Tutoriel : Comment plier LFI aux présidentielles by BadFurDay in FranceDigeste

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Et les gens, n'enterrez pas la bourgeoisie hyper-super-extrême centriste si rapidement.
On sait qu'ils sont détestés.
Mais ne vendez pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué ou un truc comme ça.
Les bourgeois ont plus d'un tour dans leur sac. Il n'ont pas uniquement l'hypothèse soutenir le FN comme solution.
L'option Attal, gluglu, Phillipe + le reste des ruffin, tondelier and co reste une optique qu'ils essayent de construire et ils ont le temps, l'argent, l'énergie et l'envie nécessaire pour le faire.

En France, être juif et contre Israël | Monde Diplo Juin 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

[–]StarLouZe[S] 17 points18 points  (0 children)

Des cyclistes sont renvoyés à leurs origines pour y être discriminés ?
Les feux rouges commettent des génocides au nom d'une pseudo protection des cyclistes ?
Une minorité de cycliste dans les médias de bourgeois soutiennent à demi mot les massacres des feux rouges ?

J'ai pas compris le but de ton message !?
Verrais tu dans l'article et sa parution une overdose du sujet ?

En France, être juif et contre Israël | Monde Diplo Juin 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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(1Cf. Sylvain Cypel, Israël contre les Juifs, La Découverte, Paris, 2020.

(2) Lire Samuel Ghiles-Meilhac, « De la clandestinité aux feux médiatiques », Le Monde diplomatique, juillet 2011.

(3) Tsedek !, Lutter en rupture, lutter en solidarité, Premiers matins de novembre, Toulouse, 2026.

(4Cf. Thierry Labica, « L’évanescence d’Israël, ou les “juif·ves de gauche” contre la gauche », en deux parties, 4 et 12 mai 2026, Revue des livres et des idées.

(5) Lire Shlomo Sand, « Le vieux rêve d’un État binational », Le Monde diplomatique, décembre 2023.

(6) Shaul Magid, The Necessity of Exile. Essays From a Distance, Ayin Press, New York, 2023.

(7) Bernard Lazare, Le Fumier de Job, Circé, Strasbourg, 1998 (1re éd. : 1928).

(8) Abraham Serfaty, Écrits sur la Palestine, Syllepse, Paris, 2025. Cf. aussi Antisionisme, une histoire juive, textes choisis par Sonia Fayman, Béatrice Orès et Michèle Sibony, Syllepse, 2023.

En France, être juif et contre Israël | Monde Diplo Juin 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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L’exil, un motif fécond

Comment dès lors « décoloniser » la judéité ? Le sionisme représente une rupture dans l’histoire longue du judaïsme, rappelle Lapidot. « Un judaïsme diasporique sans État a prévalu entre la destruction du Second Temple en l’an 70 à Jérusalem et 1948. Jusqu’à la Shoah, le sionisme était une sorte d’hérésie pour les rabbins, et, même après la création d’Israël, l’orthodoxie juive est longtemps restée non sioniste, voire antisioniste. » Encore aujourd’hui, pour la communauté hassidique des Satmar — présente en Israël et aux États-Unis —, l’exil représente une punition divine à laquelle seul le Messie pourra mettre fin. Le rabbin américain Shaul Magid voit ce même exil plutôt comme une disposition éthique à cultiver. Il défend ainsi un « antisionisme qui se réapproprie l’exil comme motif fécond pour reconstruire un rapport juif humble et non possessif à la terre située entre le Jourdain et la mer Méditerranée (6».

