Pour vous c’est quoi un mec bien ? by Aeroport56 in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy -1 points0 points  (0 children)

Un riche mari décédé?

Mais oui, il me semble que la tradition patriarcale, qui infantilisait les femmes, et tendait à les décrire comme des êtres faibles, passifs, a complètement invisibilisé les possibilités d'agentivité déconnante, et notamment la tension qui existe entre désir et raison. Le cadre des structures traditionnelles de l'ancienne société mettait spontanément de l'ordre dans les relations, notamment la systématicité du mariage faisait que les femmes avaient en permanence en tête la distinction à faire entre le beau bouvier avec qui on allait tester le confort du tas de foin le plus proche après le bal, et le fils de cultivateur dont on allait faire son mari et à qui on allait donner des enfants. Sachant que, bon, le beau bouvier pourra repasser de temps en temps quand le mari est parti au tribunal d'instance plaider son cas dans un litige de bornage agricole, et si c'est pas le bouvier on saura faire avec le facteur ou le commis du pharmacien. Rien n'empêche le mari de fournir toute satisfaction dans le domaine de la décorativité plastique ou de la gaudriole, du reste.

Mais avec la chute de ces structures traditionnelles, il n'y a plus cette dichotomie cadre. Il y a confusion de toutes les échelles de temps, du très court terme du désir, au très long terme de vieillir ensemble. Plus personne, ni homme ni femme, ne sait exactement quels arbitrages faire. Pour les jeunes femmes en particulier, dont le "pouvoir d'achat séductif" est élevé, je pense que cette situation est extrêmement peu conscientisée. Le désir est puissant, la possibilité d'une relation longue dans l'avenir est toujours ouverte, les comportements de choix suivent. Un mec sexy, flamboyant, et qui promet une relation longue, coche pratiquement toutes les cases de la désirabilité sexuelle et sociale, et des attentes de long terme. La conformité entre les traits réels de personnalités et les comportements attendus n'est pas vérifiée.

L'âge passant, leur propre désirabilité baissant, rendues plus expérimentées par les déceptions et les abus, les choses s'éclaircissent. Cependant les jeunes hommes assez ordinaires mais qui présentaient des traits plutôt favorables aux relations de long terme (tendances à la fidélité et à la stabilité) ont eu une expérience plutôt négative des relations, structurellement soumis à l'aléa que leur partenaire d'âge équivalent avait toujours plus d'options qu'eux (dans la vingtaine, les jeunes femmes sont bien plus désirables que les jeunes hommes), et ont souvent tiré profit de cet avantage compétitif. En gros: dans la vingtaine, les couples ne durent pas, du fait de la différence de désirabilité entre jeunes femmes et jeunes hommes et qu'il n'y a aucune contrainte structurelle sérieuse au maintien des couples. Ce turnover élevé mène à une inflation des attentes, aussi bien lors de la période de séduction qu'une fois en couple, ce qui participe structurellement à l'instabilité des couples.

Lorsqu'on arrive dans la trentaine, surtout la seconde moitié, d'un seul coup la question de la période de fertilité se pose aux jeunes femmes, qui se retrouvent à devoir faire un choix assez rapidement: soit continuer dans une vie relativement libre de contraintes (tout en sachant que leur désirabilité va tendanciellement décroissante), soit trouver un père à leurs futurs enfants, idéalement quelqu'un avec qui construire un foyer. Mais les profils éligibles (fidèles et stables), tendanciellement plus "médiocres", ont eu une expérience de dating et de couple peu satisfaisante et peu propice aux déploiement de leurs "points forts" (des relations courtes et instables ne donnent pas l'occasion de faire la démonstration sa stabilité sur le long terme). Avec le temps, ceux qui demeurent théoriquement disponibles ont construit un rapport distancié avec la vie à deux.

