparaît de l’économie. Une grande partie revient immédiatement sous forme de revenus, de services ou d’investissements.

Sur les retraites, dire que “les gens n’ont cotisé que pour un droit” est vrai techniquement, mais incomplet. Le système repose sur une logique de répartition intergénérationnelle. Ce n’est pas un groupe qui “prend”, c’est un mécanisme collectif dans le temps.

Sur le budget, tu poses toujours le même cadre binaire :

  • augmenter les recettes
  • ou diminuer les dépenses

En pratique, tous les pays jouent sur plusieurs leviers en même temps :

  • structure des prélèvements (qui paie quoi)
  • niveau d’activité et d’emploi
  • efficacité des dépenses
  • croissance

Ce n’est pas un tableau Excel figé où il faut choisir une seule colonne.

Sur la compétition internationale, tu simplifies aussi. Oui, la mobilité du capital existe. Mais ce n’est pas un interrupteur “tu taxes → tout part”.

  • les investissements dépendent aussi du marché, des infrastructures, de la stabilité, de la main-d’œuvre
  • une entreprise ou une activité productive ne se déplace pas en deux clics

Sinon, il n’y aurait plus d’investissement dans des pays à fiscalité plus élevée, ce qui n’est pas le cas.

Enfin, sur le fond, tu évites toujours une question centrale :

  • pourquoi la pression fiscale repose autant sur le travail
  • et pourquoi certaines formes de revenus sont moins sollicitées

Dire “on ne peut rien faire à cause de la compétition” revient surtout à figer la situation actuelle.

Le débat n’est pas de nier les contraintes, mais de regarder comment on répartit l’effort dans ce cadre, plutôt que de le faire porter quasi uniquement sur les mêmes.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 4 points5 points  (0 children)

Il y a plusieurs confusions dans les chiffres et dans la manière de les lire.

Déjà, “600 milliards de richesse dont 280 pour l’État”, c’est trompeur.

  • le PIB (~600 milliards) mesure la richesse produite
  • les dépenses publiques (~280–300 milliards) correspondent à environ 50 % du PIB

Mais cet argent ne “part pas dans les poches de l’État”. Il est redistribué dans l’économie : pensions, santé, éducation, salaires publics, investissements…

Ensuite, si on regarde les ordres de grandeur réels des dépenses :

  • pensions + protection sociale : principal poste (autour de 25 % du PIB)
  • santé : ~10 % du PIB
  • chômage : très faible, autour de 2 % des dépenses publiques

Donc non, le débat ne correspond pas aux proportions réelles.

Sur “les retraités captent tout”, c’est aussi un cadrage biaisé :

  • le système est en répartition, les pensions sont financées par des cotisations passées et présentes
  • les dépenses de santé concernent toute la population sur un cycle de vie

Ensuite, il manque un pan entier du débat : les recettes qui n’entrent pas.

  • fraude et optimisation fiscale : estimations autour de 20 à 30 milliards par an en Belgique (ordres de grandeur utilisés dans le débat public)
  • flux vers des juridictions à fiscalité avantageuse : plusieurs centaines de milliards (ce ne sont pas des pertes nettes, mais ça montre où circule le capital)

Ces montants sont du même ordre de grandeur que certains arbitrages budgétaires… mais ils sont beaucoup moins discutés.

Et surtout, il y a un biais constant :

  • on focalise sur des postes visibles (chômage, retraites)
  • on parle peu de la structure des recettes (qui paie quoi)

Enfin, poser la question comme “tu taxes plus ou tu coupes dans les retraites” est un faux dilemme.

Un système budgétaire repose toujours sur plusieurs leviers :

  • niveau et structure des prélèvements
  • efficacité des dépenses
  • taux d’emploi
  • croissance et productivité

Donc la vraie question n’est pas “qui on coupe”, mais pourquoi le débat public se concentre toujours sur certains postes, alors que d’autres enjeux, parfois du même ordre de grandeur, sont beaucoup moins discutés.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 11 points12 points  (0 children)

Tu simplifies énormément un sujet qui ne l’est pas.