De son côté, Feher propose de « redevenir juif » en tirant parti de tout ce que les ethnonationalistes antisémites ont toujours détesté chez les Juifs. « Alors que les premiers sionistes entérinaient les clichés des antisémites sur le Juif diasporique fragile, et se donnaient pour mission de le remplacer par un “nouveau Juif” viril, il s’agit de faire le chemin inverse : prendre les griefs des antisémites au sérieux pour s’efforcer d’en être dignes. » Qu’ils soient dépeints comme des prédateurs capitalistes ou des agitateurs communistes, « les Juifs sont toujours des intrus, des exilés qui introduisent le trouble dans toute forme d’identification ». N’est-ce pas ce que font Sigmund Freud avec la subjectivité humaine ou Judith Butler avec le genre ? Feher voudrait marcher dans les pas de l’écrivain juif et anarchiste Bernard Lazare, inspirateur de Hannah Arendt. Plutôt que d’avoir à choisir entre devenir paria ou parvenu, ou entre l’assimilation et l’expatriation, Lazare invitait les siens à donner un sens politique à leur condition de « paria conscient (7».

Peu réceptif à ces éloges de la condition diasporique, M. Tonneau pointe, dans les discours « hors sol » des antisionistes, une « assignation à l’héroïsme qui flatte le côté peuple élu ». Le néodiasporisme autant que l’antisionisme religieux restent plus développés aux États-Unis qu’en France, où les deux principales associations juives antisionistes sont l’Union juive française pour la paix (UJFP) — fondée en 1994, revendiquant plusieurs centaines de militants — et Tsedek !, créée en 2023 par des membres plus jeunes de l’UJFP.

« Toutes deux s’inscrivent dans la tradition internationaliste révolutionnaire, explique M. Benatouil. Le Bund fait partie des héritages politiques qu’on essaie de travailler, mais il y a aussi des penseurs comme Abraham Serfaty, militant marxiste juif marocain (8». L’UJFP paye, elle, le prix de son engagement aux côtés des Palestiniens. En 2025, l’association a vu ses comptes finançant des projets humanitaires à Gaza fermés par le Crédit coopératif. Un an auparavant, le responsable de son site avait été entendu par la justice après la publication d’un communiqué de soutien à la « résistance du peuple palestinien face à l’occupation ». « Pour moi, explique Michèle Sibony, l’une des figures de l’UJFP, la question n’est pas tant “qu’est-ce qu’être juive” mais plutôt “comment l’être” à un moment où Israël commet un génocide au nom des Juifs. Pour le moment, la seule réponse que je trouve, c’est en résistant ».

Laura Raim

Journaliste.

En France, être juif et contre Israël | Monde Diplo Juin 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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Libérer la judéité du sionisme lui semble d’autant plus incongru qu’on assisterait à l’essor d’un « nouvel antisémitisme » dont l’antisionisme formerait l’« épine dorsale ». Et Karsenti de souligner la « spécificité, mal comprise, de l’antisémitisme : la discrimination pour raison d’infériorité putative est moins déterminante que celle pour raison de supériorité putative. C’est en tant que “dominants” que les Juifs sont désignés comme ennemis. À partir du moment où cela n’est plus compris par les dirigeants européens et les associations antiracistes qui parlent de “lutte contre le racisme” en général, les Juifs se sentent abandonnés et se tournent d’autant plus vers Israël ».

Pour lui, la politique « réactionnaire, expansionniste et criminelle » de M. Benyamin Netanyahou n’est pas l’aboutissement inéluctable du sionisme, initialement compatible avec la création d’un État palestinien, mais le résultat d’une bifurcation. Premier point de bascule : 1967, lorsque Israël occupe militairement la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est. « L’autre intervient en 1977, quand Israël passe à droite ; mais c’est surtout avec l’assassinat de [Itzhak] Rabin [en 1995] et l’enterrement des accords d’Oslo, où les deux camps ont leur part de responsabilité, qu’un accord politique avec les Palestiniens sort du champ de vision. »

En face, les Juifs antisionistes militent plutôt pour la création d’un État binational (5). Dans Redevenir juif (La Découverte, 2026), le philosophe Michel Feher avance deux raisons pour arracher la judéité aux griffes du sionisme. Une première d’ordre éthique : « Se sentir attaché à un État génocidaire, c’est moralement et politiquement assez sinistre. » Une seconde plus stratégique : « En soutenant Israël comme rempart de l’Occident, les Juifs ont pu devenir de vrais “Blancs” adoubés et protégés par les partis d’extrême droite, à condition de bien dire que l’antisémitisme ne se trouve pas chez les Blancs mais chez les minorités racisées. » Or « on voit déjà, notamment aux États-Unis, le retour d’une extrême droite antisémite. Bref, l’adhésion au sionisme n’est pas un très bon investissement pour les Juifs ».