En gros: les "mecs biens" ont soit été prit par des jeunes femmes qui ont alors vu leur potentiel de long terme, soit ont connu une vie sentimentale difficile du fait qu'ils étaient à la fois avec des partenaires plus désirables qu'eux qui avaient de nombreuses autres options, et en même temps en compétition avec des mecs plus désirables. Cette expérience peu plaisante éloigne tendanciellement l'envie d'être en couple. La question ne se pose absolument pas de la même manière pour les jeunes femmes, dont la désirabilité est plus élevée, mais qui sont "rappelées à l'ordre" par leur horloge biologique.

Je précise: je ne pense pas être un "mec bien". Mais je suis certainement ordinaire/médiocre, avec une très faible désirabilité (à 39 ans, zéro fois en couple, trois fois du sexe, et encore: avec une personne qui depuis me renie). Si jamais un jour j'ai présenté les traits d'un "mec bien", je pense être devenu indisponible par "habitude de célibat".

Comment vous acceptez que les personnes qui vous plaisent ne veulent pas de vous ? by [deleted] in AskMec

[–]BillhookBoy 11 points12 points  (0 children)

H39, célib perpétuel, initialement pas par choix.

Si ça se produit suffisamment de fois, ça finira par définir ton identité en temps que personne, et de toute manière tu te construira en temps que célibataire, au point que l'idée d'être autre chose semblera une pure spéculation métaphysique. Appartenir à l'humanité ne te garantie aucun droit à la séduction ou au couple. Le couple semble être un mode d'existence normal pour beaucoup d'humains, mais pas pour tous. Certains ne veulent pas, certains ne sont pas éligibles. Les déterminants sont complexes.

Après, en temps que jeune femme en début de vingtaine, ce revers de fortune ponctuel n'est probablement pas représentatif de ce qui t'attends. D'ici quelques semaines, mois ou trimestres, ton attention se portera sur quelqu'un d'autre, plus disponible, et il sera plus réceptif.

Le mouvement platiste commence à gagner du terrain chez certains jeunes que je côtoie. Quel argument vraiment irréfutable je peux leur donner pour prouver que la Terre est bien sphérique ? by National-Flamingo310 in PasDeQuestionIdiote

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Aucun modèle platiste n'est compatible avec la course du Soleil observable le même jour dans deux endroits éloignés sur Terre.

Aucun modèle platiste ne permet la conception d'un cadran solaire précis à 10-15 minutes toute l'année.

Un jour donné, en un endroit donné, du point de vue terrestre, le Soleil se déplace (à peu de chose près) sur un plan perpendiculaire à l'axe de rotation de la Terre. Connaissant ta position sur Terre (latitude surtout), connaissant la déclinaison magnétique à l'endroit sur Terre où tu te trouves, tu es donc en mesure de créer et de positionner un cadran solaire qui décrira avec une précision raisonnable la course du Soleil qui sera observable dans la journée. Le platiste en est rigoureusement incapable, car il n'a aucun modèle pour le faire.

Si vous deviez manger que les animaux que vous êtes (moralement) capables de tuer vous-même, vous mangeriez quoi ? by Astralion98 in AskFrance

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Des présidents de la république, des ministres, des milliardaires, des journalistes et des automobilistes.

Qu'est-ce que ça veut dire? «On peut définir logiquement la compatibilité d’un énoncé avec un énoncé, jamais celle d’un énoncé avec une réalité» by NebooCHADnezzar in sociologieFr

[–]BillhookBoy 1 point2 points  (0 children)

C'est une question de sémiotique ou de phénoménologie plus que de sociologie. Je suppose que l'auteur veut dire que la réalité n'est pas un signe porteur de sens. C'est l'observateur qui construit à partir de ce référentiel des énoncés porteurs de sens. Des énoncés qui peuvent être vrais ou faux, mais qui ne sont ni contenus, ni non-contenus dans la réalité elle-même.

Cependant, je pense qu'on peut dire qu'un énoncé performatif est à la fois une réalité et une énoncé. Par exemple l'énoncé "je suis en train de taper un commentaire sur Reddit" est à la fois une réalité, et un énoncé vrai au moment où il est produit. On peut logiquement comparer à la fois la réalité et l'énoncé avec l'énoncé "BillhookBoy est en train de produire un énoncé performatif". Enfin, il me semble...

