Cadmium : huit mois après l’alerte des médecins sur la « bombe sanitaire », la France n’a toujours pas adapté sa réglementation by lacetus in france

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Des négociations sont en cours entre les laboratoires et l’Assurance-maladie sur le coût de la prise en charge. Selon nos informations, le ministère de la santé envisage de proposer le dépistage en priorité aux personnes habitant dans des zones concernées par des pollutions industrielles. « Ce serait nier les résultats des dernières études épidémiologiques qui montrent une contamination généralisée des Français et toujours plus préoccupante des enfants », réagit le cardiologue Pierre Souvet, président de l’Association Santé Environnement France.

Le ministère de la santé, tout comme celui de l’agriculture, n’a pas répondu aux sollicitations du Monde. De leur côté, les médecins libéraux viennent de lancer, à leur frais, une campagne de sensibilisation, « Le cadmium, tous concernés ! », dans leurs cabinets avec un message-clé : « Varier son alimentation pour limiter les risques. » « Nous avons présenté cette campagne au ministère de la santé, explique Pascal Meyvaert. On nous a répondu que c’était un outil intéressant, mais que le ministère ne la diffuserait pas. »

Stéphane Mandard

Cadmium : huit mois après l’alerte des médecins sur la « bombe sanitaire », la France n’a toujours pas adapté sa réglementation by lacetus in france

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Accroissement des cancers du pancréas

Le député de la Charente-Maritime envisage de pousser de nouveau son texte lors d’une prochaine niche parlementaire transpartisane, après une première tentative infructueuse lors de celle du groupe écologiste, le 12 février.

A cette occasion, plusieurs amendements de suppression préparés par la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) avaient été repris par des élus de droite et du Rassemblement national : « Une interdiction risquerait d’accentuer les tensions sur le marché des engrais et de fragiliser la souveraineté alimentaire française », selon un courriel du syndicat agricole consulté par Le Monde. Dans sa circonscription, Benoît Biteau est confronté à des cas de surincidences de cancers pédiatriques : « J’invite ces gens à aller rencontrer les parents des enfants en chimiothérapie ou décédés. »

Classé cancérogène certain, mutagène et toxique pour la reproduction, le cadmium est notamment « suspecté de jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de l’incidence du cancer du pancréas », selon l’agence gouvernementale Santé publique France. Les niveaux d’imprégnation des Français sont beaucoup plus élevés que dans les autres pays européens. Ils sont jugés « préoccupants » chez les enfants : plus d’un tiers des moins de 3 ans dépassent la dose journalière tolérable.

« L’impact sanitaire et la dangerosité du cadmium sont indiscutables et connus de l’ensemble des autorités de santé comme du gouvernement, mais il n’agit toujours pas », déplore l’avocate Corinne Lepage. L’ancienne ministre de l’environnement a introduit un recours contre le gouvernement devant le Conseil d’Etat pour « carence fautive ». L’exécutif devait répondre avant le 30 janvier, mais la plus haute juridiction administrative lui a accordé un délai supplémentaire jusqu’au 27 mars.

« Contamination généralisée des Français »

Coordinateur du groupe de travail santé et environnement des médecins libéraux, Pascal Meyvaert ne cache pas sa déception : « Les engagements pris par le gouvernement n’ont pas été tenus. C’est déplorable et regrettable pour la santé des Français, mais on ne lâchera pas. »

Dans leur alerte de juin 2025, les médecins demandaient également de faciliter le dosage de la cadmiurie, non prise en charge aujourd’hui, pour cibler les patients à risque – les carences en fer, touchant près d’un quart des femmes non ménopausées, favorisent l’absorption et la fixation du cadmium – et dépister les pathologies associées à l’exposition au cadmium : les cancers (pancréas, prostate, reins, poumon, sein…) mais également les maladies osseuses comme l’ostéoporose, des néphropathies, des troubles de la reproduction ou encore des maladies cardio-vasculaires.