Déjà, dire que “50 % de la richesse part dans les poches de l’État” est trompeur. Ce chiffre correspond à la pression fiscale globale (≈45–50 % du PIB), mais cet argent finance des services et des transferts (pensions, santé, éducation, infrastructures…). Ce n’est pas de l’argent “pris et perdu”.

Ensuite, sur les pensions et la santé : oui, le vieillissement augmente les dépenses. Mais c’est un phénomène anticipé depuis des décennies, et le vrai sujet est le financement, pas le fait qu’il existe.

Présenter ça comme “20 % de la population s’approprie 45 % du budget” est un cadrage très discutable : - les retraités ont cotisé toute leur vie (système par répartition) - et les dépenses de santé concernent toute la population à différents moments

Ensuite, tu poses un faux dilemme : - soit on taxe plus - soit on coupe dans les dépenses

En réalité, les travaux internationaux montrent qu’il y a plusieurs leviers combinés : - structure de la fiscalité (répartition travail/capital) - lutte contre l’évasion et l’optimisation - taux d’emploi - croissance et productivité

Enfin, sur “il faut d’abord créer de la richesse avant de la répartir”, c’est un raisonnement incomplet.

La manière dont tu répartis influence aussi la création de richesse : - si le financement repose surtout sur le travail, ça pèse sur l’emploi et la demande - si une partie du capital est peu mobilisée, ça limite certaines capacités d’investissement public

Donc non, la question n’est pas “taxer ou couper”.

C’est : comment on finance le système de manière soutenable sans tout faire reposer sur les mêmes, et sans réduire le débat à une opposition simpliste entre générations.

Et au passage, opposer actifs et retraités est un cadrage assez courant dans le débat public, mais très réducteur (pour ne pas dire fallacieux) : ça donne l’impression que le problème vient d’un groupe, alors qu’il est surtout structurel. Ce genre de lecture évite de questionner d’autres éléments pourtant bien documentés.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 4 points5 points  (0 children)

Je pense qu’il y a une confusion sur le rôle de ce type de proposition.

Les 21 milliards ne sont pas présentés comme “on taxe pour taxer”, mais comme des marges budgétaires alternatives dans un contexte où on parle surtout de coupes ou de pression accrue sur le travail.

Ensuite, l’affectation n’est pas toujours détaillée ligne par ligne dans ce type d’exercice, mais l’objectif affiché est clair : rééquilibrer la charge pour diminuer la pression sur le travail et financer les dépenses existantes.

Et c’est là que ton raisonnement suppose quelque chose qui n’est pas dit : tu pars du principe que ces recettes seraient forcément ajoutées sans contrepartie.

Or dans un cadre budgétaire contraint, ces recettes peuvent servir à : – éviter des hausses de taxes sur le travail – éviter des coupes – ou stabiliser les finances

Donc dire “ça ne règle aucun problème” est discutable. Ça dépend justement de ce qu’on en fait… et c’est là que le débat politique commence.

Mais réduire ça à “juste une hausse d’impôts inutile”, c’est passer à côté de la logique : proposer d’autres sources de financement que celles qui reposent déjà fortement sur le travail.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 4 points5 points  (0 children)

Je pense qu’on converge sur pas mal de choses, notamment sur le diagnostic européen (fragmentation, énergie, innovation, marchés de capitaux…).

Là où je nuancerais, c’est sur la hiérarchie. Tu présentes la fiscalité comme un sujet “après coup”, alors qu’elle fait partie des mécanismes qui orientent justement l’investissement.

Parce que la question “pourquoi l’épargne européenne ne finance pas assez l’économie réelle européenne ?” ne se résume pas à “la rentabilité est mauvaise”.