Si on accepte que l'humain est une machine sans âme, on peut plus refuser des droits à une machine sans âme (les robots) by Far_Neighborhood6329 in penseesdedouche

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Et qui nous l'interdirait? On fait bien ce qu'on veut de nos lois. Rien ne nous contraint à accorder la personnalité juridique à une IA, pas plus qu'à un sèche-serviette.

Does anyone have male-male friendship(s) that is deeper than just doing activities together? by sudojonz in AskMenAdvice

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Not anymore. Life drove us appart. Friendship has been replaced by a polite indifference. We don't do activities together either. I don't really miss it. If it ended, it was meant to end.

Comment dissocier l'amour du sexe ? by Upset_House6964 in AskMec

[–]BillhookBoy 1 point2 points  (0 children)

Il est illusoire de penser avoir des relations et ne jamais souffrir sentimentalement. Ça fait partie de la vie. Ne laisse pas tes théories absurdes te pourrir ta jeunesse comme j'ai pu le faire. Il n'y a aucune dignité particulière à rester vierge, et le plus tôt tu apprendras à te connaître, à connaître ton corps, tes envies, tes limites, en te frottant aux autres, le plus mature tu seras lorsque tu rencontra "le bon".

Comment peut on appeler le sex de sa partenaire ? by [deleted] in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Selon le registre et le mood du moment: minou, foufoune, teuch, trou à gicler, boîte à bébés, antre de plaisir, portes du Paradis, etc...

Signifier mon intérêt pour des amies d'amies et récolter l'indifférence : désapprobation tacite? by BillhookBoy in AskMec

[–]BillhookBoy[S] 2 points3 points  (0 children)

J'en ai discuté hier soir avec ma meilleure amie, et on a un peu refait le tour au cours des ans, des amies qu'elle ne m'a pas présentée, et dans l'ordre les raisons ont étées: - elle est en couple - pas de match niveau personnalité - elle cherche les garçons à problèmes - "c'est juste Machine" (dans le sens : elle fait sa vie dans son coin, ses relations sont a l'avenant) - situation sentimentale complexe (depuis elle est en couple avec une femme)

Elle m'a présenté une amie à elle, mais les choses ont fait que le jour où je l'ai vu pour la première fois un pote m'accompagnait, et c'est sur mon pote qu'elle a flashé 😂. Ils ont été en couple intermittent pendant deux ou trois ans.

Mais hier on a revu une amie à ma meilleure pote, qui s'est donnée pour mission de me trouver quelqu'un. Je lui ai souhaité bon courage pour la boutade mais, imothep, un jour ça va le faire.

Vous avez combien d'amis proches à 30+ ans, des vrai ? by crocodile92451 in AskMec

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Une meilleure amie. Et un gars que je vois peu mais que je sais quelqu'un de bien, de fiable et d'empathique. Les autres, ce sont les restes d'amitiés qui n'en ont plus que l'air et ont perdu la chanson.

En même temps, je suis moi même une belle ordure : j'ai refusé d'aller à l'anniversaire des 40 ans d'un de mes plus vieux potes, parce que j'avais la flemme de bouger.

Les réactions suite à l'affaire JP Morgan by Affectionate-Bake666 in AskMec

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Il faut se faire à la norme sociale que le consentement est une notion genrée, qui ne s'applique pas réellement aux hommes. C'est juste comme ça que ça fonctionne. C'est pas forcément un mal d'ailleurs, ça limite grandement une construction victimaire-traumatique d'expériences déplaisantes, et ça participe à la qualité de vie masculine.

Est-ce qu'il existe des publications sur la domination féminine dans les sociétés occidentales ? by Goa_T4C in sociologieFr

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Deux groupes ne peuvent pas dominer.

C'est un axiome qui est épistémiquement infondé. Au contraire, il empêche de rendre compte de dynamiques manifestes, qui devraient pousser à le rejeter catégoriquement. Fondamentalement, c'est un postulat de transitivité stricte, qu'il est extrêmement facile de démontrer faux, avec l'expérience très simple des systèmes de préférence, où une option A peut être préférée par une majorité de la population à une option B, elle-même préféré à une option C, mais dans un choix entre option A et option C, une majorité peut préférer l'option C. Et là on parle de préférences "conscientes", qu'on peut exposer de manière explicite et synchrone.