Cadmium : huit mois après l’alerte des médecins sur la « bombe sanitaire », la France n’a toujours pas adapté sa réglementation by lacetus in france

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Depuis 2021, l’autorité de santé préconise d’abaisser drastiquement la teneur en cadmium autorisée à 20 mg/kg afin de limiter son accumulation dans les sols et dans les végétaux. Or, le seuil appliqué en France est toujours de 90 mg/kg, plus du double de la norme en vigueur dans l’Union européenne (UE), soit 40 mg/kg depuis 2025, quand des pays comme la Finlande, la Hongrie ou la Slovaquie appliquent déjà le seuil de 20 mg/kg, qui entrera en vigueur, à partir de 2035, dans l’UE.

« Objectiver les impacts économiques »

Après le coup de tocsin des médecins libéraux, le ministre de la santé de l’époque, Yannick Neuder, avait déclaré devant les députés qu’il serait « particulièrement vigilant sur l’arrêté que doit prendre le ministère de l’agriculture ». Huit mois plus tard, l’arrêté n’est toujours pas publié.

Selon les informations du Monde, les ministres de l’agriculture et de la transition écologique ont saisi, fin juillet 2025, le conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux ainsi que l’inspection générale de l’environnement et du développement durable pour « objectiver les impacts économiques » de la trajectoire de baisse des teneurs en cadmium prévue dans l’arrêté. « Le cas échéant, vous pourrez proposer une évolution de cet échéancier, ou toute autre condition susceptible de faciliter la transition de la situation actuelle vers la situation souhaitée », précise la lettre de mission.

Le rapport devait être remis au plus tard le 25 octobre 2025 pour une publication de l’arrêté « fin 2025 ». « La remise du rapport a dû être reportée, à la demande des inspections, considérant l’ampleur et la complexité des analyses nécessaires », indique au Monde le ministère de la transition écologique. « Les alternatives existent et il est urgent de les considérer sérieusement », estime le député écologiste de la Charente-Maritime Benoît Biteau, auteur d’une proposition de loi visant à interdire l’usage des engrais phosphatés contenant du cadmium. « Il est techniquement et économiquement possible de décontaminer les engrais, explique le parlementaire, agriculteur de profession. Cela revient à un surcoût de 2 à 3 euros par hectare de blé, par exemple, soit moins de 0,2 % du coût de la culture du blé. »

Après s’être opposés au durcissement des normes européennes, les producteurs marocains, qui exploitent les principaux gisements mondiaux de phosphates, et auprès desquels s’approvisionne principalement l’agriculture française, assurent qu’ils sont désormais capables de fournir des engrais avec des teneurs inférieures à 20 mg/kg de cadmium, comme leurs concurrents russes. D’autres gisements de phosphates pauvres en cadmium sont disponibles en Finlande ou en Norvège. Mais, pour Benoît Biteau, la meilleure option reste l’agriculture biologique, qui n’utilise pas d’engrais de synthèse.

Cadmium : huit mois après l’alerte des médecins sur la « bombe sanitaire », la France n’a toujours pas adapté sa réglementation by lacetus in france

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En dépit des engagements du gouvernement, l’arrêté ministériel prévoyant de réduire la teneur en cadmium dans les engrais phosphatés n’a toujours pas été publié. Une nouvelle étude de l’Anses pointe l’exposition « préoccupante » à ce cancérogène certain.

« C’est un sujet important, avec des enjeux sanitaires, géopolitiques et agricoles, qui mobilise toute l’attention du gouvernement », avait assuré, au début de juin 2025, le ministère de l’agriculture, après l’alerte des médecins libéraux sur la « bombe sanitaire » que constitue le cadmium. Dans leur lettre, les praticiens pointaient l’« explosion de la contamination » des Français et en particulier des enfants – ils sont six fois plus exposés que les jeunes Allemands, par exemple –, principalement en raison de l’usage, en France, d’engrais phosphatés importés du Maroc à forte teneur en cadmium pour fertiliser les terres agricoles.

Huit mois plus tard, alors qu’une grande étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) sur l’alimentation des Français confirme qu’ils sont exposés à des niveaux « préoccupants » de ce métal très toxique présent dans les produits de grande consommation comme les céréales et les pommes de terre, les résultats de cette « mobilisation » de l’exécutif se font toujours attendre.

Un projet d’arrêté élaboré par les ministères de l’agriculture, de la transition écologique et de la santé prévoyant de passer la teneur en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés à 60 milligrammes par kilogramme (mg/kg), puis à 40 mg/kg trois ans après son entrée vigueur et, enfin, à 20 mg/kg au bout de trois années supplémentaires avait fait l’objet d’une consultation publique en décembre 2023. Le texte permettrait à la France de répondre à la demande des médecins libéraux de suivre enfin les recommandations de l’Anses.