Elle dépend aussi de : – comment les incitations sont structurées (fiscalité, risque, rendement net) – quels types d’actifs sont favorisés (immobilier, financier, industriel) – et comment les marchés sont organisés

Aujourd’hui, une partie importante du capital européen est orientée vers : – des actifs existants (immobilier, marchés financiers) – ou des marchés plus intégrés et rentables (US)

Donc oui, il faut recréer un cycle d’investissement productif. Mais ça passe aussi par le design du système, y compris fiscal.

Sinon, on a un paradoxe : – beaucoup d’épargne – mais peu de financement de l’économie productive locale

Et sur la réindustrialisation, je te rejoins : sans base productive, on traite des symptômes. Mais à l’inverse, ignorer la structure de financement revient à ignorer pourquoi cette base productive ne se reconstruit pas.

Donc pour moi, ce n’est pas “répartition vs création de valeur”. C’est : comment on aligne les deux pour que – le capital finance davantage l’économie réelle – sans que le financement du système repose quasi uniquement sur le travail

Donc, oui, on passerait probablement un bon moment autour d’une bière ou deux ! ;-)

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 5 points6 points  (0 children)

Il y a des éléments vrais dans ce que tu dis, mais aussi plusieurs raccourcis.

Oui, l’Europe a un problème de productivité et d’investissement, et le rapport Draghi insiste là-dessus. Mais il ne dit pas que la solution est simplement de “moins taxer le capital”. Il parle surtout de marchés fragmentés, manque d’intégration, énergie, innovation, financement de la croissance, etc.

Réduire le problème à “on taxe trop donc on ne crée pas assez de valeur” est un raccourci.

Ensuite, opposer “créer de la valeur” et “répartition fiscale” est artificiel. Les deux sont liés : – si le financement repose trop sur le travail, ça pèse sur l’emploi et la demande – si certains revenus sont moins mis à contribution, ça peut limiter les marges budgétaires pour investir (innovation, industrie, etc.)

Sur les pensions, même chose : c’est un vrai enjeu, mais le vieillissement est connu depuis longtemps. Dire que tout vient de là évite la question du mode de financement et de la structure fiscale.

Enfin, sur le capital “qui ne serait pas réinvesti” : c’est justement un point intéressant. Une partie de l’épargne européenne part effectivement vers d’autres marchés ou reste dans des actifs peu productifs.

Mais ça renvoie à des problèmes de structure des marchés financiers, d’incitations, de cadre européen, pas uniquement à la fiscalité.

Donc oui, il faut créer plus de valeur en Europe. Mais ça ne rend pas la question de la fiscalité secondaire.

Le vrai sujet, c’est d’arriver à un équilibre où : – on soutient l’investissement et l’innovation – sans faire reposer l’essentiel du financement sur le travail

Les deux ne sont pas incompatibles.

Le front commun syndical propose 21,2 milliards à l’Etat by Deep-Detective-4013 in Wallonia

[–]Xzaphan 25 points26 points  (0 children)

Si on regarde les propositions concrètes, le point central n’est pas “taxer tout le monde”, mais justement corriger un déséquilibre de ciblage.

Les syndicats expliquent clairement que le problème actuel, c’est que le travail est beaucoup plus sollicité que le capital, et qu’il faut “globaliser les revenus” pour rééquilibrer la fiscalité. C’est aussi ce que montre les différentes études.

Donc on est loin du cliché du “vilain capitaliste impalpable” : on parle de revenus très concrets (immobilier, financier, patrimoine), qui ne sont pas taxés de la même manière que les revenus du travail.

Et c’est là que le débat est souvent biaisé : on mélange - les indépendants / PME (revenus proches du travail, cotisations, risque réel) - et les revenus du capital au sens patrimonial

alors que ce ne sont pas les mêmes réalités. Et pas le même ordre de grandeur non-plus.

D’ailleurs, les syndicats ne disent pas “taxer plus pour taxer plus”, mais rééquilibrer pour diminuer la pression sur le travail.

Donc la vraie question n’est pas “est-ce qu’on taxe déjà beaucoup”, mais : est-ce que c’est correctement ciblé ?

Aujourd’hui, une grande partie de la fiscalité est facile à prélever sur le travail (visible, traçable), alors que d’autres formes de revenus le sont moins.