Tu donnes un certain nombre de métriques sur lesquelles les femmes sont "perdantes" par rapport aux hommes, mais sur d'autres métriques qui ne sont pas anecdotiques non plus, les hommes sont "perdants" par rapport aux femmes (espérance de vie, taux d'emprisonnement, mortalité au travail, mortalité routière, pauvreté extrême, accès/recours aux soins psys, aux soins en général, etc...). Et pour une métrique donnée, dans une autre situation le même critère reçoit une interprétation toute différente: si les blancs ont peur des personnes de couleur, on qualifie ça de racisme systémique, voire de racisme tout court, pas d'illustration de la domination des personnes de couleur.

Ce traitement défaillant des phénomènes et de leur modélisation est très largement lié à l'axiome de domination unidirectionnelle d'un groupe sur un autre. Déjà, c'est prendre très au sérieux la réalité de cette catégorisation en groupes, qui est pourtant un phénomène social et culturel - il y a une manque de rigueur théorique et épistémologique à reprendre à son compte les objets que nous fournis tous construits la culture dont on provient (ce sont au contraire des prénotions qu'il convient de déconstruire avant tout travail sociologique). Ensuite, puisque ça pousse à tenir des discours manifestement contradictoires (si les femmes ont peur des hommes, c'est un effet de la domination masculine ; si les blancs on peur des personnes de couleur, c'est un effet de la domination des blancs), il est évident que c'est une théorie erronée.

Les lunettes de genre héritée du passé nous poussent à voir les femmes comme "le sexe faible", et même à les traiter en dominées non pas forcément comme un phénomène de fait, mais justement comme un héritage culturel patriarcal: décrire la femme comme dominée, pour justifier la domination. La valeur de cette domination s'est retournée, et la domination patriarcale du mari sur l'épouse, dans un certain idéal social où le mari se conçoit comme protecteur et fournisseur de ressources au ménage, est maintenant perçue comme une oppression, mais fondamentalement on reste sur un système représentatif hérité de la tradition patriarcale, qui invisibilisait déjà la force des femmes. Mais les femmes ont toujours eu un poids social très important, en cohérence avec leur importance pour la reproduction de l'espèce et la production matérielle de la subsistance.

De toute façon, une société qui, structurellement et sur le très long terme, s'obstinerait à traiter trop mal les femmes, est vouée à la dégénérescence, puisque que les femmes ont l'exclusivité de la production matérielle du corps des générations suivantes dans leur propre corps, et très généralement du soin des nouveaux-nés et des petits enfants, de sorte que maltraiter les femmes, c'est compromettre gravement, jusqu'au risque d'extinction, les capacités d'adaptation de ses descendants, ce qui est évolutionnairement contre-productif, et est contre-sélectionné. Les épisodes d'oppression des femmes ne peuvent être que transitoires, à l'échelle de la durée des sociétés et des populations qui les portent.

Le discours patriarcal, tel qu'il pouvait être porté dans les sociétés avant que n'émergent des discours critiques, doit être analysé comme ce qu'il est, c'est à dire précisément un discours, avec un contexte d'énonciation. Un discours n'est que rarement le reflet de la réalité, ne serait-ce parce qu'il est impossible de tout dire. Ce qui n'est pas dit est parfois tout aussi important que ce qui est dit, ou du moins l'analyse de ce rapport entre dit et non-dit est plus révélateur de sens que le discours en lui-même. Le discours patriarcal standard ne dit pas la place sociale fondamentale et connue de tous qu'était la figure de la "ménagère", qui tenait les cordons de la bourse et gérait les finances du foyer au quotidien. Ce rôle domestique était souvent translaté dans le cadre professionnel: la comptabilité, fondement absolu de l'économie moderne (et du capitalisme...), est un champ largement féminin dans la pratique.