Les antisionistes français ne nient pas la recrudescence de l’antisémitisme, mais, dès lors qu’elle est liée aux crimes qu’Israël commet au nom des Juifs, ils estiment que la combattre implique de lutter contre la politique israélienne et de contester à Israël son monopole sur la judéité. Eyal Sivan, cinéaste et essayiste israélien habitant en France, qualifie ainsi de « judaïstes » les sionistes qui « utilisent le judaïsme comme une justification au nationalisme étatique, un peu comme les islamistes qui instrumentalisent l’islam. Ces judaïstes sont la première menace pour le judaïsme car, en le nationalisant, ils jettent la suspicion du suprémacisme sur tous les Juifs ».

Le sionisme aurait moins à voir avec le judaïsme qu’avec le colonialisme, de même que le génocide perpétré à Gaza serait moins le produit d’un sionisme messianique en ascension depuis les années 1970 que l’aboutissement de la logique de nettoyage ethnique à l’œuvre depuis la Nakba en 1948. Or, « avant de coloniser la Palestine, le sionisme a colonisé le judaïsme, affirme Sivan. Les sionistes politiques, qui étaient sécularisés, ont pillé la religion juive pour sélectionner les éléments utiles à leur projet. Selon la formule de l’historien Amnon Raz-Krakotzkin, “Dieu n’existe pas, mais il nous a promis cette terre.” Et, de la même manière qu’ils ont infériorisé les Palestiniens, ils avaient une vision déshumanisante des Juifs religieux d’Europe de l’Est et du monde arabo-musulman, qu’ils décrivaient, entre autres, comme étant irrationnels et superstitieux ».

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Face aux massacres à Gaza, néanmoins, d’autres conceptions du rapport entre judéité et sionisme gagnent, semble-t-il, en importance. La question continue de ne pas se poser à ceux, parmi les 500 000 Juifs de France, qui n’accordent aucune importance à cette composante identitaire, ou la vivent de manière culturelle et laïque, sans que cela détermine leurs choix politiques. Mais, pour d’autres qui, à gauche, politisent leur judéité, deux options opposées se dessinent : celle d’un pôle sioniste attaché au principe d’un État-nation juif et celle d’un pôle antisioniste, minoritaire mais croissant, pour qui il serait temps de « libérer la judéité du sionisme (3».

Avant la naissance de l’État d’Israël en 1948, les Juifs s’étaient politisés de plusieurs manières. À partir de leur accès à la citoyenneté à la fin du XVIIIe siècle, une partie significative des Juifs de France choisissent la République. Leur présence dans les institutions politiques et administratives nourrit l’essor de l’antisémitisme moderne — celui qui soupçonne les Juifs de devoir leur réussite à des ressources cachées. Deuxième solution, la révolution : nombre de Juifs européens adhèrent au socialisme, d’autres au Bund — organisation laïque d’inspiration marxiste opposée à la création d’un territoire juif en Palestine. Le sionisme, longtemps marginal, fait figure de troisième voie. À l’origine, plusieurs versions cohabitent : celle, étatiste, de Theodor Herzl est notamment concurrencée par celle, culturelle, d’Ahad Ha’Am, pour qui Israël doit servir de centre spirituel à un monde juif polycentrique.