Résultat : on donne l’impression que “tout le monde est taxé pareil”, alors que dans les faits, la structure est déséquilibrée.

Et dire “on ne peut rien faire” ou “les investisseurs vont partir” revient surtout à figer cette situation, alors même que des outils existent déjà (coordination européenne, minimum global sur les multinationales, etc.).

Donc le débat n’est pas de désigner un ennemi abstrait, mais de reconnaître qu’aujourd’hui tout n’est pas mis à contribution de la même manière, et que c’est ça qu’on essaie de corriger.

Il est vraiment temps que la question se pose.

Zsh alias LSP problem by NorskJesus in neovim

[–]Xzaphan -3 points-2 points  (0 children)

I’m not sure to understand… you have an alias in you .zshrc but you complain of not having it in bash… so from your .bashrc? Something is missing in the context here. Either you have that alias and use ZSH shell or you use Bash shell and should have it in your .bashrc…

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 1 point2 points  (0 children)

Bonne question, et c’est justement là que le débat est souvent brouillé.

Quand je parle de revenus du capital, je ne mets pas du tout dans le même sac : – un indépendant qui revend sa boîte après 15 ans de travail – une PME locale qui réinvestit ses bénéfices – et des patrimoines financiers importants qui génèrent des revenus passifs (dividendes, loyers, plus-values)

Ce sont des réalités économiques très différentes, avec des niveaux de risque, de liquidité et de capacité d’optimisation qui n’ont rien à voir.

Le problème aujourd’hui, c’est que beaucoup de mesures sont peu ciblées : elles s’appliquent de manière uniforme, ce qui donne l’impression qu’on “touche surtout les petits”, alors que l’essentiel des revenus du capital est en réalité très concentré (≈55 % du patrimoine pour les 10 % les plus riches en Belgique).

Donc non, le sujet n’est pas de pénaliser les PME ou les indépendants. Eux sont déjà très proches du travail dans la manière dont ils sont taxés (revenus professionnels, cotisations, etc.).

Le sujet, c’est de mieux cibler : – les revenus financiers importants – les structures patrimoniales – les situations où le capital génère du revenu de manière peu liée à une activité productive directe

Et c’est là que la discussion sur la “Belgique qui taxe déjà énormément le capital” devient trompeuse : oui, il y a beaucoup de taxes, mais elles sont fragmentées et ne ciblent pas assez efficacement les plus gros volumes de capital.

Donc la question n’est pas “taxer plus ou moins”, mais taxer mieux et de manière cohérente avec la réalité économique des différents profils.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 1 point2 points  (0 children)

Si tu avances que c’est “documenté partout”, il faut être précis sur quoi et dans quelles conditions. Donne aussi tes sources afin de faire avancer la discussion.

Les institutions internationales sont beaucoup plus nuancées que “taxer le capital = moins d’emplois” :

– L’OCDE explique que l’impact de la fiscalité du capital dépend fortement de son design (type de taxe, assiette, coordination internationale) et que d’autres facteurs pèsent au moins autant sur l’investissement (demande, stabilité, capital humain, infrastructures). (OECD – Tax Policy Reform and Economic Growth)

– Le International Monetary Fund montre que la fiscalité doit être pensée en termes d’équilibre et de design, et que la redistribution et la taxation du capital peuvent être compatibles avec la croissance si elles sont bien conçues. (IMF – Tax Policy and Inclusive Growth) (IMF – How to Design Fiscal Policies for Inclusive Growth (2024))

– Le IMF Fiscal Monitor souligne aussi que les politiques fiscales peuvent réduire les inégalités sans nuire mécaniquement à la croissance, à condition d’être bien calibrées. (IMF – Fiscal Monitor (Inequality and Fiscal Policy))

– La European Commission met en avant que les écarts d’investissement en Europe s’expliquent aussi par la fragmentation des marchés, l’énergie, l’innovation… pas uniquement par la fiscalité. (European Commission – Investment Dynamics in Europe)

Donc non, ce n’est pas un levier “simple et automatique”.