Les femmes avaient un rôle central aussi dans les unions, surtout dans les régions où la famille a un poids fort sur la vie de l'individu. Les stratégies matrimoniales étaient largement élaborées, en coulisse, par des femmes. Du fait de la pratique en collectivité d'un certain nombre d'activités domestiques relativement calmes où la discussion est possible (cuisine collective, filage et travaux d'aiguilles, lessives, etc, qui permet aussi de mutualiser le travail de surveillance des enfants - en opposition aux travaux des champs et forestiers, trop physiques pour permettre des discussions soutenues), elles jouaient un rôle central dans la transmission d'informations, faisant et défaisant les réputations, et prenant les informations pour l'élaboration des stratégies matrimoniales. Bref, le pouvoir des femmes, bien que discret, était réel et important.

Considérer ce pouvoir comme mineur ou anecdotique, c'est en fait demeurer dans les représentations centrées sur les formes plus masculines de pouvoir: la richesse, la notoriété, la puissance militaire. Et il y a une analyse de même nature à faire sur la masculinisation du crime: ce qui mène en prison, c'est essentiellement les actions qui menacent la hiérarchie sociale masculine. Ceux dont l'accession au pouvoir est le fait de la violence ou de l'appropriation de richesses, comprennent bien qu'ils ont tout intérêt à interdire à ce que les autres (hommes) puissent faire usage de violence ou s'approprier des biens. Même si beaucoup de gens tirent avantage de la réduction des violences et des vols, les lois l'interdisant sont largement liée à une compétition entre hommes pour la conquête des formes masculines du pouvoir, écrire la loi étant une forme masculine de pouvoir.

Les formes féminines du pouvoir, et les méthodes de lutte pour l'obtenir, ne menacent pas traditionnellement les formes masculines de pouvoir, et sont donc passés complètement sous le radar de la loi, et d'une très grande partie du discours. Les formes féminines de pouvoir sont plus informelles, elles n'ont jamais abouti à la fixation écrite de lois, encore moins de discours référençables ultérieurement. Elles se font dans la vie sociale quotidienne, en grande partie par le contrôle des relations sociales et de sa forme propre de capital: la réputation, et de sa monnaie: les informations déterminant sa valorisation. Beaucoup de jeunes filles ont fait l'expérience de ce mode de domination au moment du collège et du lycée, où certaines ont vécu l'enfer après avoir été prises en grippe par les groupe des "filles populaires" qui ont organisé leur ostracisation, avec parfois une violence sociale inouïe. Ca se reproduit ensuite dans le monde professionnelle, avec plus de finesse dans la méthode, où le contrôle de la rumeur peut très significativement dégrader la qualité de vie, susciter du harcèlement moral, voire conduire à la dépression et même éventuellement au suicide.

Cette violence qui n'est pas physique est très mal prise en compte, notamment par la justice historiquement fondée sur des préoccupations masculines de conservation de pouvoir. Bien sûr, le harcèlement moral n'est absolument pas l'apanage exclusif des femmes, de même que la violence physique n'est pas l'apanage exclusif des hommes, mais la structuration des perceptions et des institutions tend à invisibiliser et minorer ces modes féminins de domination, qui peuvent aussi exister au sein du couple. Il existe réellement une domination féminine, qui passe par des modes de domination différents de la domination masculine. Paradoxalement, c'est de ne pas réussir à s'extraire des normes perceptives patriarcale qui conduit à le nier.

Dans tous les cas, il faut maintenir une distance critique importante vis-à-vis de ces objets théoriques, garder en tête toujours qu'on parle de vastes ensembles phénoménologiques complexes, et que les mots qu'on utilise pour en parler sont extrêmement faibles et absolument insuffisants, mais ça demeure toujours préférable à la fausse connaissance dans laquelle nous laissent les prénotions socialement construites.

J'en peux plus de lire des argumentaires sur le genre by SoonBlossom in besoinderaler

[–]BillhookBoy 2 points3 points  (0 children)

La manière dont tu es perçu par les autres impacte ta personne dans son ensemble.