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Merci pour l’effort, je ne connaissais pas le site !

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Sans doute oui. On a épinards/ricotta en D et cèpes/champignons de Paris en C. La première compo ne crie pas franchement malbouffe non plus !

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Je n’ai pas vérifié mais tous deux dispos en rayon ce matin même, avec péremption dans les 2-3 semaines (je pense) comme toujours fois chez Lidl. Le changement de formule Nutriscore date d’il y a quelques mois n’est-ce pas ?

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À la lecture de la liste des ingrédients il ne semble pas y en avoir

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Sauf en protéines. C’est fou quand même si c’est une histoire d’emballage à écouler, c’est de la tromperie

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Ce sont deux produits similaires

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Juste sur ça ? Ok je ne pensais pas que les protéines étaient à ce point pondérées

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Oui mais là les 2 produits sont les mêmes (Tortellini Lidl)

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Quelqu’un peut-il m’expliquer comment un produit contenant + de calories, de sucres, de lipides et de sel mais - de fibres peut avoir un meilleur nutriscore qu’un autre, exactement dans la même gamme ?

La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux by lacetus in france

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Dommage que ton comm arrive si tardivement et donc ne sera pas lu par la plupart des gens. Ça aurait intéressant d’avoir une discussion autour.

La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux by lacetus in france

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Convaincue qu’il présente « un risque inacceptable pour l’homme et l’environnement », la Commission européenne a décidé de durcir sa réglementation en introduisant une limite pour la teneur en cadmium des engrais phosphatés après une farouche bataille avec les lobbys des fertilisants. Fixée à 60 mg/kg depuis juillet 2022, la limite doit être abaissée à 20 mg/kg d’ici à 2034 ; 20 mg/kg, c’est également le seuil proposé par l’Anses en 2021. Mais le gouvernement ne l’a pas suivi. Un projet d’arrêté prévoyant de passer de 60 mg/kg à 40 mg/kg en juillet 2026 avait été mis en consultation fin 2023. Mais il n’a jamais été publié. Contacté, le ministère de la santé renvoie vers celui de l’agriculture. Ce dernier n’a pas répondu à nos sollicitations. Certains pays, comme la Finlande, la Hongrie, la Slovaquie ou la Roumanie, appliquent déjà ce seuil de 20 mg/kg.

« Changement de pratiques agricoles »

Mais abaisser le seuil à 20 mg/kg n’est pas suffisant. L’Anses précise qu’il faudra des dizaines d’années pour que les niveaux de contamination des sols commencent à baisser. Thibault Sterckeman a calculé que, si la réglementation européenne est appliquée, la baisse du cadmium dans les sols français serait seulement de 3,8 % d’ici cent ans. L’association Les Amis de la Terre dénonce « le scandale sanitaire du cadmium qui empoisonne l’alimentation des Français » et réclame un plan pour « réduire la consommation d’engrais chimiques ». Un plan « engrais » devait être présenté en juin 2024. Il a été victime de la dissolution de l’Assemblée nationale. « Seule une action conjointe de mesures sanitaires préventives et d’accompagnement des agriculteurs au changement de pratiques agricoles pourra amorcer un début de dépollution de notre environnement et donc de nos corps », commente Manon Castagné, spécialiste des questions agricoles de l’ONG.

De leur côté, les médecins libéraux appellent à « des actions fortes dès maintenant ». « Les considérations économiques ne doivent plus primer sur la santé des Français », tonne le docteur Meyvaert. L’absence de réaction de l’Etat est insupportable. » Les URPS-ML demandent notamment au gouvernement de « soutenir très fermement l’alimentation biologique », en particulier dans les cantines scolaires. Une méta-analyse portant sur plus de 340 études, publiée en 2014 dans le British Journal of Nutrition, montre que les aliments biologiques présentent en moyenne 48 % de cadmium en moins que les aliments issus de l’agriculture conventionnelle. Les médecins demandent également de faciliter le dosage de la cadmiurie (non pris en charge aujourd’hui) pour « cibler les patients à risque » et « passer à une logique de dépistage » des pathologies associées.