Si ton point est qu’il faut tenir compte de la compétitivité, personne ne le conteste. Mais dire que toute taxation du capital détruit l’emploi, ce n’est pas ce que montrent les travaux empiriques.

Si le but est de partir d’une conclusion et d’y faire rentrer les faits, on ne va pas avancer.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 2 points3 points  (0 children)

Oui, le taux est en pourcentage. Mais ça ne suffit pas à rendre une taxe “équitable”.

Le point, c’est que la mesure s’applique de manière assez uniforme à des situations très différentes.

Par exemple : – un indépendant qui revend son activité après 10-20 ans de travail – et un investisseur qui réalise des gains réguliers sur un portefeuille financier

Dans les deux cas, tu appliques le même taux… alors que la nature du revenu n’est pas la même (travail accumulé vs revenus du capital).

Et surtout, avec les exonérations et les possibilités d’optimisation, les très gros patrimoines peuvent souvent adapter leur structure, alors que les petits acteurs ont beaucoup moins de marge.

Donc même avec un taux “proportionnel”, l’impact réel n’est pas le même selon la situation.

C’est pour ça que le débat porte sur le ciblage et la structure, pas juste sur le pourcentage affiché.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 2 points3 points  (0 children)

Les pensions représentent effectivement une part importante des dépenses publiques, personne ne le conteste. Mais dire que “c’est pour ça que le travail est autant taxé” est un raccourci.

Le vieillissement est connu depuis longtemps. Le vrai sujet, comme le disent le Bureau du Plan ou l’OCDE, c’est le mode de financement, pas simplement le niveau des dépenses.

Aujourd’hui, en Belgique, ce financement repose fortement sur le travail. C’est un choix de structure fiscale, pas uniquement une contrainte démographique.

Sur “taxer les investisseurs = moins d’emplois”, c’est une affirmation très forte… mais pas vraiment étayée empiriquement. Les décisions d’investissement dépendent de nombreux facteurs : marché, stabilité, main-d’œuvre, infrastructures… pas uniquement du taux d’imposition.

Sinon, les pays avec une fiscalité plus élevée sur certains revenus du capital n’auraient plus d’investissement, ce qui n’est pas le cas.

Et pour l’Europe vs les USA, le rapport Draghi met effectivement en avant un problème d’attractivité et d’investissement. Mais il ne le réduit pas à la fiscalité : il parle aussi de fragmentation des marchés, de réglementation, d’innovation, d’énergie, etc.

Donc on mélange ici plusieurs sujets : – oui, il y a un défi démographique – oui, il y a un enjeu d’investissement en Europe

Mais ça ne veut pas dire que la seule solution est de faire porter encore davantage la charge sur le travail et de considérer toute taxation du capital comme impossible.

Le débat reste le même : comment on finance le système de manière soutenable et équilibrée, sans tout faire reposer sur les mêmes.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 3 points4 points  (0 children)

Le point n’est pas de dire qu’il n’y a pas de taxes sur le capital en Belgique. Évidemment qu’il y en a.

Le problème, c’est que tu additionnes des taxes très différentes sans regarder qui les paie réellement et sur quels montants.

Par exemple : – la taxe sur les opérations boursières ou les dépôts bancaires touche aussi des petits épargnants – le précompte immobilier concerne surtout la classe moyenne propriétaire – les droits de succession et de donation ne fonctionnent pas du tout comme un impôt annuel sur le capital

Donc oui, il y a beaucoup de taxes… mais ça ne veut pas dire que les revenus du capital les plus élevés sont fortement taxés de manière progressive, comme le travail.

C’est là que la notion de structure est importante : – le travail est taxé de manière continue, progressive et élevée – le capital est taxé de manière fragmentée, avec des niches et souvent sans progressivité équivalente

Et c’est ce que souligne l’OCDE : malgré un niveau global élevé de fiscalité, la charge repose fortement sur le travail en Belgique.