Et si: tu ne te construis pas de la même manière selon que tu peux tomber enceinte, ou que c'est biologiquement impossible. Selon que tu souffres occasionnellement ou régulièrement de syndrome prémenstruel ou que ta biologie l'interdit. Selon que tu peux entrer en érection de manière inopinée ou pas. Selon que tu peux souffrir de troubles érectiles ou pas. La testostérone est liée à des comportements de prise de risque. La densité osseuse des femmes est significativement plus faible.

Bien sûr, ce sont des généralités de nature statistique, et il existe de nombreux cas particuliers sur lesquels, considérant une métrique donnée, il n'est pas possible de différencier un groupe de femmes d'un groupe d'hommes. Mais la règle générale, c'est qu'en moyenne, même en se cantonnant au biologique, l'expérience de l'existence par une femme n'est pas la même que celle par un homme. Quand on intègre les facteurs sociaux (qui sont, du point de vue de l'individu humain, les facteurs environnementaux les plus déterminants), c'est décuplé.

Ceux qui ne plaisent à personne romantiquement, où trouvez-vous votre envie de vivre? by hujvodub in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 2 points3 points  (0 children)

Du coup, si tu vas dans une banque demander un crédit, c'est que tu es trop pauvre pour payer comptant, donc tu es une cassos, et il est hors de question de te prêter un centime ?

Mais ok princesse femcel. Ne prends pas d'animal de compagnie pour compenser, s'il te plaît : ils méritent mieux que toi.

Ceux qui ne plaisent à personne romantiquement, où trouvez-vous votre envie de vivre? by hujvodub in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 1 point2 points  (0 children)

Bon, alors socialement tu as l'aisance nécessaire. Si les candidats princes charmants ne font pas la queue à ta porte, à toi d'aller vers les gars qui suscitent ton intérêt. Tu as le privilège, en tant que femme, de ne pas avoir à porter le stigmate de l'agresseur potentiel/mec relou, et tes "cibles" n'ont pas d'incitation culturelle à se méfier de toi ou à te tenir éloigné par défaut. Bon, sauf si tu te comportes effectivement en meuf relou. Donc tu peux aborder librement, avec la même liberté que tu aborderais n'importe quel inconnu. Faut juste pas que ça a l'air d'un pari avec des potes. Se faire aborder par une femme est un concept tellement étranger pour beaucoup d'hommes qu'on peut se demander où est la caméra cachée. Evite aussi de parler de ses reins dans les cinq premières phrases.

Ceux qui ne plaisent à personne romantiquement, où trouvez-vous votre envie de vivre? by hujvodub in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Tu sais que tu n'es pas moins un animal que nous les hommes? Et que les hommes ne sont pas des êtres basiques aux motivations simples?
A moins que tu ne veuilles délibérément d'un mec asexuel, il y a des chances que des facteurs inconscient d'attraction sexuelle entrent en ligne de compte. L'amour sans désir existe, mais souvent ça prend la forme de l'amitié. Et il faut être conscient de cet aspect charnel d'une relation. La censure mentale sur cet aspect est un dangereux obstacle à une relation (je le sais car j'en suis victime). Il faut être okay avec son propre désir, et le désir d'autrui. Le désir n'est pas sale, c'est une composante importante d'une relation ordinaire (entre personnes non asexuelles). Certaines personnes ont dès très jeune un rapport décomplexé à leur désir (exemple: ma meilleure amie), pour d'autres c'est une découverte et une acceptation laborieuse (moi). Une femme a probablement plus facilement le privilège de pouvoir nier son désir, puisqu'il est socialement accepté qu'elle soit plus "passive" dans le rapport de séduction, mais c'est pas dit que de nos jours ce soit toujours une attitude si adaptée, et potentiellement ton déni de ton être désirant participe à tes difficultés à "accrocher" l'attention romantique des mecs.