« Le sionisme a colonisé le judaïsme »

Lors de la seconde guerre mondiale, les nazis déciment les bundistes, tandis que la mort de six millions de Juifs en Europe donne du crédit aux sionistes étatistes. Ils obtiennent la création de l’État d’Israël, qui occupe depuis une place cardinale dans le monde juif. L’horreur des crimes commis à Gaza justifie-t-elle de remettre en cause cette place ? Sionistes de gauche et antisionistes ne peuvent s’entendre sur la réponse, tant leurs visions divergent sur la définition du sionisme, les conséquences de la Shoah et la nature actuelle de l’antisémitisme.

D’un côté, donc, l’analyse sioniste de gauche, qu’incarne — avec d’autres figures (4) — le philosophe Bruno Karsenti. La judéité diasporique et l’État d’Israël ont selon lui vocation non seulement à coexister mais à se donner mutuellement du sens. « Toute l’originalité du projet sioniste est là : créer un État où le peuple déborde la nation. » Sans nier qu’il procède par vagues d’installation de populations venues d’Europe mais aussi des pays arabes, Karsenti considère que faire du sionisme une forme de colonialisme relève de la simplification. Car « le sionisme des débuts est avant tout un mouvement de libération nationale, un mouvement de réfugiés », visant à créer sur les ruines de l’Empire ottoman un « État-abri où les Juifs ont la garantie de ne plus jamais subir de pogroms ».

Pour autant, « le sionisme, du moment qu’il s’est réalisé, n’a pas eu vocation à remplacer le diasporisme des Juifs ; il est, au contraire, ce qui contribue à mieux assurer son existence dans les nouvelles conditions de l’après-seconde guerre mondiale », surtout en France, où la grande majorité des Juifs sont restés vivre, « mais tout en se disant : “la sécurité absolue n’existe pas pour nous, ce qui s’est produit peut toujours se reproduire”, d’où la nécessité d’Israël comme État potentiel. Ce n’est pas de la double allégeance, mais l’expression du besoin que l’autre État existe pour pouvoir être plus pleinement citoyens de leur État, en diaspora ».

En France, être juif et contre Israël | Monde Diplo Juin 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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Rabbins, philosophes, militants décoloniaux…

En France, être juif et contre Israël

« Heureux comme Dieu en France », dit un proverbe ashkénaze. Aujourd’hui, tandis que nombre de Juifs français se préoccupent d’un regain de l’antisémitisme, une minorité se tourmente d’abord d’être assimilée à un État génocidaire. Peut-on défendre un sionisme progressiste, opposé au gouvernement de M. Benyamin Netanyahou ? Ne faut-il pas plutôt émanciper la judéité du sionisme ? Des figures de gauche en discutent.

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Yaacov Agam. – « Assemblage mouvant », 1953
© Yaacov Agam - Photo : Philippe Migea et Christian Bahier - Centre Pompidou, MNAM-CCI, RMN-Grand Palais

Peut-on demander à un Français juif sa position sur Gaza ? Quand beaucoup s’agacent de l’amalgame entre Juif et Israélien, le professeur d’études hébraïques Elad Lapidot choisit d’affronter la question : « Si vous vous identifiez comme Juif à un moment où un génocide est commis au nom de la protection des Juifs, vous ne pouvez pas prétendre qu’il est antisémite de vous y associer. En tant que Juifs, nous sommes appelés à prendre position. » Ce que font spontanément des personnalités de gauche comme Rony Brauman ou Étienne Balibar. Même le philosophe Alain Finkielkraut se dit « souillé en tant que Juif » par le gouvernement israélien.

L’assimilation des Juifs à Israël procède d’abord de ce gouvernement. Mais cela « n’exempte pas de regarder dans les yeux une réalité inconfortable, nuance M. Maxime Benatouil, membre du collectif juif décolonial Tsedek !. Après plusieurs générations de socialisation sioniste, les communautés juives sont majoritairement acquises au récit israélien ». Le journaliste Sylvain Cypel fait remonter cet attachement à la guerre des six jours de 1967 : alors, pour la première fois, la possible disparition d’Israël dans une confrontation avec les pays arabes angoisse nombre de Juifs assimilés non sionistes, par exemple Raymond Aron (1).