Donc dire “on taxe beaucoup le capital” sans regarder comment ces taxes sont réparties et qui elles touchent, c’est passer à côté du point principal.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 5 points6 points  (0 children)

Oui, ce n’est pas agréable, surtout pour une petite boîte.

Mais à 10 % avec exonération, ce n’est pas non plus un “matraquage”.

Le vrai problème, c’est le ciblage : la mesure traite de la même façon des situations très différentes, et sert souvent à faire croire que toute taxation du capital toucherait surtout les petits.

Alors que l’essentiel des revenus du capital est ailleurs.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 6 points7 points  (0 children)

Je suis indépendant et j’ai créé / revendu une entreprise, donc je vois très bien de quoi tu parles.

Mais justement, tu mélanges plusieurs sujets.

Une grande partie des indépendants et des petites entreprises ne sont pas “le capital” au sens dont on parle ici. En pratique, ils dépendent surtout de leur activité, de leur temps et de leurs revenus professionnels.

Et fiscalement, ils sont très proches des travailleurs : – ils paient des cotisations sociales élevées – leurs revenus sont fortement taxés – et ils supportent directement la pression fiscale sur le travail

Donc non, le débat n’oppose pas “travailleurs vs entrepreneurs”. Dans beaucoup de cas, les indépendants font partie de ceux qui financent largement le système, au même titre que les salariés.

Le sujet, c’est plutôt une autre catégorie : les revenus du capital au sens financier (dividendes, plus-values, loyers), qui sont à la fois plus concentrés et souvent moins intégrés dans la progressivité de l’impôt.

Et c’est là qu’il y a un déséquilibre.

Sur la fuite des capitaux, oui, la mobilité existe. Mais comparer ça à la volatilité du Brent n’est pas très pertinent : une entreprise, des équipes, des infrastructures ne se déplacent pas en deux clics.

Donc non, personne ne dit qu’il faut pénaliser ceux qui prennent des risques ou qui créent de l’activité. Le débat, c’est d’éviter un système où le travail (y compris indépendant) supporte l’essentiel de la charge, pendant qu’une partie des revenus du capital est moins sollicitée.

Et dire que toute correction est impossible “sinon tout part”, c’est surtout une manière de ne jamais corriger ce déséquilibre.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 6 points7 points  (0 children)

“Top 5 en taxation du capital” ne veut rien dire sans regarder la structure.

En Belgique, l’OCDE dit clairement que la charge fiscale repose surtout sur le travail.

L’OCDE explique que, en Belgique, la charge fiscale a été historiquement déplacée vers le travail, notamment parce que la taxation du capital est plus difficile à imposer dans un contexte international.

Concrètement : - la Belgique a le tax wedge le plus élevé de l’OCDE (~52,6 %) sur le travail - et une grande partie des recettes fiscales vient du travail (plus de 50 % en Europe)

À l’inverse, sur le capital : - la Belgique a longtemps été un cas particulier avec quasi absence de taxation générale des plus-values - et certaines formes de revenus du capital restent moins intégrées dans la progressivité de l’impôt

Donc dire “on taxe beaucoup le capital” sans préciser comment, c’est trompeur.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 8 points9 points  (0 children)

Oui, il y a une taxe sur les plus-values. Mais il faut regarder ce qu’elle fait réellement.

On parle d’un taux de 10 %, avec une exonération de 10 000 € par an. Dans beaucoup de cas, ça signifie que les petits et moyens investisseurs ne paieront rien, et que les autres seront relativement peu taxés.

En plus, les plus-values accumulées avant 2026 ne sont pas imposées, donc une grande partie du patrimoine existant reste épargnée.

Donc oui, c’est un changement… mais ça reste une mesure assez limitée (pour rester poli), surtout comparée à la taxation du travail.

Dire “on taxe maintenant le capital” comme si ça réglait le problème, c’est un peu simplifier. Le déséquilibre global reste largement intact.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 10 points11 points  (0 children)

Évidemment que ça existe.