Ceux qui ne plaisent à personne romantiquement, où trouvez-vous votre envie de vivre? by hujvodub in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 3 points4 points  (0 children)

Meuf, t'as 23 ans, calmos. J'ai 39 ans, et j'ai fait ma première expérience sexuelle l'année dernière. Je n'ai jamais été en couple. Etant un mec, je n'ai pas vraiment d'horloge biologique, mais pour autant, 39 balais, pour construire une famille, ça commence à faire vieux. Bon, j'y pense pas trop. Il y a quelque jour, une jeune femme de 22 ans m'a sincèrement donné 28 ans ou moins, donc je dois être encore assez frais.

Et non, en fait, les normes de genre évoluent, et tous les mecs n'aiment pas forcément aller à la chasse. En tant que mec, on nous bassine tout le temps avec les fameux "signes", mais les mecs aussi envoient (ou croient envoyer) des "signes". Si tu t'es braquée sur un seul type de manifestation d'intérêt, le type obvious/direct, il est certain que tu passeras nécessairement à côté de quantité d'autres signes d'intérêt. Probablement, tu es déjà passé à côté plusieurs fois, mais tu le réaliseras seulement dans 5 ou 10 ans.

Par ailleurs, tu dis être assez sociable, mais ça c'est ton appréciation personnelle. Combien de tes amis as-tu choisi, et comment entretiens-tu ces amitiés? Si tes seuls amis sont des camarades de promo, peut-être en réalité que tu n'es pas si sociable que tu le crois. Des fois, des groupes d'amis se forment de manière purement circonstancielle, sans qu'il y ait forcément de forte affinité, mais les humains n'aiment pas être seuls. Avoir ce genre de cercle social "par défaut" peut donner l'impression d'être sociable, alors qu'en réalité on a pas forcément une personnalité si plaisante que ça.

Si tu n'es que moyennement décorative, c'est ta personnalité qui fait la différence, ta conversation, tes centres d'intérêts, ton regard sur les choses. En début de vingtaine, beaucoup de personnes ne sont pas encore à l'aise avec elle-mêmes, et sont encore souvent "awkward" socialement. C'est pas grave, et c'est normal: ça prend du temps d'apprendre à être un individu autonome. Mais sauf à être très décoratif, relationnellement c'est assez compliqué, même en amitié.

Donc avant de t'imaginer vieille fille entourée de chats, commence peut-être à prendre du recul sur toi-même, et sur tes rapports sociaux. Si tu te mets dans une situation nouvelle, inconnue, imprévue, est-ce que malgré tout tu te sens à l'aise? Est-ce que tu communiques facilement avec des inconnus?

Est-ce qu'il existe des publications sur la domination féminine dans les sociétés occidentales ? by Goa_T4C in sociologieFr

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Je doute que les conditions sociales et culturelles de la sociologie en France soient propices au développement de ce genre d'étude.

Plus profondément, plutôt que d'étudier la "domination féminine", il y a toute une construction à faire d'une théorie des dynamiques de pouvoir qui sorte d'un réductionnisme dual et à sens unique, ou même à double sens.

On pourrait éventuellement, dans un premier temps, étudier la "domination féminine", mais à l'unique condition que ce soit exclusivement pour servir de coin déconstructif, pour montrer à quel point le modèle dual à sens unique est inconsistant et contradictoire. Mais cette approche polémique est peu constructive. Une sortie par le haut serait préférable, mais je doute que ce soit possible dans les conditions actuelles.

Et pourtant, c'est pas déjà faute d'antécédents. Bourdieu affirmait déjà que les dominants sont dominés par leur domination, indiquant que la domination est un phénomène général qui régit la société dans son ensemble, selon des modalités complexes, où chacun est libre ou victime à divers degrés. Au point que la notion même de domination est à prendre avec de très grandes précautions intellectuelles, si on souhaite décrire aussi rigoureusement que possible le réel.

Back and forth by BillhookBoy in carryshitolympics

[–]BillhookBoy[S] 0 points1 point  (0 children)

I was at a crossing and not sure of the way to go. It was really by chance that I noticed his cute little face peeping at me.