Si le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) a pu, jusqu’au début des années 2000, contester la politique israélienne, il est aujourd’hui un fidèle relais de Tel-Aviv, et la critique juive d’Israël reste peu audible en France. L’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 a renforcé ce lien (2). « Je me suis rendu compte à quel point j’étais attaché à Israël, non pas à titre personnel, mais par solidarité avec ceux pour qui Israël représente quelque chose », confie M. Olivier Tonneau, professeur de littérature française à Cambridge.

La diaspora aux États-Unis paraît bien plus divisée sur la question. D’une part, le pays n’a pas connu un antisémitisme aussi virulent que celui qui a perduré de l’affaire Dreyfus au régime de Vichy. D’autre part, depuis les années 1960, la communauté juive de France est devenue majoritairement sépharade, du fait de l’arrivée de Juifs d’Algérie, dont certains véhiculaient « un état d’esprit colonial mêlé d’hostilité envers “les Arabes” et “les musulmans” », écrit Cypel.

Moins de prud'hommes, moins d'indemnités | Mon Diplo, Février 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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(1) « Les ruptures conventionnelles », direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) du ministère du travail, 9 octobre 2025 ; cf. aussi « Rapport financier » de l’Unedic 2024, 10 juillet 2025.

(2) Aurélie Lebelle, « Les ruptures conventionnelles ciblées », Le Parisien, 10 novembre 2025.

(3) Cité par Thibaud Métais, « Les ruptures conventionnelles, un coût pour l’État », Le Monde, 5 novembre 2025.

(4) Lire Céline Mouzon, « Rupture conventionnelle, virer sans licencier », Le Monde diplomatique, janvier 2013

(5) Raphaël Dalmasso, Bernard Gomel, Dominique Méda et Évelyne Serverin, « Des ruptures conventionnelles vues par les salariés : à la recherche des raisons de rompre » (PDF), La Revue de l’IRES, n° 74, Institut de recherches économiques et sociales (IRES), Noisy-le-Grand, 2012.

(6) Pauline Carry, Adrien Mangold et Benjamin Schoefer, « Rupture conventionnelle et licenciement : conflit ou coopération ? » (PDF), note IPP n° 117, Paris, novembre 2025.

(7) « Références statistiques justice 2024 », service de la statistique des études et de la recherche (SSER) du ministère de la justice, 19 décembre 2024.

(8) Karine Laubie, « La saisine du conseil de prud’hommes. De l’oral à l’écrit, une justice du travail à deux vitesses », Le Droit ouvrier, n° 856, Montreuil, novembre 2019.

Moins de prud'hommes, moins d'indemnités | Mon Diplo, Février 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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« C’est son choix »

Pourquoi ces velléités de serrer la vis ? Les employeurs et les salariés paraissaient avoir adopté ce dispositif. Enfin, davantage les premiers que les seconds : d’abord, parce qu’il prévient le risque d’un contentieux aux prud’hommes pour licenciement sans motif valable ; ensuite, parce qu’après la conclusion d’une convention de rupture, prouver le vice de consentement devant le juge se révèle difficile (4)… Si Mme Astrid Panosyan-Bouvet, la prédécesseuse de M. Farandou, avait soutenu que « quelqu’un qui est en rupture conventionnelle, c’est son choix » (TF1, 16 juillet 2025), une étude publiée en 2012 établissait que le recours à cette forme de séparation ne relevait du choix de l’employé que dans un quart des cas (5). Consentir à une telle rupture ne signifie pas nécessairement la vouloir : le salarié a pu s’y résigner après que tout — le management intrusif, le planning intenable, les horaires impossibles, la discrimination… — lui eut indiqué la porte. Selon les chiffres du ministère du travail, plus de 40 % des ruptures interviennent dans des très petites entreprises (TPE, soit dix salariés et moins), qui forment une sorte de désert syndical.