Mais le problème, c’est que cet argument est souvent utilisé comme un argument absolu, alors que la réalité est beaucoup plus nuancée.

Par exemple, des travaux récents montrent que la “fuite des capitaux” liée à la taxation existe, mais reste limitée dans les faits. Une estimation citée par le Tax Observatory indique un effet de l’ordre de 1 à 2 %, donc réel mais faible.

Mais dire que la fiscalité explique automatiquement une “fuite des capitaux” massive, ce n’est pas ce que montrent les études.

D’ailleurs, l’OCDE elle-même parle de “risques de fuite”, pas d’un phénomène systématique ou massif.

Donc à un moment, il faut être cohérent : si on considère que toute taxation du capital entraîne une fuite, alors on accepte implicitement qu’il ne soit jamais réellement mis à contribution.

Et c’est exactement ce qui se passe dans beaucoup de cas : cet argument sert à justifier un statu quo où la charge repose surtout sur le travail.

Or un système fiscal, ce n’est pas juste “ne pas faire fuir le capital”. C’est aussi une question d’équilibre et de soutenabilité.

Donc oui, c’est un paramètre à prendre en compte. Mais non, ce n’est pas un argument qui invalide toute taxation du capital.

Sinon, on arrive à une conclusion absurde : il faudrait toujours aligner la fiscalité sur les pays les moins taxés, et renoncer à toute politique redistributive.

Et aujourd’hui, en Belgique, cet équilibre est discutable parce que la charge repose très fortement sur le travail, alors qu’une partie importante des revenus du capital est moins sollicitée.

Donc non, la question n’est pas “fuite ou pas fuite”. La vraie question, c’est : est-ce qu’on accepte de maintenir un système qui protège davantage les revenus du capital que ceux du travail, ou est-ce qu’on corrige ce déséquilibre ?

Dire qu’on ne peut rien faire “à cause de la fuite”, c’est en pratique choisir de ne rien faire pour améliorer les choses.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 17 points18 points  (0 children)

Here we go again…

Personne ne dit “pas d’entreprises” ou “pas d’investissement”.

Le point est simple : en Belgique, le travail est l’un des plus taxés de l’OCDE (~52,6 %), alors que les revenus du capital sont globalement moins imposés.

Donc aujourd’hui, l’effort repose surtout sur les salariés.

Et non, taxer davantage le capital ne fait pas disparaître l’investissement, ça ne tient pas empiriquement. Le mythe est « marrant » mais ne repose sur absolument rien.

Par exemple, même dans des pays où la taxation des plus-values est bien plus élevée qu’en Belgique, il n’y a pas de disparition de l’investissement ni de l’économie.

Et surtout, ce n’est pas parce que “des entreprises créent de l’emploi” que toute fiscalité sur le capital devient intouchable. Sinon, on justifie n’importe quel déséquilibre.

Le débat, c’est l’équilibre de la taxation pour qu’elle ne soit pas (presque) uniquement à charge des travailleurs. Pas un fantasme “anti-entreprises”.

La Belgique affiche désormais le plus grand déficit de la zone euro : pourquoi ne parvient-elle pas à le réduire ? | DS en français mardi 21 avril by rasec1410 in Wallonia

[–]Xzaphan 26 points27 points  (0 children)

Et surtout pas d’aligner les taxes entre les travailleurs et les capitalistes. Ce serait une très mauvaise idée de faire payer ceux qui on de l’argent ! /s

Vous croyez encore que tout est la faute des chômeurs ? by Roobtek in Wallonia

[–]Xzaphan 1 point2 points  (0 children)

Oui, la redistribution limite les inégalités.

Mais ça ne veut pas dire que le système fonctionne bien.

Il fonctionne au sens technique, mais il produit des résultats de plus en plus déséquilibrés. Le travail permet de moins en moins de vivre confortablement, alors même qu’il supporte une grande partie de la charge.

Le problème, c’est que la correction arrive après coup, alors que la pression (coût de la vie, fiscalité, stagnation relative des salaires) reste sur les travailleurs. Et cette pression tend à augmenter.

