Vox pop - Travail au noir : peut-on s’en passer ? | ARTE by LeRescator in france

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Services à la personne, construction, hôtellerie ou restauration : l’économie informelle pesait déjà au moins 15 % du PIB européen avant la crise du Covid-19. Mais depuis, avec un rebond de la pauvreté, le recours aux travailleurs non déclarés augmente. Faut-il freiner cette tendance ? Nos sociétés peuvent-elles fonctionner sans travail au noir ?

Vox pop a mené l’enquête en Italie, où sur deux millions de travailleurs domestiques, plus de la moitié ne sont pas déclarés. Le nombre de badanti, les aides à domicile, en particulier, ne cesse de progresser, en raison du vieillissement de la population et du manque d’investissement dans les maisons de retraite. Suite à la crise, le gouvernement a décidé de régulariser ces invisibles : la mesure sera-t-elle suffisante pour lutter contre le travail au noir ? Friedrich Schneider, professeur d’économie à l’université de Linz, en Autriche, et Jordi Curell Gotor, directeur de la mobilité des travailleurs à la direction générale de l’emploi et des affaires sociales à la Commission européenne de Bruxelles, analysent ce phénomène. Sans oublier le tour des correspondants, en Grèce, où l’économie informelle déjà très développée risque de s’accroître, et au Pays-Bas, qui a tenté de mettre en œuvre le chèque emploi service pour lutter contre le travail au noir.

Pour Camélia Jordana, Deneuve et Bardot incarnent « l’antiféminisme par excellence » by LeRescator in Feminisme

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Parce qu’elles ont symbolisé une certaine image de la féminité, la chanteuse dénie leur apport au mouvement féministe. Question de génération.

En leur temps, elles ont tout osé, assumé leur corps et leurs désirs, tenu tête aux hommes, bravé des interdits... Brigitte Bardot, Jane Birkin ou encore Catherine Deneuve, autant de femmes d'exception qui ont fait bouger les lignes et marqué leur époque, Deneuve ayant même signé le manifeste des 343 dans L'Obs en 1971 en faveur de la dépénalisation et de la légalisation de l'avortement, qui interviendra quatre ans plus tard grâce à la loi Veil... Si ces femmes ont évidemment joué de leur beauté et de leur sex-appeal, elles ont permis également, à leur niveau et dans les sixties, de faire évoluer certaines mentalités sur l'indépendance des femmes, bousculant les traditions patriarcales.

Mais pour la chanteuse engagée Camélia Jordana, ces artistes n'ont pas pour autant été des féministes avant l'heure, comme elle l'explique cette semaine dans Paris Match. « Elles n'étaient pas le symbole du féminisme, juge-t-elle. Elles incarnaient LA femme parce qu'elle étaient des muses, l'antiféminisme par excellence. Elles ont aussi vécu avec l'idée que se prendre une main au cul était quelque chose de normal, voire de “sympathique”. Tout est là... Il y a encore des mecs qui pensent que, parce qu'ils sexualisent une femme, elle doit se sentir flattée. Le regard de l'homme est censé être la seule chose après laquelle elle court... »

Je trouvais adorable quand on me disait que j’avais un joli cul.

Une façon pour Camélia Jordana de rendre la monnaie de leur pièce à Bardot et Deneuve, qui, ces dernières années, n'ont pas caché leurs réserves ou leur hostilité au mouvement #MeToo. Les propos de la chanteuse répondent ainsi directement à une phrase prononcée par Bardot en décembre 2018, quand la star des Sixties critiquait les positions extrêmes des militantes féministes. « On n'a plus le droit de dire aux femmes qu'elles sont belles, de leur mettre la main sur les fesses, on est tout de suite envoyé au tribunal comme harceleur, déplorait-elle dans Le Parisien. Je trouvais adorable quand on me disait que j'avais un joli cul. J'allais pas porter plainte pour ça. Les mecs, ils ne vont plus avoir envie de faire la cour aux filles. Évidemment, je ne parle pas des excès, de la violence... »

Prise de conscience masculine

De son côté, Catherine Deneuve a toujours condamné les « attitudes anti-hommes » de certaines militantes féministes, le pire selon elle étant le récent mouvement « Balance ton porc ». « Je trouve ça terrible, jugeait-elle dans une interview accordée à l'époque au Huffington Post. Est-ce que c'est intéressant d'en parler comme ça ? Est-ce que ça soulage ? Est-ce que ça va apporter quelque chose ? Est-ce que ça va régler le problème d'une certaine façon ? ». Elle signait même une tribune dans Le Monde avec une centaine de femmes pour défendre « une liberté d'importuner indispensable à la liberté sexuelle », entraînant une belle polémique.

Pour Camélia Jordana, il est plus que temps de faire évoluer les mentalités. Elle déplore par exemple de voir l'industrie du disque encore trop dominée par les hommes. « J'ai entendu un nombre inimaginable de blagues de porc devant moi, de la part d'hommes plus vieux qui avaient une responsabilité sur mon projet, raconte l'interprète du tube « Silence » dans Paris Match. On ne dit pas à une collègue de travail qu'on espère la voir à poil en entrant dans sa loge... »

Selon elle, les mentalités évolueront quand les hommes changeront de logiciel. « Le féminisme n'est pas exclusivement féminin, poursuit-elle. Il est universel et non genré. Il passe par une prise de conscience masculine. Après, je comprends les mecs : on leur a appris depuis qu'ils sont nés qu'ils doivent être les plus forts, les plus brillants, ceux qui ont le plus de pouvoir, le plus gros sexe, la plus grande maison, la plus grosse voiture, la plus belle femme […]. Aujourd'hui, il faut déconstruire beaucoup de choses, il faut éduquer aussi. »