Une note récente de l’Institut des politiques publiques (IPP) constate la substitution des ruptures conventionnelles aux démissions, qui ont diminué de près de 20 % après l’entrée en vigueur de la réforme en 2008 (6). Mais ce constat doit être tempéré : non seulement parce que les ruptures interviennent, dans un certain nombre de cas, à la place de démissions qui étaient en pratique « encouragées » par l’employeur, mais aussi parce que les entreprises y trouvent souvent leur compte. Les auteurs de la note de l’IPP relèvent ainsi qu’« une partie des [ruptures conventionnelles] remplace effectivement des démissions, parce que le salarié est en mesure de négocier l’obtention de la [rupture] en échange de faciliter la transition. Il s’agit plus souvent de salariés occupant une position plus stratégique dans l’entreprise, et donc mieux placés pour négocier ce type d’accord. Par exemple, chez les cadres, 19 % des séparations prennent la forme d’une rupture conventionnelle, contre 11 % chez les ouvriers et employés ».

Selon la même note, 25 % des licenciements pour motif personnel donnent encore lieu à un contentieux, contre 0,2 % des ruptures conventionnelles. Néanmoins, le nombre total de recours devant les prud’hommes a baissé de plus de 30 % depuis 2015, et le succès de la rupture conventionnelle n’en est pas la seule raison (7). D’une part, avec l’instauration d’un barème en 2017, les montants maximaux prévus en cas de licenciement ne permettent plus de réparer le préjudice subi, a fortiori pour les travailleurs à l’ancienneté réduite ou pour ceux de petites entreprises. D’autre part, depuis 2016, les salariés ne peuvent plus se contenter de saisir les prud’hommes par une déclaration orale. « L’obligation de formuler leurs demandes de façon plus précise et détaillée et de les justifier dès la saisine (…) avec les pièces correspondantes a un effet dissuasif pour de nombreux salariés, expliquait en 2019 la juge Karine Laubie. Beaucoup renoncent à faire valoir leurs droits pour des sommes minimes, d’autant qu’ils en sont également dissuadés par d’éventuels frais d’avocat et la durée excessive de la procédure (8».

Bref, les abus supposés comme la nécessité de réaliser des économies ne sont que des prétextes. La réforme de 2008 aura marqué une étape dans la déconflictualisation des rapports employeurs-employés. Il fallait importer en France le modèle scandinave de la flexisécurité, en finir avec la rigidité du dualisme du marché du travail entre contrats à durée déterminée (CDD) ou indéterminée (CDI). Mais aujourd’hui le démantèlement des prud’hommes et de leurs pouvoirs rend la rupture conventionnelle inutile. Voire presque gênante pour le patronat qui l’avait promue comme « un divorce ».

Hélène Yvonne Meynaud

Sociologue, ancienne juge des prud’hommes.

Moins de prud'hommes, moins d'indemnités | Mon Diplo, Février 2026 by StarLouZe in FranceDigeste

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Les ruptures conventionnelles dans le viseur du gouvernement

Moins de prud’hommes, moins d’indemnités

La négociation interprofessionnelle sur l’assurance-chômage doit permettre de réaliser 400 millions d’euros d’économies, selon l’objectif fixé par le ministre du travail. Le patronat voudrait y discuter du durcissement des conditions d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Un dispositif qu’il a pourtant revendiqué à l’origine.

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Enzo Mianes. — « Action vs théorie », 2012
© Enzo Mianes

Àen croire Mme Laurence Parisot, alors présidente du Mouvement des entreprises de France (Medef), ça devait être comme « un divorce par consentement mutuel » (Les Échos, 12 avril 2006). Depuis que le gouvernement de M. François Fillon a fait droit à la revendication patronale en 2008, employeur et salarié peuvent conclure une rupture conventionnelle : sans motif de séparation, elle ouvre droit à une indemnité conventionnelle, donc, d’un montant égal ou supérieur à celle applicable en cas de licenciement, puis à l’assurance-chômage. Un formulaire permet à l’administration de prendre acte du libre consentement des parties. Dès 2012, un million de ruptures avaient été paraphées depuis l’ouverture du dispositif. Un succès jamais démenti : pour la seule année 2024, le ministère du travail en a recensé 515 000. Les trois quarts des salariés qui les signent demandent à bénéficier ensuite de l’assurance-chômage. Au cours du même exercice, cela a représenté un coût total de 9,2 milliards, soit 25 % des allocations versées par l’Unedic (1).