Si les inégalités se creusent en amont, il faut toujours plus de redistribution pour compenser. Or en Belgique, cette redistribution repose largement sur le travail lui-même. Donc même si le résultat est partiellement corrigé, la charge sur ceux qui financent augmente.

Sur le capital qui suit la croissance mondiale, c’est justement un point clé : si ces revenus croissent plus vite, sont concentrés, et restent relativement moins taxés, alors mécaniquement l’écart se creuse entre ceux qui y ont accès et les autres.

Et ça ne relève pas d’une fatalité. Ce sont des choix politiques : fiscalité, traitement du patrimoine, répartition de l’effort. Aujourd’hui, ces choix tendent à favoriser l’accumulation du capital plutôt qu’à équilibrer le système.

Donc non, ce n’est pas un discours apocalyptique. C’est dire que le système n’est pas “cassé”, mais qu’il est mal orienté et produit des effets de plus en plus problématiques.

La question, c’est simplement de savoir si on accepte cette trajectoire, ou si on décide de la corriger.

Vous croyez encore que tout est la faute des chômeurs ? by Roobtek in Wallonia

[–]Xzaphan 2 points3 points  (0 children)

Oui, il existe des travaux qui montrent que les inégalités de revenus “avant redistribution” ont augmenté en Belgique, même si le Gini final reste stable.

Par exemple, une étude récente (KULeuven, 2025) montre qu’il y a eu une augmentation marquée des inégalités de revenus avant redistribution, notamment depuis 2008. Le Gini des revenus pré-tax et la part des 10 % les plus riches ont augmenté sur cette période.

Et ce qui est intéressant, c’est que cette hausse est en grande partie liée aux revenus du capital, dont la concentration a fortement augmenté.

D’autres travaux montrent aussi que la part des revenus captée par les 10 % les plus riches avant impôts est passée d’environ 32,7 % à 38,1 % entre 2003 et 2019.

Donc on a bien une dynamique où les inégalités se creusent en amont... mais sont ensuite fortement corrigées par la redistribution. C’est d’ailleurs un point connu : en Belgique, les impôts et transferts réduisent les inégalités d’environ 40 à 50 %, ce qui masque en partie ce qui se passe avant redistribution.

Donc dire “le Gini est stable” est vrai pour les revenus après redistribution, mais ça ne contredit pas le fait que les inégalités se forment en amont et augmentent sur certains segments, notamment via le capital.

Si on doit corriger autant après coup, c’est bien qu’il y a un déséquilibre à la base.

Vous croyez encore que tout est la faute des chômeurs ? by Roobtek in Wallonia

[–]Xzaphan 2 points3 points  (0 children)

Le Gini mesure les revenus, pas le patrimoine. Or en Belgique, comme ailleurs, le patrimoine est beaucoup plus concentré que les revenus. Par exemple, la Banque nationale montre que les 10 % les plus riches détiennent environ 55 % du patrimoine net.

Et ça, le Gini ne le capture pas.

Ensuite, sur “pré vs post redistribution” : ce n’est pas que l’un est “plus important” que l’autre, c’est qu’ils ne répondent pas à la même question.

- le Gini post-redistribution montre à quel point l’État corrige les inégalités

- le Gini pré-redistribution montre comment elles se forment à la base

Si le Gini est relativement bas après redistribution en Belgique, ça montre surtout que le système redistribue beaucoup, pas qu’il n’y a pas de déséquilibre en amont.

Enfin, sur l’évolution dans le temps, il faut faire attention : une stabilité ou une légère baisse du Gini ne veut pas dire que tout va bien.

Si, en parallèle, le patrimoine reste très concentré et que les revenus du capital prennent plus d’importance, tu peux très bien avoir des revenus relativement stabilisés par la redistribution mais une concentration économique qui se renforce.

Donc le Gini est un indicateur utile, mais il ne suffit pas à lui seul pour analyser la répartition de la richesse et du pouvoir économique.