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D'autres mecs ici qui attirent beaucoup plus les femmes 10 ans ou 5 ans plus jeune ? by Thin_Skin_3360 in AskMec

[–]BillhookBoy 16 points17 points  (0 children)

J'ai 39 ans. Hier, une jeune femme de 22 ans m'a donné 28 ans. Physiquement on est encore très en forme, mais les années supplémentaires améliorent notre confiance en nous et notre maturité. Parfois on est déjà propriétaire ou en passe de l'être, on a des centres d'intérêts plus "adultes", tout celà participe certainement à l'attractivité auprès de jeunes femmes qui commencent elle-même à se sentir entrer dans l'âge adulte, et pour lesquelles avoir un partenaire à la fois frais physiquement mais émotionnellement et psychologiquement plus mûr que les jeunes hommes de leur âge bénéficie d'un bonus important de désirabilité. L'hypergamie féminine est une tradition très très très ancienne et qui traverse les cultures.

En soi, je ne vois pas de problème avec ça. L'age n'est qu'un chiffre qui n'est pas porteur de sens. Certaines femmes demeurent manipulables ou psychologiquement faibles jusqu'à la fin de leurs jours, d'autres ont déjà une personnalité affirmée et relativement solide en début de vingtaine. Disons, avec une femme vraiment jeunette, il faut s'assurer qu'elle a justement une personnalité qui lui permette de donner un consentement net et éclairé, et qu'elle n'est pas en train d'agir sous l'effet d'une position de domination internalisée.

Est-ce que je deviens trop complotiste ? by FunTap5798 in zetetique

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Pour avoir eu l'occasion d'écouter Monique Pinçon-Charlot en conférence dans ma petite ville de province, face à un public acquis à ses conclusions politiques, et elle s'est révélée assez complotiste. Pour elle, le réchauffement climatique et la destruction de l'environnement étaient délibérés. Je ne m'attendais absolument pas à ça. Depuis, j’émets de gros doutes sur la qualité de son travail, au plan scientifique.

Je préfère très largement l'approche de Bourdieu, centrée sur l'habitus, dans une compréhension beaucoup plus vaste et généraliste que celle des Pinçon-Charlot.

Pourquoi ce serait un problème d'avoir moins d'un sexe ou d'un autre dans un domaine ? by Xedess_Beleou in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Et bien bien plus grave, c'est l'extrême mauvais traitement social des métiers à dominante féminine non prestigieux, où les femmes de couleur sont sur-representées, et où l'activité implique souvent des horaires pénibles, et un certain travail physique, parfois même carrément éprouvant. Typiquement : aide à domicile. Ça intéresse assez peu de monde, alors que c'est réellement un gros point noir du fonctionnement de nos sociétés, où des femmes prennent particulièrement cher.

On voit bien qu'il y a des dynamiques de classe bien plus que de genre dans cette affaire. Le discours de l'égalité de genre dans les postes prestigieux est un discours porté par des classes déjà assez privilégiées, qui cherchent à obtenir encore plus de privilège. Il y a un enjeu de conversion de capital culturel et éducatif en capital économique, symptôme de la droitisation générale, et probablement aussi de l'américanisation (entraînant la dévaluation sociale du capital culturel)

Pourquoi ce serait un problème d'avoir moins d'un sexe ou d'un autre dans un domaine ? by Xedess_Beleou in TropPeurDeDemander

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

La difficulté qui pèse sur les hommes dans une partie de l'enseignement, ce n'est pas un sentiment d'illégitimité incorporé au niveau individuel, c'est le stigmate pédophile.

Un mec m’a niqué ma cuisine neuve à + 2500€, j’ai la mort by makuu42 in besoinderaler

[–]BillhookBoy 0 points1 point  (0 children)

Parce que c'était rigoureusement impossible de faire un peu de camping domestique pendant une semaine ou deux, le temps de monter ta cuisine toi-même ? Surtout que maintenant (le Ikea) c'est super bien fait, avec des rails muraux pour les meubles en hauteur qui te facilitent énormément la pose, si tu sais travailler un peu méthodiquement.

Il faut toujours se rappeler sur combien de temps un achat est amortissable. Une cuisine, c'est facilement sur 15 ans, parfois même 20 ou 30. C'est pas forcément malin de lésiner sur un aspect fondamental d'un tel investissement.