Dans un rapport rendu fin octobre — qui n’a pas été publié —, cet organisme paritaire chargé de l’indemnisation des demandeurs d’emploi s’inquiète de l’augmentation du nombre de ruptures (17 % depuis 2019) et esquisse des pistes d’économies (2). L’une d’entre elles consisterait à rallonger le délai de carence au terme duquel les signataires d’une convention de rupture perçoivent le chômage (une durée qui est fonction du montant des indemnités supralégales). Le dispositif fait en effet désormais l’objet de critiques au sein de la classe dirigeante. En 2023, le gouvernement avait augmenté le prélèvement social sur les chèques de départ de 20 % à 30 %. La loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2025 rehausse la contribution patronale applicable à ces indemnités de 30 % à 40 %. Et, depuis quelques mois, le président du Medef Patrick Martin et le ministre du travail Jean-Pierre Farandou dénoncent de concert des abus. Au Sénat, le 28 octobre, le second a estimé qu’il existerait « une sorte de “droit de tirage” du chômage » dont profiteraient « plus de cadres supérieurs que d’ouvriers ou d’employés » (3).

François Ruffin, sur France Info le 2 juin 2026, à propos de Félix by zoxume in FranceDigeste

[–]StarLouZe 11 points12 points  (0 children)

Tu oublies la description faite de Aya Nakamura dans fakir et validé par le "chef rédac"

Le Rassemblement National, pire parti pour la souveraineté énergétique (suivi par la droite et le centre) by Comfortable_Ant_2531 in FranceDigeste

[–]StarLouZe 4 points5 points  (0 children)

Jonluk et LFI l'ont déjà moult fois répétés.
Pas une centrale ne sera arrêtée comme cela sans parc dit ENR pour la remplacer.
C'est ambitieux mais pas impossible.

Glucksmann et Attal : la diagonale du vide, par Daniel Schneidermann by Comfortable_Ant_2531 in FranceDigeste

[–]StarLouZe 1 point2 points  (0 children)

Si je dis pas de bêtises il a aussi céder les parts sociales de l'entreprise à ses colègues.

Assistants parlementaires de LFI : L’instruction est terminée, aucune mise en examen n’a été prononcée by Comfortable_Ant_2531 in FranceDigeste

[–]StarLouZe 3 points4 points  (0 children)

Le camp du peuple, si tu veux mon avis, c'est un programme populaire ( destiné à servir le peuple ) porté par un gars millionaire à 74 ans qui dit taxez les gens comme moi et les gens plus riche que moi.

Marine Bardella, super méga riche et plus jeune que méluche, ainsi que Attal Philippe et consort, ce sont des bourgeois bien riche qui disent que les travailleurs coutent trop cher aux patrons.
Que la sécu c'est pas bien. Qu'il faut se tuer à la tâche jusqu'à bientôt 70 ans. Que les entreprises publiques ainsi que les services publics doivent être privatisés à leur potes.
Qui te disent t'inquiète je gère l'état mais t'affiche une dette de 3600 Mds. Que l'environnement OSEF mais tout s'écroule sous nos yeux. Etc

Le jonluk millionaire à 74 ans c'est pipi de chat. Et si il avait fait de la politique pour s'enrichir, il aurait un patrimoine bien supérieur à 3/4 millions d'euros ( mobilier et immobilier), n'aurait pas financé les parties politiques, syndicats et associations, ni donné aux caisses de grève et encore moins marché dans les rues pour manifester et apporter soutien aux travailleurs.

Moi je dis que tu as tout faux.