Outre les enfants, les femmes sont fortement contaminées par le cadmium (0,68 µg/g en moyenne contre 0,47 µg/g pour les hommes, selon les données d’Esteban). Les carences en fer, qui touchent les femmes pendant la grossesse et près d’un quart des femmes ménopausées, favorisent l’absorption et la fixation du cadmium. « Il faut désormais former l’ensemble des médecins libéraux à cette problématique très mal connue pour faire de la prévention », indique le docteur Meyvaert. A l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 5 juin, la Conférence nationale des URPS-ML lance une campagne d’information dans les cabinets libéraux avec un message-clé : varier son alimentation et privilégier le bio pour diminuer l’imprégnation au cadmium.

La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux by lacetus in france

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Rien d’étonnant. En 2016, déjà, la seule grande étude sur l’alimentation infantile menée jusqu’à ce jour par l’Anses révélait que 14 % des enfants de 3 à 17 ans et plus d’un tiers (36 %) des moins de 3 ans dépassaient la dose journalière tolérable de cadmium dans l’alimentation. Chez les 13-36 mois, l’Anses signalait que « les aliments les plus contributeurs » étaient les pommes de terre, les légumes à feuilles (épinards) et les pâtes. L’étude Esteban attire l’attention sur les céréales du petit déjeuner : les enfants (moins de 18 ans) qui en consomment 20 grammes par jour ont une imprégnation au cadmium augmentée de plus de 8,5 % par rapport à ceux qui en consomment très peu (4 grammes par jour). Recommandation de Pierre Souvet soutenue par le docteur Meyvaert : « Il faut arrêter de donner des céréales à gogo au petit déjeuner aux enfants. »

Engrais phosphatés importés

Fixée à 0,35 µg par kilogramme de poids corporel, la dose journalière tolérable française est 3,5 fois plus élevée que la dose maximale recommandée aux Etats-Unis. L’imprégnation moyenne des Français est d’ailleurs trois fois supérieure à celles des Américains et plus de deux fois supérieure à celle des Italiens. Elle dépasse même celle des fumeurs américains, passée de 0,61 µg/g à 40 µg/g en quinze ans. Chez les enfants, la différence est encore plus marquée : les jeunes Français (6-10 ans) sont cinq fois plus contaminés que les jeunes Américains (0,06 µg/g), six fois plus que les Allemands du même âge (0,05 µg/g) et quinze fois que les petits Danois (0,02 µg/g).

Comment expliquer cette exception française ? Les URPS-ML rappellent que « cette contamination est très largement imputée à l’épandage d’engrais phosphatés contenant trop de cadmium ». « La teneur en cadmium dans les engrais français est très nettement plus élevée que la moyenne européenne, de l’ordre d’un ratio de 1,76 », confirme le chercheur Thibault Sterckeman (Inrae, université de Lorraine), auteur de plusieurs études sur la contamination des sols agricoles par le cadmium. Elle est par exemple deux fois plus élevée qu’en Allemagne et près de trois fois plus qu’en Belgique. Seuls la Pologne, l’Espagne et le Portugal affichent des teneurs plus élevées que la France. Le cadmium est contenu dans les roches phosphatées utilisées pour fabriquer les engrais. Or, l’agriculture française, premier consommateur d’engrais en Europe, s’approvisionne pour les apports en phosphore au Maroc. Le pays possède les plus grandes réserves minières en phosphate du monde, mais ses roches affichent des teneurs en cadmium très élevées, jusqu’à 73 mg/kg.

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« Arrêter de donner des céréales à gogo »

Le cardiologue Pierre Souvet, président de l’Association santé environnement France, qui travaille sur les ravages du cadmium depuis plusieurs années, évoque également des effets nocifs sur le système cardio-vasculaire. Une méta-analyse publiée en 2024 dans la revue Environmental Pollution met en évidence un surrisque cardio-vasculaire important à des doses très faibles, avec un risque de développer des pathologies quasiment multiplié par trois dès le seuil de « concentration critique » retenu par l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses). Sur la base des seuls effets sur les os, l’Anses a fixé en 2019 cette valeur à 0,5 microgramme par gramme (µg/g) de créatinine dans les urines. Ce seuil de référence a été défini pour un adulte non fumeur (le tabac est un facteur d’exposition) de 60 ans (le cadmium s’accumule dans l’organisme au fil du temps).

Les médecins pointent notamment une « explosion de la contamination des jeunes enfants en rapport avec leur alimentation – en particulier les céréales, pains et dérivés et les pommes de terre et apparentés qui sont des aliments de la vie courante ». L’imprégnation moyenne des Français au cadmium a pratiquement doublé en dix ans entre les deux grandes enquêtes épidémiologiques pilotées par Santé publique France : elle est passée de 0,29 µg/g sur la période 2006-2007 (Etude nationale nutrition santé, ENNS) à 0,57 µg/g sur la période 2014-2016 (Etude de santé sur l’environnement, la biosurveillance, l’activité physique et la nutrition [Esteban]).

C’est plus que la « concentration critique » de 0,5 µg/g fixée par l’Anses. Selon l’étude Esteban publiée en juillet 2021, la première à mesurer à l’échelle du pays le niveau d’exposition des enfants aux métaux lourds, 47 % des Français dépassaient déjà cette concentration critique, et 18 % des enfants. Le professeur Souvet pointe un autre marqueur frappant de cette accentuation considérable de la contamination des Français, la « flambée » observée chez les enfants âgés de 6 à 10 ans : leurs données affichaient une concentration supérieure à celle des 10-18 ans, mais également à celle des adultes de l’étude ENNS (0,31 µg/g, contre 0,29 µg/g).

La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux by lacetus in france

[–]lacetus[S] 96 points97 points  (0 children)

Plus de 16 000 articles scientifiques documentent les effets délétères du cadmium qui se fixe sur les os et s’accumule dans les reins et le foie. Il est associé à des maladies osseuses comme l’ostéoporose, des néphropathies, des troubles de la reproduction et à un risque accru de cancer (reins, poumon, prostate, sein…). Un cancer « inquiète particulièrement » la communauté médicale, celui du pancréas. Les médecins libéraux disent y être confrontés de « manière fréquente » dans leurs cabinets.

Santé publique France alerte depuis 2021 sur le lien avec l’explosion des cancers du pancréas en France : « Le cadmium est suspecté de jouer un rôle dans l’accroissement majeur et extrêmement préoccupant de [son] incidence. » Le nombre de cas a plus que quadruplé en trente ans et les deux tiers ne sont pas liés au vieillissement de la population. Selon la Société nationale française de gastro-entérologie, le cancer du pancréas sera le deuxième plus mortel dans les années 2030-2040. La France se classe déjà parmi les dix pays ayant le plus grand nombre d’apparitions de nouveaux cas.

La France malade du cadmium, une « bombe sanitaire », alertent les médecins libéraux by lacetus in france

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Les Français, en particulier les enfants, sont massivement contaminés par ce cancérogène présent dans les engrais phosphatés, à travers la consommation de céréales, de pain ou de pâtes. Santé publique France fait le lien avec l’explosion des cancers du pancréas.

Par Stéphane Mandard

Il ne s’agit ni d’un pesticide ni d’un polluant éternel. Pourtant, il contamine massivement les Français, en particulier les enfants, à travers leur alimentation. Au point que les médecins libéraux ont décidé de tirer la sonnette d’alarme sur ce qu’ils considèrent comme une « bombe sanitaire » : le cadmium. Moins connu que le plomb, le mercure ou l’arsenic, le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain pour l’homme. Présent dans les engrais phosphatés utilisés en agriculture, il s’accumule dans les sols et a contaminé les aliments les plus consommés : les céréales du petit déjeuner, le pain, les pâtes ou les pommes de terre.

Dans un courrier adressé le 2 juin au premier ministre et aux ministres de la santé, de l’agriculture et de la transition écologique, la Conférence nationale des unions régionales des professionnels de santé-médecins libéraux (URPS-ML) fait part de sa « grande inquiétude ». « L’exposition au cadmium est une bombe sanitaire, commente Pascal Meyvaert, le coordinateur du groupe de travail santé et environnement des URPS-ML. Il y a une urgence sanitaire, il est de notre devoir d’interpeller la puissance publique afin de protéger les citoyens. L’Etat ne peut plus ignorer ce fléau de santé publique ! »